L’hebdomadaire ivoirien “Gbich” rend hommage à “Charlie Hebdo”. Mais reconnaîte que «la liberté d’expression a ses limites»

L’hebdomadaire ivoirien “Gbich” rend hommage à “Charlie Hebdo”. Mais reconnaîte que «la liberté d’expression a ses limites»

“La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres”, dixit Zohoré Lassane, fondateur du magazine “Gbich”, à propos de l’affaire “Charlie Hebdo”.

Le 7 janvier 2015, au moment où une équipe de Charlie Hebdo tombait sous les balles d’intégristes islamistes, Gbich, le journal cofondé par Zohoré Lassane en 1999, était en cours d’impression. Gbich est une sorte de «baromètre de la vie sociale en Côte d’Ivoire». Un journal satirique pionnier en la matière en Afrique de l’Ouest. Pour rendre hommage à tous les disparus de Charlie Hebdo et défendre la liberté d’expression, Zohoré Lassane a d’abord mobilisé ses équipes pour publier plusieurs caricatures sur le Net. Il a aussi participé aux différentes manifestations organisées en Côte d’Ivoire en l’honneur de Cabu et ses amis.

Le Point Afrique : Votre réaction après les événements de “Charlie Hebdo” ?

Zohoré Lassane : Le drame qui s’est produit à Charlie Hebdo nous attriste tous, ici à Gbich. Nos premières pensées vont aux victimes, à leurs familles, et aux survivants restés pour poursuivre le travail commencé par Charlie Hebdo. C’est un journal que nous connaissons bien. Un “grand-frère” que nous parcourons souvent. C’est presque une institution pour nous, caricaturistes ivoiriens. La mort de Charb, de Cabu, de Wolinski et de tous les autres nous a beaucoup affectés. Cette tragédie nous a aussi permis, encore une fois, de nous rendre compte des risques de notre métier et de nous remettre aussi en cause.

Pourquoi vous remettre en cause ?

Avoir un crayon en main ne nous rend pas forcement inoffensif, on vient de le voir. C’est comme le stylo pour le journaliste. Il peut plaire comme déplaire, guérir ou blesser. Nous sommes là pour apporter la réplique aux débats tout en essayant d’amuser nos lecteurs. C’est un exercice assez complexe. Un jeu d’équilibriste parfois dangereux. Si nos caricatures blessent une partie de la population ou la divisent, il est tout à fait normal que nous nous posions des questions. Ici en Côte d’Ivoire, nous n’avons aucune interdiction pour exercer notre métier, mais il existe un organe de régulation, le CNP (Conseil national de la presse) dont la mission est de nous éviter les sorties de route. Notre liberté de ton et ce gendarme ne sont pas incompatibles, bien au contraire. La Côte d’Ivoire est un pays où l’apaisement du climat sociopolitique prime avant tout.

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“Charlie Hebdo” est-il allé trop loin dans la provocation ?

Je ne veux pas critiquer le travail de mes confrères. En France, la liberté d’expression existe, elle est même fondamentale. Et si mes informations sont bonnes, il n’existe pas encore de délit de blasphème pour la presse dans ce pays, sinon Charlie Hebdo aurait respecté la loi, je suppose.

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Doit-on mettre des limites à la liberté d’expression ?

Peut-on tout dire ? Doit-on rire de tout au nom de la sacro-sainte liberté d’expression ? La question ne date pas d’aujourd’hui. La liberté d’expression permet-elle à un journal de publier des propos racistes, xénophobes ou terroristes ? Non ! Donc, vous voyez qu’il y a déjà des limites à ce niveau. Peut-on rire de la religion ? Je laisse les experts résoudre la question. Mais je le dis encore, il faut un minimum de garde-fous pour éviter les sorties de route. Imaginez un seul instant qu’en Côte d’Ivoire, au nom d’une certaine liberté d’expression et juste pour faire rire, on commence à se moquer de symboles considérés comme sacrés par une partie de la population. Ce serait tout simplement l’escalade. On dit souvent que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. En Côte d’Ivoire, nous essayons de l’appliquer et de vivre en bonne intelligence, malgré le foisonnement de religions.

Alain Aka

Source: Le Point Afrique

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One comment

  1. Vous ne savez pas ce que les étrangers vivent en France, pays de racistes et d’hypocrites par excellence Dieudonné a été arrête pour avoir dit qu’il s’appelle Charlie coulibaly! En France les noirs et les arabes sont maltraités, méprisés et exclus de la société, voila pourquoi certains se révoltent.RESPECTEZ VOUS UN PEU!! ARRÊTEZ DE DONNER VOTRE SOUTIEN A DES INDIVIDUS QUI VOUS TRAITENT DE SALES NÈGRES ET DE SINGES

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