Lettre ouverte aux juges de la CPI et aux autorités à travers le monde

Lettre ouverte aux juges de la CPI et aux autorités à travers le monde

Honorables magistrats, Distingués juristes.

Souverains peuples, Illustres autorités du monde.

Avec le respect dû à vos rangs, grades et qualités.

Puissiez-vous souffrir, que ces réflexions sur le procès de Gbagbo et Blé Goudé, vous soient soumises.

Les africains en premier lieu, et beaucoup d’autres voix à travers le monde, par la suite, fustigent la CPI, depuis la déportation cavalière de Gbagbo à la Haye. Cette situation devrait interpeler les acteurs de la CPI, parce que la justice est de prime abord, au service de la paix sociale.  Au nombre de leurs griefs contre l’institution judiciaire internationale,il faut noter :

– La conjoncture diplomatique avant les élections ivoiriennes de 2010, les effets corollaires des accords de Marcoussis en 2003, le lobbying partisan français à travers le fameux groupe international de travail (GTI) qui s’en est suivi, à travers des ballets diplomatiques tout azimut, à travers la production guidée de sondage par la société française Sofres, enfin, tous les artifices pour aboutir aux pas de course, à l’organisation imposée des élections présidentielles2010, dans des conditions normalement impossibles, dans le seul butd’éliminer Gbagbo de l’échiquier politique ivoirien, sinon, à le mettre en quarantaine.

Dans cette même conjoncture, il faut aussi ajouter le zèle laborieux de la France à produire de connivence avec d’autres nations alliées, une succession vertigineuse de résolutions Onusiennes contre la Côte d’Ivoire de Gbagbo, jusqu’à aller mettre un embargo criminel sur les médicaments pharmaceutiques en destination de la Côte d’Ivoire entre février et mai 2011.

A cette conjecture diplomatique, il faut encore ajouter la conjoncture militaire subséquente, au cours de laquelle les forces françaises et onusiennes établies pour la cause, en Côte d’Ivoire et aux environs,ont effectué des frappes aéroportées et des actions militaires terrestres, contre les positions défensives  de l’armée républicaine, réalisant ainsi toute la guerre au profit de Ouattara, jusqu’à aller mettre la main sur Gbagbo et le livrer à son adversaire politique, logé dans son QG de campagne, à l’hôtel du Golf. Ces forces militaires internationales sus – citées ont perpétré meurtres, crimes de guerres, et autres ignominies bien connues, mais jamais évoquées.

Peut-on passer sous silence, la caution morale que ces frappes militaires ont procurée aux armées de Ouattara, pour ainsi commettre les crimes les plus ignobles de la crise postélectorale, pendant et après ? les massacres d’Adebem, Godjiboué, Trikpoko, Niégrouboué et Gobroko, ces cinq villages de la sous-préfecture de Sago, dans le département de Sassandra, à 300 kilomètres à l’ouest d’Abidjan, où en mai 2011, très loin de toute zone de guerre, 150 paysans innocents ont été massacrés par les forces de Ouattara, sans compter les massacres de Nahibly, où 213 personnes ont connuen 2013, le même sort, sous les yeux de la France et de L’Onuci qui sont si alertes à intervenir contre Gbagbo, en faveur de Ouattara.

Au niveau judiciaire,

– Le fait incompréhensible que la CPI veuille juger dans un corpus de faits, des conséquences partielles du conflit postélectoral ivoirien, en prenant le soin d’éviter la cause majeure qui a produit les conséquences en question, et en n’évoquant pas à dessein, la participation militaire de la France et de l’Onu, aux côtés de la partie adverse, dans le même conflit.

– Le fait de maintenir Gbagbo en détention préventive prolongée, alors que la possibilité de le laisser en liberté et instruire le dossier existait, dès lors que les juges de la CPI avaient déclaré au procureur que les charges retenues contre le mis en cause étaient légères et insuffisantes. Le refus de la CPI de laisser l’homme en liberté, le temps de chercher des charges ou des preuves additionnelles,dénote clairement d’une volonté manifeste de punir.

La prise en compte unilatérale des victimes du conflit postélectoral ivoirien par la CPI pose un sérieux problème d’éthique de d’objectivité juridique.

Les différentes demandes de mise en liberté provisoire de Gbagbo, qui lui ont été refusées, l’ont été du revers de la main, dans une intention préméditée de maintenir l’homme en détention arbitrairement punitive. Cette thèse ressort implicitement des différentes observations énumérées dans l’arrêt de la chambre d’appel de la CPI, rendu en juillet 2017.

Ayons le courage de le dire tout haut, avec ce qui nous est donné de voir dans le procès Gbagbo-Blé Goudé,  la cour de la CPI regorge à n’en point douter,       d’éminents juristes et autres praticiens chevronnés du droit.

Cependant,augustes magistrats, il vous faut ouvrir les yeux. Ce procès n’est pas un procès classique du genre, du moins dans son mobile intime, ou fondamental. C’est une palabre entre un souverain et un sujet dont le crime, est qu’il veut accéder lui aussi, à la souveraineté. Et bien sûr, cette controverse remonte le temps. Pendant le temps colonial, la France qui régentait (et régente encore) ses colonies avec une main de fer, a toujours pratiqué la déportation des leaders africains qui, au surplus ne demandaient qu’un soupçon d’égard envers eux.

Nous pouvons citer : Samory du royaume de Wassoulou, Afrique de l’ouest en 1898, Ravalona III,Reine des Hovas de Madagascar en 1897,  Béhanzin Roi du Dahomey en 1894, mais aussi et tout près de nous, et dans une large mesure, Jean-Bertrand Aristide, président d’Haïti en février 2004.

Pour la grande majorité des africains, toutes les organisations internationales, sont mises sur pied par les puissances occidentales, pour servir leurs intérêts. Elles constituent un vaste réseau de vases communicants, dont le tronc agit à volonté dans les extrémités de toutes les branches.

En l’espèce, pour le cas de la Côte d’Ivoire, la célérité et la succession vertigineuse avec lesquelles, les étapes de la préparation des élections, leur tenue et le conflit qui s’en est suivi, ont révélé à toute l’Afrique, l’activisme de mains occultesprovenant de ce système. La démonstration en est fort aisée. Pour un contentieux électoral banal (qui n’est pas du tout inédit), la France, l’Onu, et les puissances occidentales coalisées déclenchent une guerre absurde contre Gbagbo, le défont et en suite, le charge de toutes les conséquences iniques que leur guerre absurde a générées, et pour s’en laver les mains comme Ponce Pilate, le jette en pâture  à la CPI, pour que celle-ci achève le boulot.C’est un mode opératoire bien connu de la France, en Afrique. En informatique, on parlerait de redondance cyclique, en somme, un ‘’bis repetita’’.

Ce procès donc, tient ses origines, de faits antécédents que les juges de la CPI ne sont pas censés connaitre, et qui sont, on ne peut plus déterminants pour bien comprendre le nœud de cette affaire. Depuis les négociations inter ivoiriennesde Lomé de 2002, Accra 1 et 2,  jusqu’à Marcoussis etPretoria,les africainsont suivi à la trace,  la volonté de la France  de dégommer Gbagbo. La déclaration de Blaise Compaoré en 2005 sur le perron de l’Élysée, affirmant que Gbagbo serait déporté à la CPI, trahissait un complot rassis.

La CPI faisant partie des instruments mis en places par les puissances impérialistes occidentales, en l’occurrence le système des vases communicants, l’institution judiciaire en question, fait figure de juge et partie, dans procès de Gbagbo, aux yeux de la grande majorité des africains. C’est pour cette raison que les africains trouvent que la CPI s’est discréditée,et qu’ils la qualifient de justice des vainqueurs. Pour eux, la seule façon pour elle, de se racheter à leurs yeux, c’est de libérer Gbagbo, cet homme charismatique et pacifique, qui a donné à la démocratie, toutes ses lettres de noblesse en Côte d’Ivoire et en Afrique.

L’homme Gbagbo, le légaliste, le non-violent, au point d’ériger le buste de Hindou Gandhi,son Idole, devant le palais présidentiel d’Abidjan, au quartier Plateau.

L’homme Gbagbo, l’humaniste-né qu’on veut faire passer pour un bourreau ‘’Procustien’’, et dont les témoins à charge, sont devenus des témoins à décharge, tant et si bien que, les uns pleurent pour lui,tandis que les autres voudraient avoir l’insigne honneur de lui serrer la main.Même, force est de constater que, depuis le mois de juillet 2017, tous les leaders des forces armées des ‘’Forces Nouvelles’’ de l’ex-rébellion ivoirienne, n’ont de cesse de demander la libération pure et simple de Gbagbo.

L’homme Gbagbo, jugé pour ce qu’il est (indépendantiste) que pour ce qu’il a fait (devoir légal), l’homme politique ivoirien, le moins belliqueux et le plus conciliant voir la quantité de concessions politiquement inacceptables, faites aux rebelles, dans le règlement du conflit ivoirien.

L’homme à qui, ses adversaires politiques ont toujours fait la guerre à tort, et qui n’a jamais déclaréde guerre à personne, on se souvient même, qu’en 2011, pendant que les deux candidats campaient chacun sur sa position d’avoir remporté les élections, ce n’est pas Gbagbo quia appelé à la guerre, en même temps qu’il demandait recomptage des voix. C’est plutôt Ouattara.

C’est un tel homme, qui est livré en spectacle au monde entier, pour assouvir les ‘’fantasmes’’ des puissances impérialistes occidentales.

Puisse votre conscience humaine intrinsèque entrer en jeu ! Un procès dans lequel, lesdits auteurs d’un seul camp sont traqués, harcelés  depuis six ans, par les services de la cour, pendant que les pires criminels de l’autre camp se la coulent douce, ce ne sont pas des promesses tardives de poursuites utopiques des fautifs du camp adverse qui vont redorer le blason de la CPI, irrémédiablement terni.

Le présent paragraphe s’adresse directement aux différents magistrats ayant en charge le dossier de Gbagbo et Blé Goudé : Honorables Magistrats :Sans le savoir, ni le vouloir sûrement,très excellents magistrats, il est fort possible que vous deveniez les instruments d’un règlement de compte ou simplement complices d’une forfaiture commandée.C’est pourquoi, pour vous tenir à l’abri d’un tel cadrage, veuillez méditer cette observation faite par un juge au cours du procès de Nuremberg. S’adressant aux généraux d’Hitler qui avaient laissé faire toutes les exactions de la guerre, par obéissance béate à leur chef, il disait : « il arrive un moment dans la vie d’un homme, où il doit désobéir à son chef, pour obéir à DIEU ».

La conscience intime de chacun de nous, rend témoignage, de par tout ce qui nous est donné de voir au procès, que l’homme Gbagbo est innocent. Les mêmes sentiments qui habitaient les contemporains de Jésus, lors de son ‘’procès’’. Chers Magistrats ! Franchissez le pas.

Évitez courageusement au monde, de commettre à nouveau, les erreurs dramatiques que notre civilisation moderne a connu par le passé : la traite négrière, l’Apartheid, les génocides, les guerres mondiales…pour ne pas avoir à se confondre en regrets et mea culpa, plusieurs années plus tard, comme ce fut le cas, souventes fois.

En Côte d’Ivoire, au début du mois de mars 2011, les forces de défense et de sécurité avaient déjà  quitté toutes les villes de l’intérieur du pays. Les armées des forces nouvelles et les Dozo qui sont venues à leur suite, occuper les villes abandonnées, y régnaient en maitres absolus, ils yont commis de terribles exactions. Les populations proches de Gbagbo ou assimilées,  ont été réduites à leur plus simple expressions pendant au moins quatre ans, quand elles n’ont froidement liquidées. Les conséquences ont été multiples ; entre autres, le repli sur elles-mêmes, que la pratique du rattrapage ethniqueest venue exacerber. Les emprisonnements abusifs et la situation des exilés en ont rajouté. Le maintien en détention de Gbagbo met aujourd’hui en évidence, en Côte d’Ivoire deux groupes de populations. Les paria, les mal lotis, les indésirables, les laissés pour compte, d’un côté et les privilégiés, les ayants droit de l’autre.  D’un côté les spectateurs de la nouvelle vie ivoirienne, le camp Gbagbo, et de l’autre, les acteurs ayant plein droit de cité, le camp Ouattara.

Le terme réconciliation n’a aucun sens en Côte d’Ivoire, en ce moment-même, l’application qu’on voudrait lui donner dans un camp, n’est le sens qu’on lui accorde dans l’autre. Pour le camp Gbagbo, la réconciliation doit procéder d’un courage et d’une volonté politique des gouvernants. Pour les hommes du pouvoir, la réconciliation ne se décrète pas. C’est une question de temps, le long terme, en un mot, le temps va panser les blessures. Pas besoin de remède. Et chaque camp se replie sur lui-même. Et les peuples du sud, et les peuples du nord, jadis, si harmonieusement liés, sont aujourd’hui devenus  distants, méfiants, étrangers les uns aux autres, ennemis par ordonnance. Voilà la réalité de la nouvelle vie sociale en Côte d’Ivoire, aujourd’hui.

Cette situation est totalement entretenue et encouragéepar la détention de Gbagbo par la CPI, qui semble ignorer, qu’elle doit d’abord jouer son rôle d’acteur de paix et de justice sociale dans le pays, avant son rôle correctionnel.

Toute une communauté internationale peut-elle s’acharner sur un individu, sans qu’il n’y ait personne qui s’interroge sur la vraie nature des faits ? Bien souvent la grande majorité des africains s’indigne devant le traitement infligé à Gbagbo et s’interroge sur la l’opportunité des valeurs cardinales qui portent notre civilisation dite moderne.

Très souvent, dans l’histoire, les changements remarquables et positifs intervenus dans la  vie des peuples, l’ont été par l’action de quelques individualités et non la communauté toute entière.

Aux États-Unis, l’abolition de l’esclavage fut l’initiative de Thomas Paine, de Benjamin Franklin, de Thomas Jefferson…

Au Royaume Uni, William Wilberforce, le prédicateur John Wesley et le Pasteur James Dore se sont bien illustré pour la même cause antiesclavagiste.

Louis Jaucourt, puis  Victor Schœlcher ont fait œuvre utile, en France pour la même cause.

Et tout près de nous, Frederik Willem De Klerk, de l’Afrique du Sud, s’est hissé au panthéon des héros libérateurs de consciences embrigadées, en mettant fin à tant à l’apartheid qu’à la détention de Nelson Mandela.

Tout comme ces pionniers des causes nobles, suscitez en vous-mêmes, le sentiment héroïque de mettre fin à l’injustice contre Gbagbo.

Mettre fin à la détention de Gbagbo, c’est mettre fin au supplice mental de plus de treize millions d’ivoiriens fidèles à l’homme.

Mettre fin à la détention de Gbagbo, c’est mettre fin à la déception de plus de dix millions d’africains admirateurs de l’homme, et de plus de trois millions de personnes éprises de justice de par le monde.

Mettre fin à la détention de Gbagbo, c’est enfin, mettre fin à une injustice fumante qu’on veut recouvrir par une parodie de justice internationale.

Mettre fin à la détention de Gbagbo, c’est aussi mettre fin à un complot qu’on voudrait mener rondement contre l’homme.

Mettre fin à la détention de Gbagbo, sera aussi, allier le droit au bon sens. C’est obéir à DIEU.

Chers magistrats ! Il ne tient plus  qu’à vous, de rendre à la nature ses droits inaliénables, sa liberté de droit divin.

Frères citoyens américains, Peuples et hommes du monde entier épris de justice vraie et de paix profonde, parce qu’ayant connu des moments éprouvants dans l’histoire de vos pays respectifs. Vous ne devez pas être indifférents, lorsque la force des puissants arrache leur liberté, à des hommes tranquilles et les avilit bonnement. Quelle que soit la valeur de vos intérêts en Côte d’Ivoire,  Vous ne devriez pas laisser la vie de millions d’ivoiriens à la merci, d’un individu (Ouattara), qui aujourd’hui, fait ou défait à loisir, la vie des ivoiriens pro-Gbagbo (centaines de prisonniers arbitraires, milliers d’exilés, milliers de travailleurs désactivés, milliers de personnes anéanties par la peur d’écrire, de parler, de paraitre).

Levez-vous et agissez !Parce que la détention arbitraire et abusive de Gbagbo crie à vous tous, à-tue-tête : « mettez un coup d’arrêt à la pénitence, d’un homme, d’un peuple entier ».

Goddé G. Camille-Fègues

Tel : 22541275717

 

One comment

  1. Pour faire changer les choses et montrer aux “maîtres de la communications” que nous savons ce qu’ils croient que nous nous ne savons et qu’ils veulent cacher, écrire et faire écrire à
    Monique Denoix, Directrice déléguée à la communication et membre du comité exécutif, monique.denoix@radiofrance.com

    Alain Faucher, Délégué au pôle événements et opérations exceptionnelles
    01 56 40 22 68, alain.faucher@radiofrance.com
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    MA

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