Les vraies causes de la Révolution de 1789

Les vraies causes de la Révolution de 1789

La Révolution de 1789 fut une guerre civile entre nantis. Oubliez les discours officiels inventés par Michelet qui ne sont qu’une fable destinée à donner de la légitimité à une réalité beaucoup moins glorieuse.

Rivalité entre les Rois et la noblesse

Les Rois de France se méfiaient des familles puissantes de la noblesse, leurs anciens rivaux. Ils ont donc, au fil des siècles, attribué de plus en plus de prérogatives aux roturiers, dont ils espéraient une loyauté à toute épreuve.

A mesure que la bourgeoisie montait en puissance, l’aristocratie perdait ses pouvoirs. A la Cour de Versailles, les apparences étaient trompeuses. Le Roi maintenait auprès de lui les nobles puissants et riches afin de les neutraliser politiquement. Mais le pouvoir réel était ailleurs…

Déclin progressif de la noblesse

Au Moyen-Age, les nobles participaient pleinement à la vie politique, judiciaire, militaire et administrative de leurs fiefs. Ils rendaient justice, ils dirigeaient l’administration, appliquaient les lois, levaient les impôts etc…

Au 18e siècle, toutes ces fonctions dépendaient directement du Roi et de son administration centrale, dirigée par le Conseil du Roi, les contrôleurs généraux et 34 intendants, tous roturiers. Ils détenaient la réalité du pouvoir : ils décidaient du montant des impôts, la répartition, le recrutement dans l’armée, la construction des routes, la surveillance des réunions, la définition des normes, la répartition des œuvres de charité. Rien ne leur échappait : l’administration des villes et de toutes les paroisses.

Montée en puissance de la bourgeoisie

Les 20 années qui ont précédé la Révolution étaient les plus prospères que le Royaume eût jamais connues. La société se transformait, des idées nouvelles circulaient, des inventions scientifiques et des initiatives de toutes sortes voyaient le jour. Mais le dynamisme économique ne profitait qu’à la bourgeoisie.

Alexis de Tocqueville écrit: « Les Tribunaux ou les Parlements (de Province), dès qu’ils sont confrontés à un problème qu’ils ne savent pas résoudre parce qu’il est nouveau, le laissent à l’intendant qui détient l’exercice concret et réel du pouvoir. Chaque fois qu’un changement dans la société se produit, ce changement est pour l’administration centrale une source nouvelle de pouvoir.»

La triste condition paysanne

Les paysans constituaient la classe sociale qui souffrait le plus sous l’Ancien Régime. Je n’entrerai pas dans les détails, vous pourrez lire Alexis de Tocqueville qui décrit la condition paysanne effroyable au 18e siècle et son aggravation au cours des siècles.

Ils ne savaient ni lire ni écrire. Ils n’étaient pas suffisamment instruits ni organisés pour exiger la convocation des Etats Généraux. Ils n’étaient représentés par personne. Lorsqu’ils se révoltaient, leurs tentatives étaient rapidement matées par l’armée. Ils ne sont pas les artisans de la Révolution de 1789.

Les acteurs de la Révolution de 1789

C’est bien la bourgeoisie qui exigea et obtint la convocation des Etats Généraux en 1788. Pourtant, en tant que classe montante, elle avait largement profité de l’Ancien Régime. Elle avait acquis des pouvoirs et de nombreuses exemptions d’impôts. Alors pourquoi les bourgeois se sont-ils rebellés contre le Roi ?

Parce que le Roi voulait faire des réformes. Voici ce qu’il déclarait publiquement 13 ans avant la Révolution:

« En forçant le pauvre à entretenir seul les routes, en l’obligeant à donner son temps et son travail sans salaire, on lui enlève l’unique ressource qu’il ait contre la misère et la faim pour le faire travailler au profit des riches. »

Vous avez bien lu ! Ce n’est pas le discours d’un marxiste socialiste, mais bien Louis XVI lui-même !

L’évènement déclencheur eut lieu en 1787 !

Depuis 1774, le Roi tentait vainement diverses réformes. Il avait dû notamment renoncer à l’abolition de la corvée. Mais en 1787, il réforma l’administration et la justice. Cette réforme aboutit au chaos. Les intendants déchus empêchaient, dans la pratique, les instances nouvellement créées d’exercer leurs nouveaux pouvoirs. La bourgeoisie qui détenait tous les rouages de la justice et de l’administration refusait de s’en laisser déposséder.

Le désordre administratif et judiciaire ralentissait toute l’économie, ce qui aggrava les tensions sociales, d’autant qu’en 1787 et 1788, les récoltes avaient été mauvaises. Les rentrées fiscales étaient donc menacées et l’endettement de l’Etat s’aggravait. Louis XVI n’eut pas d’autre choix que de céder aux revendications de la bourgeoisie, mais aussi à celles de la noblesse qui comptait bien en découdre.

Aujourd’hui encore nous baignons dans cette fausse idée que le peuple opprimé se serait soulevé contre les privilèges. Il serait temps de nous en affranchir et de voir en face la réalité du pouvoir… et des pouvoirs. Dans mon prochain article, j’évoquerai la façon dont la Révolution de 1789 marque encore notre imaginaire d’aujourd’hui et occulte certaines réalités.

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