Les télécoms françaises privées de contrats en Russie?

Les télécoms françaises privées de contrats en Russie?

Nikolaï Nikiforov, ministre russe des Télécommunications, a proposé d’introduire des sanctions sectorielles contre la France et ses entreprises si Paris refusait de transmettre à la flotte russe le premier navire Mistral déjà construit, écrit mardi le quotidien Izvestia.

“Compte tenu de la déclaration des responsables français concernant une annulation éventuelle du contrat de construction des porte-hélicoptères de type Mistral dans le cadre des sanctions de l’Union européenne, je suggère d’examiner des mesures pouvant constituer la réponse russe”, indique la lettre de Nikolaï Nikiforov, adressée au vice-premier ministre Dmitri Rogozine. Il propose l’annulation — directive ou dans le cadre d’une révision par le Service fédéral antimonopole — des résultats de l’appel d’offres organisé par l’entreprise publique Communications par satellite (GPKS) pour la conception et la production de l’appareil spatial Express-AMU2 (gagné en 2014 par EADS Astrium) et une recommandation directive à GPKS de suspendre les accords de bail de satellites par l’opérateur français Eutelsat SA concernant les appareils russes Express-AT1 et Express-AT2, lancés en mars 2014.

Le ministre propose également de suspendre les contrats d’Eutelsat concernant les satellites russes Express-AM6, Express-AMU1 et Express-AM22.

D’après le ministère, le total des contrats de bail d’Eutelsat en Russie se chiffre à 658,9 millions d’euros, et renoncer à l’appareil Express-AMU2 priverait EADS Astrium de 4,8 milliards de roubles (69 millions d’euros).

Le service de presse du ministère des Télécommunications s’est abstenu de tout commentaire, tout comme Eutelsat et le bureau d’EADS Astrium de Moscou.

Une source haut placée au sein de Roskosmos (Agence spatiale russe) souligne que l’initiative de Nikiforov a été examinée lors d’une séance de la commission pour le complexe militaro-industriel pendant laquelle toutes les parties intéressées ont eu l’occasion d’expliquer leurs points de vue.

“La majorité s’est prononcée contre ces mesures, raconte la source. Les participants ont notamment rappelé les pénalités importantes en cas de rupture des accords, car il s’agit de contrats à long terme avec un partenaire stratégique. Le directeur actuel de Roskosmos Igor Komarov a également dénoncé ces initiatives et indiqué qu’Eutelsat pourrait dans ce cas-là introduire des sanctions de riposte et priver de télévision des millions d’abonnés russes”.

Selon Igor Komarov, l’annulation de ces contrats pourrait se solder par 750 millions d’euros de pertes pour GPKS, sans tenir compte des amendes.

“Comme les satellites russes de communication utilisent principalement des équipements de diffusion produits par des sociétés étrangères telles que EADS Astrium, Thales Alenia Space et d’autres, la mise en œuvre des sanctions proposées pourrait se répercuter de manière négative sur la coopération entre le Consortium spatial unifié russe et les producteurs européens, ainsi que torpiller la réalisation de la commande d’État concernant la création d’appareils spatiaux de communication, de diffusion et de navigation”, estime Igor Komarov.

Une source de la commission pour le complexe militaro-industriel souligne qu’il est aujourd’hui très peu probable que l’initiative de Nikolaï Nikiforov soit soutenue. Il rappelle notamment que la semaine dernière, le président Vladimir Poutine disait considérer la France comme un partenaire privilégié de la Russie au sein de l’Union européenne.

Source: sputniknews.com

 

 

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