L’Etat islamique revendique la décapitation d’un journaliste américain

L’Etat islamique revendique la décapitation d’un journaliste américain

James Foley avait été enlevé en Syrie en novembre 2012.

L’Etat islamique, un groupe de jihadistes extrémistes, a affirmé mardi avoir décapité le journaliste américain James Foley en représailles des frappes aériennes américaines en Irak. Dans une vidéo diffusée sur Internet (supprimée depuis de YouTube), l’EI montre un homme masqué et habillé de noir qui semble couper la gorge du journaliste.

James Foley, âgé de 40 ans, avait été enlevé par des hommes armés en novembre 2012 en Syrie. Sa famille, qui avait lancé une campagne d’information, n’avait eu aucune nouvelle depuis lors. Reporter indépendant expérimenté, il avait notamment couvert les conflits en Libye et en Afghanistan avant de se rendre en Syrie, où il a couvert le soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad pour le site d’informations américain GlobalPost, l’Agence France-Presse et d’autres médias. Le dernier article de Foley pour le GolbalPost, daté du 16 octobre 2012, décrivait l’impatience des habitants d’Alep vis-à-vis des combattants rebelles.

La vidéo dure un peu moins de cinq minutes et s’intitule «Message à l’Amérique». Elle a été tournée dans une zone désertique sans qu’il soit possible de savoir où. L’homme masqué qui semble procéder à l’exécution du journaliste s’exprime en anglais avec un accent britannique. Dans cette vidéo, les jihadistes montrent aussi les images d’un autre journaliste américain identifié comme étant Steven Sotloff. Ils menacent de l’exécuter à son tour si le président américain Barack Obama ne met pas fin aux frappes aériennes américaines en Irak. Les deux journalistes sont vêtus d’une tenue orange qui rappelle celle des prisonniers de Guantanamo. Cette décapitation présumée rappelle celle d’un autre journaliste américain. Daniel Pearl, 38 ans, correspondant du quotidien américain The Wall Street Journal, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, au Pakistan. Une vidéo montrant sa décapitation avait été remise un mois plus tard au consulat des Etats-Unis.

La Maison Blanche a assuré que les services de renseignement américains étaient à l’œuvre pour vérifier «aussi rapidement que possible» l’authenticité de cette vidéo. «Nous avons vu une vidéo qui prétend montrer le meurtre du citoyen américain James Foley par l’EI. Si elle est authentique, nous sommes horrifiés par le meurtre brutal d’un journaliste américain innocent et exprimons nos sincères condoléances à sa famille et ses amis», a indiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale dans un communiqué.

Jeb Boone, un confrère de James Foley, a appelé sur Twitter à ne pas regarder la vidéo afin de respecter sa mémoire.

D’autres appellent à ne pas faire circuler la vidéo sur les réseaux sociaux.

 

«Nous n’avons jamais été aussi fiers de notre fils Jim», a réagi sa mère, Diane Foley, dans un message sur Facebook«Il a donné sa vie en essayant de montrer au monde les souffrances du peuple syrien.» «Nous implorons les ravisseurs d’épargner la vie des autres otages. Comme Jim, ils sont innocents. Ils n’ont aucun pouvoir sur la politique du gouvernement américain en Irak, en Syrie ou ailleurs dans le monde.»

«Au nom de John et Diane Foley, et aussi de GlobalPost, nous sommes très touchés par les messages de sympathie et de soutien dont nous sommes inondés depuis que la possible exécution de James a été rendue publique», écrit le PDG de GlobalPost, Philip Balboni.

«Nous sommes horrifiés par la diffusion de cette vidéo – qui n’a pas été authentifiée – et par la revendication de l’assassinat de James Foley», a déclaré le PDG de l’AFP, Emmanuel Hoog. «James était un journaliste courageux, indépendant et impartial qui a été enlevé en novembre 2012 alors qu’il couvrait le conflit syrien. Les reportages qu’il a faits pour l’AFP et pour d’autres médias étaient reconnus et admirés par un large public. Rien ne pouvait justifier qu’on prive James de sa liberté ou qu’on le menace de mort. Nos pensées vont à sa famille en cette période douloureuse», a-t-il ajouté.

James Foley avait déjà été détenu en Libye en 2011 durant 43 jours par le régime de Khadafi. La journaliste Clare Morgana Gillis, détenue avec lui, avait décrit James Foley comme un homme généreux, tourné vers les autres, toujours dans l’action.«Il est toujours en mouvement vers le prochain endroit, soucieux de s’approcher au plus près de ce qu’il se passe vraiment, de comprendre ce qui motive les gens avec qui il parle. La captivité est la situation la plus violemment opposée à sa nature. Mais quand nous étions détenus à Tripoli, Jim a tout de suite consacré son énergie à nous maintenir forts et à nous faire garder espoir. […] Tout le monde, quel que soit l’endroit, aime Jim dès qu’il le rencontre. Les hommes l’aiment pour son sens de l’humour et sa tendance à appeler tout le monde “mon frère”, “mec”, après la première poignée de main. Les femmes l’aiment pour son grand sourire, ses épaules larges, et parce que, enfin, elles l’aiment.»

Source: LIBERATION avec AFP

 

 

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