Les révélations d’un citoyen Burkinabe sur les militaires et civils qui ont rejoint le camp Ouattara

Les révélations d’un citoyen Burkinabe sur les militaires et civils qui ont rejoint le camp Ouattara

Cher Wambi, c’est la réplique burkinabè des revendications des REBELLES IVOIRIENS, tous ces militaires et civils qui ont rejoint le camp Ouattara, lors de la guerre civile ivoirienne de 2010 – 2011.

Comme tu ne le sais que trop aujourd’hui, la rébellion, déclenchée en septembre 2002 contre le régime Gbagbo, a bénéficié de soutiens multiformes de Ouagadougou. C’est le cas par exemple de l’engagement de militaires du côté des forces nouvelles de Guillaume Soro, bras armé d’Allassane Ouattara au temps de la crise.

Mais sache, cher cousin, qu’en plus des soldats burkinabè en activité, le camp Ouattara a eu recours à des militaires burkinabè à la retraite.

En effet, au nombre de 58 vétérans, répartis en cinq contingents, ils se sont rendus en Côte d’Ivoire à partir de janvier 2011 par vagues successives sous le nom de code « Groupe Oméga ».

Mais avant, le 22 décembre 2010, à l’issue d’une rencontre à Ouagadougou avec une délégation des Forces nouvelles conduite par le capitaine Souleymane Zebret, un accord prévoyant une rétribution de 10 millions de francs CFA mensuels par soldat avait été signé. Une avance, allant de 1,5 à 5 millions, a été versée à chacun des éléments du « Groupe Omega » contre promesse de solder le reste en fin de mission à Ouagadougou.

Mais une fois, les combattants burkinabè de retour dans leur pays, rien ne se passera comme prévu.

En effet, cher Wambi, d’un certain Kobo (chef de zone sous la rébellion) rencontré plus tard à Abidjan à l’ambassadeur de la Côte d’ivoire au Burkina en passant par le représentant spécial du Facilitateur, Bouréima Badini, le médiateur du Faso de l’époque, le président du HCRUN et la haute hiérarchie militaire burkinabè, les 58 nervis n’y verront que du feu.

Malgré le sacrifice consenti en ramenant le montant qui leur est dû à 25 millions chacun, ils ne sont toujours pas à bout de leur parcours du combattant. Et rien ne pousse à l’optimisme.

En effet, lors de leur énième tentative pour transmettre une demande d’audience à l’ambassadeur ivoirien à Ouaga le jeudi 17 octobre dernier, une délégation des anciens supplétifs des Forces nouvelles a eu une vive altercation avec l’attaché de défense Abou Coulibaly. Ce dernier a fait savoir que « ni l’ambassade ni l’Etat ivoirien ne peut résoudre cette affaire.» puis a invité les « légionnaires » à faire valoir leur droit auprès de leur « employeur ».

Si c’est vrai qu’ils doivent plutôt s’adresser à leur « employeur », la question est de savoir qui est ce fameux « employeur » qui n’a pas respecté les termes du contrat.

Mais, cher cousin, quand on sait que ces militaires ont combattu le camp Gbagbo jusqu’à sa chute en 2011, point n’est besoin d’être un marabout de Bouaké pour savoir qui est cet « indélicat » employeur qui paye ainsi en monnaie de singe ceux qui ont contribué à le faire roi.

Auteur de l’article : Ton cousin Passek Taalé

Source : L’Observateur Paalga, quotidien d’information burkinabè, dans sa parution N° 9472 du vendredi 20 au dimanche 22 octobre 2017 ; à la page 7

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