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« Les sermons du vieux  Yelmigan »: C’est une affaire de force !  (une chronique satirique)

« Les sermons du vieux Yelmigan »: C’est une affaire de force ! (une chronique satirique)

Habemus hominis fortem. Si tu ne comprends pas latin ça veut dire nous avons un homme fort. YES HE CAN ! Voilà qui est dit. Le capitaine Compaoré, heu, pardon, semble-t-il qu’il n’est plus militaire, pour dire autrement, son excellence Compaoré n’aime pas qu’on dise que les institutions doivent être plus fortes que lui.

Lui, qui, avec ses amis de Pô, a mis fin à la présidence du docteur auto-médiateur Jean Baptiste Ouédraogo. Lui, à qui les jeunes gens, après avoir … Thom Sank, sont allés remettre le pouvoir le 15 octobre 1987 alors qu’il faisait sa sieste.

Alors comment on peut dire que ce monsieur doit s’incliner devant les institutions, qui ont été mises en place par sa bonne grâce ? Vous aussi ! Ce n’est pas parce qu’il ne porte plus le treillis qu’il faut oublier qu’au soir du 15 octobre tous les médias écrivaient ou disaient : « le nouvel homme fort du Burkina, Blaise Compaoré ».

Voilà Obama, dans ta cour blanche, l’homme fort du Burkina te répond : « Il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts ». Un but partout.

Mais soyons sérieux, Capitaine, heu Excellence, on va parler français facile. Oh difficile de parler français facile à un homme fort de surcroît président, père fondateur de la démocratie burkinabè.

Commençons par une logique naturelle. Les hommes, aussi forts soient-ils, passent, meurent, mais les institutions demeurent. Donc quand on parle d’institutions fortes on parle d’institutions dont les hommes forts chargés de les diriger font respecter des normes pour que ces institutions vivent.

 Tenez aux USA, des hommes, parce qu’ils étaient forts ont aboli l’esclavage. Mais quelle comparaison ! Chaque pays a son histoire sans doute me dira le capitaine. Evidemment que les institutions fortes ont besoin d’hommes forts, mais dans le sens d’hommes sages et intelligents, parce que la force sans l’intelligence n’est que ruine des institutions. Et ces hommes forts à la fin de leur carrière on les appelle des grands hommes.

Dans un pays de droit les hommes forts doivent respecter leur serment. A contrario, un homme fort qui ne respecterait pas les institutions est un dictateur. Voilà pourquoi lorsqu’un militaire prend le pouvoir par un coup d’Etat on parle du nouvel homme fort. On n’a jamais dit d’un président remportant les élections qu’il est le nouvel homme fort d’un pays.

A la sortie de son interview, ses courtisans lui ont sans doute jeté des fleurs : « fo y a bi bêêga »*. Et à sa descente d’avion à Ouaga,  l’émotion était palpable, le peuple venu nombreux pleurait de joie, moi je n’y étais pas hein, c’est la direction de la propagande présidentielle, heu, pardon de la communication qui l’a écrit.

Bon le président dit que les hommes forts doivent poser les jalons des institutions dans la durée, alors 28 ans de pouvoir d’un homme fort, dans quelle durée la base de nous nos institutions doivent être posées ? On est cuit.

On sait maintenant pourquoi le CDP organisait systématiquement un meeting après celui de l’opposition, puisque le président, s’est félicité, de voir des milliers d’hommes, de femmes, dans un stade, qui demandent un référendum.

Et de l’autre côté, il n’a vu que ceux qui sont contre, mais il ne connaît pas le nombre. Quelle cécité complaisante ? Mais ne prenez pas ma bouche pour manger votre piment dèh !

De toute façon il n’y a pas de violence, et le peuple ne doit pas s’inquiéter car en cas de violence « moi, président, j’assume toutes les responsabilités en tant que dirigeant de ce pays ».Donc je saurai m’en sortir, sauf si je suis obligé de fuir dans une ambulance, de toute façon cela ne risque pas d’arriver car je sens que le débat a quand même connu une baisse d’intensité.

Prophétie venue directement de Washington. Même si, le 23 août, l’opposition va chauffer le macadam de Nkwamé Nkrumah.

Yelmigan

* « Tu es vraiment un homme », en mooré

« Les sermons du vieux  Yelmigan » est une chronique satirique proposée par un « Observateur » avisé de la société burkinabè. Elle traitera deux fois par mois sur Burkina 24 de sujets liés à la vie de la nation burkinabè. Véritable sermonneur, le Vieux Yelmigan ne prendra pas de gant pour parler à ses fils et ses filles de leurs comportements quotidiens dans la société.  Ame détestant les sermons, s’abstenir donc !

Source: burkina24.com

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