Lettre ouverte à Jean-Marc Simon (Par Bécan Tiékpa Alice ­Rosine)

Lettre ouverte à Jean-Marc Simon (Par Bécan Tiékpa Alice ­Rosine)

Objet​ ​ : Ma réaction à votre interview sur RFI

Monsieur​ ,

Je viens respectueusement, par ma présente lettre ouverte, vous faire part de mon opinion sur vos récentes déclarations relatives aux avancées démocratiques ( ?) de la Côte d’Ivoire, sous la gouvernance du président Alassane Dramane Ouattara.

En effet, le lundi 17 août 2015, vous avez dit de mon pays que la démocratie y est effective, qu’il avance de façon extraordinaire et qu’un miracle est en train de s’y opérer. Vous avez étayé vos affirmations par le fait que le RHDP a son candidat qui est monsieur Alassane Dramane Ouattara, que pour l’opposition, le FPI va aux élections avec monsieur Affi N’Guessan et monsieur Mamadou Koulibaly qui sont très proches, que des infrastructures sont réalisées, que c’est sur le long terme que les ménages peuvent ressentir la croissance qui est galopante, que des investisseurs de tous les horizons viennent ou sont revenus. Au surplus à vos déclarations au monde entier, sur la Radio France Internationale(RFI) dont le Journaliste Christophe Boibouvier vous a ouvert l’antenne, vous n’avez pas manqué de dire que vous partagez une amitié très suivie avec monsieur Ouattara.

Monsieur​ ,

Je suis fondée à croire qu’ayant été l’un des principaux acteurs (Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire en son temps) du triste dénouement de l’élection présidentielle de 2010, vous seriez l’homme le mieux placé pour établir un vrai bilan de la gouvernance Ouattara. Et que ce bilan serait plus crédible, si vous le tiriez de la comparaison entre ce qui est, aujourd’hui, et les promesses de divine providence que votre protégé Ouattara a faites, hier, pour mériter que vous l’installiez au pouvoir.

Monsieur​ ,

En points complétifs, je vous cite quelques faits de la gouvernance Ouattara

● Il n’existe plus de RHDP tel que vous l’aviez connu en 2010, au second tour de la présidentielle. Le présent RHDP est fait du RDR, de l’UPCI qui se résume au cabinet ministériel de son leader, d’une portion de l’UDPCI et de fragments forcés du PDCI­RDA dirigé par le contesté Henri Konan Bédié et du MFA dirigé par Anzoumana Moutayé, l’homme qui n’hérite que des postes ministériels à durées éphémères.

● L’opposition significative est la Coalition Nationale pour le Changement(CNC) dont le Président est monsieur Charles Konan Banny. En plus de celui­ci, il y a monsieurs Kabran Brou Jérôme, Essy Amara et Kouadio Konan Bertin qui sont des membres du bureau politique du PDCI­RDA. Ils ont en commun de s’être déclarés candidats à la présidentielle de 2015, refusant ainsi la fronde de monsieur Henri Konan Bédié contre la résolution du 12​ ème congrès de leur parti qui veut que le PDCI­RDA ait son candidat (un militant actif) à ces consultations. Ils sont dans la CNC ou partagent la ligne qu’elle défend. La CNC, cette plateforme politique comprend plus de vingt partis politiques dont le FPI significatif conduit par monsieur Aboudramane Sangaré, Lider, le parti de monsieur Mamadou Koulibaly et le MFA originel, conduit par son Président Innocent Anaky Kobéna.

Viennent en plus de ces partis politiques, des syndicats et associations de la société civile. Face donc à la CNC qui est encore courtisée par d’autres mouvements politiques ou associatifs, le RHDP, du fait de la saignée hémorragique du PDCI­RDA provoquée par le départ des cadres cités plus haut et de leurs nombreux fidèles, ne reste qu’une portion congrue et le FPI d’Affi N’Guessan, une quantité négligeable. Monsieur Affi N’Guessan embouche, d’ailleurs, la même trompette que la CNC sur la mauvaise gouvernance et les pratiques antidémocratiques du président Alassane Dramane Ouattara. Celui­ci sera battu, à la régulière, s’il était accepté par arrangement politique, pour participer à ce scrutin. Monsieur Jean­Marc SIMON, en feignant d’ignorer une telle réalité, vous vous s’écartez de votre neutralité et Vous trahissez votre mépris pour le peuple Côte d’Ivoire et pour les Cadres de l’opposition.

● Le Président Charles Konan Banny a fait un travail formidable, avec sa probité, son honnêteté, sa rigueur et sa soif de justice et de paix pour ses concitoyens qu’on lui connait, à la CDVR. Il a rendu ses conclusions, officiellement, entre les mains du président Alassane Dramane Ouattara, le mandant de cette mission. Par mépris pour les victimes, leurs parents et pour les Ivoiriens ou a­t­il peur de se découvrir, le président du RDR refuse, jusque­là, de publier le contenu de ce rapport de la CDVR.

● La CEI et le Conseil Constitutionnel sont des bureaux d’astreinte de la Présidence de la République où sont employés les militants du RDR qui travaillent au braquage électoral pour leur mentor.

● Le fichier électoral n’est pas consensuel et ne garantit pas, de ce fait, une élection ouverte, crédible et apaisée.

● Les hautes fonctions civiles et militaires sont aux mains des militants du RDR, au détriment des cadres des 64 autres ethnies du pays, forcés au désœuvrement.

● L’insécurité est des plus abyssales au point qu’il ne se passe pas un seul jour sans qu’au moins, une personne ne soit tuée en Côte d’Ivoire.

● Les détournements de deniers publics et la gabegie sont devenus des règles de gestion de la Cité.

● La justice des vainqueurs prévaut à perdre le souffle. A ce point, d’honnêtes citoyens sont jetés en prison sans inculpation, ni jugement, tandis que des bandits et criminels condamnés à plus de 20 ans de prison ferme sont en liberté et narguent leurs victimes, je citerais Henri Amouzou, Angeline Kili, Lucien Tapé Doh…

● L’opposition n’a pas accès aux média, la presse de l’opposition est ostracisée, deux quotidiens sont fermés pour une durée d’un mois, à deux mois de la présidentielle d’octobre 2015, au motif de délit d’opinion. Toute chose qui tranche avec la loi sur la dépénalisation de la presse.

● Il est ouvert au titre de l’année 2015, 482 concours directs et professionnels à la Fonction publique. Les tarifs obligatoires de participation à ces concours sont les suivants : 27500 FCFA de droits d’inscription, 4000 FCFA pour des droits de poste, 2000 FCFA pour des photos et 3000 FCFA pour un certificat de non sanction disciplinaire. Ce qui donne un total de 36 500 FCFA par candidat, rapporté à 1000 candidats par concours et au nombre de concours, il donne 17.593.000.000 FCFA. Or, nous savons combien sont nombreux, nos jeunes gens en quête d’emploi. Ils avoisinent parfois, l’effectif de 600 à 700 000 aux concours. Pis, cet argent ne passe pas par le Trésor public, c’est une structure créée par le clan (la SONEC) qui garde, à travers elle, cet argent frais pour tous usages irréguliers.

● Le samedi 15 août 2015, un meeting de la CNC a été vandalisé et ses mobiliers et matériels détruits à Korhogo, par les militants hystériques du RDR, sous le regard encourageant du Maire RDR de cette Ville, ci­devant ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly.

● Un Ivoirien sur deux vit sous le seuil de la pauvreté. Et la division, les rancœurs, les haines dues aux frustrations de tous genres se sont exacerbées davantage…tout ce cocktail de tensions présage d’une crise électorale guerrière et bouchère sans précédent.

Monsieur​ ,

Selon vos propres termes, ancien Ambassadeur, vous vous êtes converti aux affaires en étant devenu un Consultant qui fait des allées et venues entre Paris et Abidjan. Je présume, certainement, que Vous bénéficiez de séjours dorés, à Abidjan, sous la casquette de la Présidence de la République ivoirienne.

Connaissant la hiérarchie des normes et des valeurs en société, il ne vous est pas venu à l’esprit de briguer la présidence de votre pays. En revanche, à la différence de vous, votre poulain Ouattara bafoue nos règles de lois et braque le pays. Je vous saurais gré de l’en dissuader pour qu’au moins, ce pays et ses habitants retrouvent la paix. Vous voyez donc que vous et moi ne parlons pas du même pays, je voudrais bien vous le concéder. Votre poulain a manqué à ses promesses ! Et peut-­être, serait­il superflu que je vous rappelle la dangerosité de son armée composite de guerre électorale qu’il avait déployée contre l’Armée Nationale (les FANCI) aux fins de son accession au pouvoir en 2010. Eh bien, monsieur Ouattara a mis cette escadrille de casses, de saccages et de bombardements, restée en l’état, en rodage pour le service contre une opposition, aux mains nues, n’ayant pour seules armes que la transparence des élections et la paix. Tout bien considéré, qu’il vous plaise monsieur, de partager, avec vous, deux axes de réflexion que m’inspirent vos déclarations qui jurent avec les réalités de la Côte d’Ivoire sous le président Alassane Dramane Ouattara.

Le premier axe de réflexion pose que, les Affaires et l’argent tuent le bon jugement et éloignent leur sujet de l’élévation à la grandeur universelle à laquelle toute personne consciente doit aspirer. Nous sauveront nos âmes du déshonneur si nous mettions cet enseignement en bride.

Le deuxième axe enseigne que votre intervention, sur RFI, apparait être un secours témoigné à un protégé en difficultés vis­à­vis de tous ses méfaits qui se dressent devant lui comme une armée de lionnes en furie. Car, tout a une fin et celle­ci vaut mieux que son commencement. Je vous le devais monsieur !

Veuillez agréer, monsieur ​ Jean­Marc SIMON​ , l’expression de ma considération distinguée.

Bécan Tiékpa Alice­ Rosine

Citoyenne ivoirienne, jalouse de son pays qui est seul et unique sur la planète terre

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