Les Camerounais très sensibles à la situation en Côte d’Ivoire. Pourquoi?

Les Camerounais très sensibles à la situation en Côte d’Ivoire. Pourquoi?

Résumé.

Les actions de Mr Ouattara en Côte d’ivoire rappellent aux Camerounais un scénario cauchemardesque qu’ils ont vécu il y a 50 ans et qui a plongé les Camerounais d’aujourd’hui dans une existence complètement à l’opposé de ce qu’ils avaient planifiée ou espérée.

Pour aller droit au but, ll faut dire que les Camerounais réagissent de facon épidermique à la situation en Cote d´ivoire parcequ´ils ont connu la meme situation 50 ans plus tôt et qu´ils mesurent très bien dans la souffrance de leur chair les conséquences d´un tel scénario. Et en bons Africains, c´est à dire humanistes, les Camerounais ne souhaiteraient pas que leurs frères Ivoiriens subissent la meme chose. Ce scénario qui découle du bon vieux logiciel Français de la France Afrique consiste à ne pas accorder l´Independance à un pays Francophone et à imposer à la tête de l´état une marionnette pour assurer le pillage du pays. Cette imposition étant difficile tous les moyens inacceptables sont mis en place pour maintenir le staut quo, quitte à détruire le pays sur le plan physique et morale. Il faut tout de suite signaler que malgré le soutient inconditionnel des Camerounais au peuple Ivoirien, celui-ci n´a pas réussit à stopper la machine et la sélection de Ouattara s´est averée un bon casting pour la France car les Ivoiriens decouvrent petit à petit les affres de cette pieuvre invisible que les Camerounais essayaient de leur dévoiler. Ainsi nous assistons étape par étape, comme un copier-coller, aux memes événements que les Camerounais ont subit avec près de 50 ans d´écart mais avec une plus grande vitesse, les appétits et la compétition étant plus féroces en ce siècle.

Etape 1: Tout part toujours de la légitime revendication d´une vraie indépendance par une ancienne colonie française. Ruben Um Nyobé, porté par le peuple Camerounais revendiquera l´indépendance du Cameroun vers 1945. 1945 est aussi l´année où naquis un certain Laurent Gbagbo qui demandera à son tour en l’an 2000, porté par son peuple, l´indépendance de la Côte d´Ivoire.

Etape 2 : Refus de la France et proposition d´une indépendance au rabais avec un dirigeant marionnette à la tête de l´Etat. Ahidjo jouera ce rôle dans les années 1950 au Cameroun et Ouattara est en orbite pour le même rôle en Côte d´Ivoire.

Etape 3 : Refus des Camerounais de cette fausse indépendance et rejet des sous fifres par les dirigeants et la population souverainiste qui déclarent une guerre politique et populaire contre le faux pouvoir en place. L’UPC de UM Nyobé tenait l´étendard de ce combat au Cameroun dans les années 1960 et aujourd´hui en Côte d´Ivoire cette tache revient au FPI de Laurent Gbagbo.

Etape 4 Le faux pouvoir en place étant incapable de s’imposer face à cette volonté populaire, la France sera obligée d´intervenir en se cachant derrière les sous-préfets en place et pour des prétextes tout à fait abracadabrantesque (pour citer notre Jacques Chirac national). Ce qui va permettre aux colons d’être d´une brutalité inouïe vis-à-vis des nationalistes et des populations autochtones, notamment la décapitation et l´humiliation des opposants. Même si la décapitation inspire encore de nos jours les barbares de l’EI ou de l’ASIL, cette option n’a pas été retenue en Côte d’ ivoire pour une question d’image et non de principe et d’autre moyens plus sombres et plus ténébreux ont été à la mode, avec toujours en ligne de mire l’humiliation suprême. La population est tellement réfractaire à ces pratiques que le colon doit procéder à une démonstration de force assez persuasive. Ainsi on peut voir qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, la sécurité est assurée par les forces Françaises et de l’ONUCI au bénéfice de Ouattara et au détriment du peuple Ivoirien.

Etape 5 : Apres l’assassinat, la déportation ou l’exil des leaders, s’en suit un régime d’exception ponctué de toutes les formes de mauvaises gouvernances et de traque à mort des opposants (aussi bien sur le territoire nationale qu’à l’étranger). Ce régime d’exception ne trouve son point d’achèvement qu’avec la formation d’un parti unique. Au Cameroun ce parti unique était l’UNC de Ahidjo, devenu RDPC de Paul Biya. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, la communauté internationale ne reconnait que le RDR de Ouattara comme unique partie ayant tous les droits. Evidemment, elle a du mal à l’imposer à tous les Ivoiriens. Ce parti unique bien ethnicisé va diriger seul le pays en nommant les membres d´une seule ethnie à la tête de toutes les institutions importantes du pays, avec une justification classique et très à la mode en Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique. Cette opération n’est possible qu’avec le bâillonnement ou l’embastillement de tous les opposants, ce qui va générer des centres de détentions redoutables dont le simple fait d’évoquer les noms vous glace le sang. Ainsi, les Camerounais ont connu jadis les camps de concentration tristement célèbres de Mantoum, Tcholliré, Mokolo, Kondengui, etc…savaient très bien que ce qui se passent en Côte d’Ivoire va forcément déboucher sur les centres de tortures que les Ivoiriens découvrent aujourd’hui un peu partout, Bouaké, Dimbokro, Bouna, Korhogo, Maka, etc, pour ne pas citer que les lieux officiels.

Etape 6 : Suppression des partis de l’Opposition. Bien que la constitution de ces pays autorise le multipartisme, la France va aider le pouvoir factice en place pour éliminer le principal parti de l’opposition nationaliste. Ce parti constituant la majorité de la population, la seule façon de l’anéantir est de le diviser. C’est ce qui va arriver à l’UPC au Cameroun avec la création de différentes factions dont les composantes traitresses sont reconnues, choyées et invitées par la marionnette sous le regard attentif de la France. Ouattara copie exactement la même chose 50 ans plus tard en faisant monter sur une échelle brisée Affi Guessan et son FPI anti Gbagbo.

Etape 7 : Pendant ce temps, la France allait mettre le pays en coupe, récupérant toutes les ressources du pays jusqu’au sang des Camerounais. C’est ce que Ouattara est en train de réaliser avec brio en ce moment en Côte d’Ivoire. Cette situation enrage même les plus virulents supporters de Ouattara qui constatent comme au temps de Ahidjo que le compte n’y est pas. Ils sont nombreux ces monstres politiques Ivoiriens qui ont rejoint l’opposition alors que hier ils supportaient l’arrivée de Ouattara, juché sur un char d’assaut de l’armée Française.

Etapes 8 : C’est la descente aux enfers. En fait même le dirigeant le plus fourbu au monde fini toujours par se rendre compte que le pouvoir n’a de valeur que pour servir le peuple. Ainsi, après quelques années de pouvoir, Ahidjo va se rendre compte que les populations n’ont vraiment pas adhéré à leur acte de trahison. Il va alors essayer de rectifier le tir et sera stoppé nette par la France. Depuis son successeur Paul Biya peine à rectifier le tir car les accords de pillage du Cameroun contractés par Ahidjo sont démentiels et quasiment irrattrapables sans une révolution.

C’est peut-être ce dernier point qui inquiète le plus les Camerounais car bien que les dirigeants Camerounais soient des nationalistes malgré leur faiblesse, le Cameroun ne s’est toujours pas relevé de cette aventure et est passé d’un pays aux portes de l’émergence dans les années 1980 a un pays très pauvre dans les années 2000. Et ce n’est pas tout il est en plus un pays très endetté, un PPTE. On imagine très facilement dans quel abysse Ouattara, qui n’ est pas nationaliste, peut mener la Côte d’Ivoire.

Donc la réaction des Camerounais au problème Ivoirien, ces dernières années, consistait à attirer l’attention des Ivoiriens sur le fonctionnement de ce vieux logiciel Français. En effet, d’après ce logiciel, Ouattara, qui n’a rien d’un nationaliste, en échange du pouvoir que la France lui a octroyé, devrait normalement réussir à ramener la Cote d’Ivoire du pays miroir de la France ou pays miracle de l’Afrique à un pays pauvre très endettés (PPTE). Ouattara réussit à merveille cette transition en Côte d’Ivoire. Et mieux, il l’habille avec des termes de croissance à deux chiffres ou de l’émergence en 2030. Bref, les Camerounais ne croient pas qu’un pays peut émerger avec plus de la moitié de ses forces vives en prison et de ses meilleurs enfants en exil.

Ngando Douala

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