Levée du boycott du RGPH: Le FPI évite le piège de Ouattara

Levée du boycott du RGPH: Le FPI évite le piège de Ouattara

Alors que le régime avait les oreilles tendues au siège du Fpi où se tenait un comité central le samedi 31 mai 2014, pour crier un ouf de soulagement face à un Recensement qui piétine, le parti de Gbagbo a plutôt évité le piège tendu par le camp Ouattara en remettant à une date ultérieure l’examen de la levée de son mot d’ordre de boycott.

Un comité central du Front populaire ivoirien (FPI) s’est tenu le samedi au QG de Gbagbo à Cocody-Attoban pour plancher sur la reprise du dialogue politique entre le gouvernement et le FPI et surtout analyser la requête du régime Ouattara qui souhaite le levée du mot d’ordre de boycott du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). A l’issue de cette rencontre qui s’est achevé vers 18 H 30, le président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, a annoncé la tenue prochaine d’une session spéciale du Comité central pour mieux analyser les mesures prises par le gouvernement.

«Le comité central s’est félicité du début d’exécution qui a été enregistré au moment même où il se réunissait. Et étant donné que ces questions n’ont pas encore trouvé une mise en oeuvre totale, le comité central a décidé de tenir une session extraordinaire spéciale dans les jours à venir pour analyser ces décisions sur la base des informations exhaustives qu’il aura afin donc de s’engager dans le processus de négociation et de dialogue politique sur des bases claires, concrètes et objectives», a déclaré Affi N’Guessan.

Une décision judicieuse prise par le Comité central qui a permis au FPI d’éviter le piège tendu par le régime d’Abidjan. Le pouvoir veut vaille que vaille la levée du boycott puisqu’il est en conscient qu’en dépit des chiffres extrapolés et fallacieux servis à longueur de journée pour se donner de la contenance et montrer que le RGPH se déroule bien, l’opération est sérieusement plombée malgré les nombreuses prorogations. C’est à cause de cet échec, qu’après avoir saboté le dialogue direct et bandé les muscles pendant plusieurs mois, que le gouvernement a subitement décidé de reprendre le dialogue avec le FPI avec pour seul doléance et contrepartie des concessions qu’il entend faire, la levée du mot d’ordre de boycott. C’est cette surenchère que Jeannot Ahoussou a réitéré le samedi 31 mai en indiquant que le communiqué final qui a sanctionné les discussions du jeudi 22 mai dernier comportait «des obligations de part et d’autre». «Nous avons demandé jeudi dernier à nos frères et soeurs du Fpi de lever le mot d’ordre du RGPH. Nous avons fait notre part», a-t-il clamé.

Le parti de Gbagbo a n’a pas cédé au chantage du pouvoir. Alors que Jeannot Ahoussou Kouadio avait annoncé le 22 mai dernier la libération de 150 pro-Gbagbo « dans les heures qui suivent », c’est curieusement 10 jours plus tard que seulement 50 personnes ont été élargies, le jour où le FPI analysait la levée ou non de son mot d’ordre de boycott.

Anderson Diédri

Source: Le Nouveau Courrier N°1041

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