Levée de fonds pour les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Levée de fonds pour les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire

Faire de la politique ne consiste pas uniquement à participer à des réunions pour discuter de statuts et règlement intérieur, de projet de société, de stratégies et de programme de gouvernement. Les militants, qu’ils soient à la base ou au sommet, devraient aussi prendre soin les uns des autres, démontrant ainsi que “responsabilité entraîne solidarité” (Victor Hugo). C’est cette solidarité agissante qu’a essayé de manifester la section FPI de Philadelphie en organisant, en collaboration avec les sections FPI de Washington-DC, de New Jersey, de New York et de Boston, une levée de fonds pour les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.

L’événement eut lieu, le 19 août 2017, de 17 à 22 H, dans la ville de Philadelphie. En l’absence de Kouakou Sekré, le représentant du FPI aux États-Unis, c’est son adjoint, le camarade Moussa Doumbia, qui ouvrit le bal des interventions. Doumbia souhaita la bienvenue aux participants parmi lesquels l’ancien ambassadeur Pascal Dago Kokora (3e vice-président du parti chargé de la diaspora), Demba Traoré (44e vice-président du parti chargé des Techniques de l’information et de la communication) et Laurent Ibehi (membre du Comité de contrôle). L’honneur revint ensuite au secrétaire de section FPI de Philadelphie, le camarade Camille Bleziri, de situer le but de la rencontre. Pour lui, il s’agissait, en réponse au cri du cœur du secrétaire général chargé de l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques, de collecter un peu d’argent de façon à venir en aide à nos frères injustement emprisonnées depuis 2011 et n’ayant pas souvent les moyens d’acheter leurs médicaments. Bleziri profita de son temps de parole pour faire l’historique de la plate-forme des sections FPI récemment mise en place. Une plate-forme qui, ajouta-t-il, se réunissait pour la première fois et qui n’a pas d’autre ambition que de permettre aux sections en faisant partie de partager leurs expériences et de rendre ainsi le FPI plus dynamique sur le territoire américain. Tout en rendant hommage aux autres secrétaires de sections, le camarade Bleziri félicita particulièrement Jules Seri Wandji qui, sans tarder et avec un zèle inouï, s’est mis au travail à la tête de la section de Washington-DC. Le secrétaire de la section FPI de Philadelphie termina son propos en affirmant que son rêve est de voir la plate-forme compter 10 sections d’ici à décembre 2017 et de célébrer la prochaine fête de la liberté du FPI sur le sol américain.

Le troisième temps fort de cette rencontre fut la prise de parole, via Skype, de Michel Gbagbo depuis Abidjan. Selon lui, l’action des avocats, aussi importante soit-elle, n’est pas suffisante pour la libération des prisonniers. Ce qu’il faut aussi, c’est une mobilisation de la société civile à travers les réseaux sociaux, les journaux en ligne, les marches et manifestations comme le “fund raising” de Philadelphie. Seules ces deux actions menées de manière concomitante peuvent inverser le rapport de forces, conclut-il.

Après que Pascal Kokora, Demba Traoré et Laurent Ibehi eurent présenté leurs bureaux respectifs, notre ancien ambassadeur à Washington exposa sur le thème de la rupture. Pour lui, de la même façon que Jésus et Mahomet furent des hommes de rupture (l’un en faisant passer le don de soi avant le respect de la loi, et l’autre en quittant la Mecque pour s’établir à Médine), de même les Ivoiriens doivent rompre avec la passivité devant le fait que notre économie est dominée et contrôlée par des multinationales, des Libanais et des ressortissants de la CEDEAO. Pour ce faire, Pascal Kokora conseille aux Ivoiriens désireux de relever ce défi de s’organiser car le plus important, ce ne sont ni les titres portés ni les places occupies, mais l’organisation qui est un “outil utilisé pour faire un travail donné”.

Quelques questions furent posées après cet exposé riche et dense. C’est le lieu de mentionner que les distributeurs de la parole, ce jour-là, étaient Phil Nomel et Herman Aboa. Inutile de dire que leur expertise en la matière fut reconnue et saluée par tous.

Vers 21 H, la faim et la soif commençaient à se faire sentir. L’assistance fut alors conviée à honorer les plats de qualité préparés par les militantes de la section FPI de Philadelphie.

C’est l’annonce du fruit de la collecte qui mit fin à cette sympathique rencontre. Nous apprîmes en effet que la somme de $ 3050 fut recueillie. Cela peut sembler peu de choses au regard de l’immensité des besoins de nos prisonniers politiques mais, en même temps, $3050, ce n’est pas rien. Si d’autres sections FPI, si d’autres Ivoiriens acceptent de mettre la main à la poche, nul doute que nous arriverons à améliorer, considérablement, le sort de nos frères illégalement détenus dans les goulags de Dramane Ouattara. Comme disait Mère Teresa de Calcutta, “nous réalisons que ce que nous accomplissons n’est qu’une goutte dans l’océan. Mais, si cette goutte n’existait pas dans l’océan, elle manquerait.”

Les remerciements de Camille Bleziri et de Pascal Kokora, eux, ne manquèrent point: les uns furent adressés à tous ceux qui firent le déplacement, les autres aux femmes qui nous donnèrent l’occasion d’apprécier une fois de plus la cuisine africaine. À ces remerciements fut naturellement associée Sonia Bamba dont les talents de marketeuse motivèrent chacun à mettre quelque chose dans les enveloppes distribuées dans la salle.

Jean-Claude DJEREKE

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