L’Etat islamique vient de réglementer la vente d’esclaves sexuelles! (Vidéo: attention, images de propagande)

Des femmes yazidies sont bien réduites en esclavage par l’organisation de l’État islamique (EI). Après des mois de rumeurs, c’est l’organisation elle-même qui l’a confirmé via son magazine en ligne Dabiq. En revanche, toutes les images de ces femmes esclaves qui circulent sur les réseaux sont fausses. Car si les jihadistes parlent d’elles, ils ne les montrent jamais.

“C’est le jour de marché des esclaves”

Cette vidéo a été diffusée fin octobre sur les réseaux sociaux. On y voit un groupe d’hommes, présentés comme des combattants de l’État islamique, hilares, plaisanter sur l’achat de femmes esclave issues de la communauté yazidie. L’un dit : “Aujourd’hui c’est le jour de distribution, c’est la volonté de Dieu”. La personne qui filme fait le tour de la salle en demandant à chacun s’il veut une femme yazidie et s’il sera “capable de la gérer”. Les hommes s’esclaffent. L’un dit qu’il vérifiera d’abord sa dentition, tandis qu’un autre précise que le prix est différent en fonction de la couleur des yeux de la femme. 

Ces combattants, qui semblent jouer la provocation face à la camera, n’ont pas été identifiés, pas plus que le lieu où a été tournée la vidéo. Ces images choquantes circulent abondement sur les réseaux sociaux des opposants à l’organisation de l’État islamique, notamment via des comptes kurdes. 

Aucun des membres de l’organisation jihadiste à qui FRANCE 24 a pu montrer cette vidéo n’ont reconnu le lieu où elle a été tournée, ni les personnes qui y apparaissent. Pour autant, ce n’est pas la première fois que des combattants de l’EI se vantent de détenir des femmes esclaves. À plusieurs reprises ces derniers mois, des éléments de l’organisation jihadiste, notamment des Occidentaux, ont fait savoir sur les réseaux que des femmes capturées au terme de batailles leur avaient été données ou vendues. 

L’esclavage justifié par les autorités de l’État islamique

Cette pratique a été reconnue et même justifiée par l’organisation de l’État islamique. Dans les versions anglaise et française de leur magazine en ligne Dabiq diffusée mi-octobre, le groupe raconte comment ont été asservies des femmes yazidies, une communauté décrite comme une “minorité païenne […] adoratrice du diable”. C’était après la bataille de Sinjar, à proximité du Kurdistan irakien en août 2014 : 

Après la capture, les femmes [yazidies] avec leurs enfants ont été divisées comme le veut la charia entre les combattants de l’État islamique ayant participé aux opérations à Sinjar, et un cinquième des esclaves a été transféré aux autorités de l’État islamique en tant que khoms [impôt].
Le texte précise que chrétiennes et juives échappent à ce sort si elles payent la jiziya, taxe imposée par le califat islamique. 

L’esclavage est justifié par des analyses de textes religieux. Ils citent notamment un hadith du prophète qui aurait dit “Allah s’émerveille devant ceux qui entrent dans l’islam enchaînés”. L’esclavage est par ailleurs revendiqué par les jihadistes, car il est perçu comme l’un des “signes annonciateurs de la fin du monde “, à laquelle se préparent les combattants.

Les textes de l’EI précisent que nombre de ces femmes yazidies se sont par la suite “volontairement converties à l’islam”, bien que plusieurs témoignages recueillis par des organisations de défense des droits de l’Homme rapportent des conversions forcées. Toujours selon l‘interprétation de l’islam par les jihadistes, les enfants que ces femmes mettront au monde seront “considérés comme musulmans”.

Une réalité illustrée par de faux documents

C’est dans ce contexte qu’ont été repostées sur les réseaux sociaux, mais aussi par des médias traditionnels, plusieurs images de femmes vêtues de niqabs dissimulant leur visage, enchaînées les unes aux autres. Mais ces photos qui disent illustrer le sort des femmes yazidies s’avèrent en réalité toutes fabriquées. 

Les femmes esclaves victimes invisibles de l’organisation de l’EI 1 L’Etat islamique vient de réglementer la vente d’esclaves sexuelles! (Vidéo: attention, images de propagande)
Celle ci-dessus a été présentée dans certains médias comme une photo Twitter de femmes yazidies captives. Elle a en fait été prise au Liban pendant une cérémonie chiite de l’Achoura au cours de laquelle les femmes reconstituent la bataille de Kerbala et a été postée sur le site du monde en 2011. 

Les femmes esclaves victimes invisibles de l’organisation de l’EI 2 L’Etat islamique vient de réglementer la vente d’esclaves sexuelles! (Vidéo: attention, images de propagande)
La photo ci-dessous à elle aussi circulé sur les réseaux. Il s’agit pourtant, là encore, d’une scène issue d’une cérémonie de l’Achoura. 

Enfin, cette photo signée Reuters est parfois utilisée pour illustrer des articles sur les femmes yazidies détenues par l’État islamique. Elle est toutefois extraite d’une série sur la vie quotidienne à Raqqa ces femmes ne sont pas des captives yazidies. Elles semblent être des étudiantes se dirigeants vers une école.

Les femmes esclaves victimes invisibles de l’organisation de l’EI 4 L’Etat islamique vient de réglementer la vente d’esclaves sexuelles! (Vidéo: attention, images de propagande)
Enfin, un communiqué à entête de “État islamique en Irak” a récemment été diffusé sur les réseaux sociaux. Il fait dire au responsable de l’État islamique qu’ils “décideront désormais du prix des femmes yazidies et chrétiennes” afin que l’organisation puisse s’assurer des revenus. 

Mais la véracité de ce document a été largement remise en cause. D’une part parce qu’à la date mentionnée, le 21 Dhou al hijja 1435, qui correspond à octobre 2014 dans le calendrier grégorien, l’organisation n’a plus le même nom. Elle ne s’appelle plus “État Islamique en Irak” mais “État islamique” ou encore “État du califat islamique”. Par ailleurs, Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes note que le terme habituellement employé par l’État islamique pour désigner les femmes prises de guerres, “sabaya”, n’est étrangement pas utilisé dans ce communiqué. 

Pas d’images, mais des témoignages effrayants de rescapées 

À notre connaissance, aucune image de ces femmes captives n’a été diffusée par l’État islamique ou par un organe de presse indépendant et aucun chiffre fiable ne peut être avancé concernant leur nombre, qui varierait entre plusieurs centaines et un millier. 

Mais si l’EI souhaite contrôler les informations concernant les femmes qu’il détient, des rescapées ont témoigné des violences dont elles ont été victimes à plusieurs médias et organisations internationales. 

Mi-octobre, l’ONG Human Right Watch publiait un rapport basé sur les histoires de 18 jeunes filles, dont deux ont été contactées alors qu’elles étaient encore détenues par l’État islamique. Elles y racontent les conversions religieuses et les mariages forcés, ainsi que les agressions sexuelles. “Certaines victimes ne sont que des enfants”, explique Fred Abrahams, conseiller spécial de l’organisation. Une jeune fille y raconte avoir été achetée pour 1 000 dollars. Un père de famille yazidi explique quand à lui que l’organisation a accepté de lui rendre son fils pris en otage à condition qu’il donne ses deux filles en échange.

Particulièrement honnis par l’organisation jihadiste, les Yazidis ne sont toutefois pas la seule minorité à être la cible de l’EI. De nombreux Chrétiens, des Chabaks chiites ou encore des Turkmènes sont aussi otages de l’organisation.

Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre

Source: France 24

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Le document tel que publié sur le site Iraqinews 2 L’Etat islamique vient de réglementer la vente d’esclaves sexuelles! (Vidéo: attention, images de propagande)

Le document tel que publié sur le site Iraqinews.com

 

Note de la Redaction de eburnienews.net

Sur cette le document ci-dessus et publié sur le site Iraqinews.com, on peut lire les tarifs suivants:

  • Fillette de 1 à 9 ans : 200 000 dinars (138 euros)
  • Fille de 10 à 20 ans : 150 000 dinars (104 euros)
  • Femme de 20 à 30 ans : 100 000 dinars (69 euros)
  • Femme de 30 à 40 ans : 75 000 dinars (52 euros)
  • Femme de 40 à 50 ans : 50 000 dinars (35 euros)

 

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