Lignes haute tension du barrage hydroélectrique de Soubré: Pourquoi les responsables de CI-Energies et le gouvernement ivoirien minimisent-ils les impacts sur la population de Galéa ?

Lignes haute tension du barrage hydroélectrique de Soubré: Pourquoi les responsables de CI-Energies et le gouvernement ivoirien minimisent-ils les impacts sur la population de Galéa ?

Á la demande de CI-Energies, le BNETD a recensé en 2013, tous les propriétaires qui allaient subir un dommage du fait du passage de la ligne haute tension. Une indemnisation leur avait été promise. Mais en dépit de la construction des lignes haute tension et de la mise en service de la première turbine il y a environ deux semaines, aucune indemnisation n’est encore accordée aux propriétaires.

Le lundi 30 janvier 2017, quarante-trois familles du village de Galéa avaient manifesté devant le bureau du responsable de CI-Energies de Soubré, M. Maxime Ballet. Ces familles manifestaient pour rappeler à CI-ENERGIES les indemnisations pour lesquelles elles avaient été recensées en 2013 par le BNETD. Ce qui crée la confusion aujourd’hui au sein de la population, « c’est que lors d’une récente rencontre, M. Ballet Maxime, directeur de CI-ENERGIES a fait savoir aux propriétaires qui attendent une indemnisation que la Côte d’Ivoire a voté une loi en 2014 qui stipule qu’on peut vivre sous les lignes haute tension. Or selon des documents que nous avons lus, tous ceux qui habitent sous les hautes tensions sont exposés à des maladies graves comme le cancer » a expliqué M. Noguès un propriétaire. De quelle loi s’agit-il ?

M. Ballet Maxime a brandi un exemplaire du journal officiel de la république de Côte d’Ivoire du mercredi 2 avril 2014 portant code de l’électricité. 47 pages d’actes présidentiels toutes confuses sur lesquelles se basent les responsables de CI-Energies pour ne plus indemniser les propriétaires de Galéa. Pourtant, au sein même de CI-ENERGIES, maitre d’ouvrage du barrage hydroélectrique de Soubré, les voix sont discordantes sur les indemnisations dues aux propriétaires de Galéa. « En effet, explique un proche de M. Ballet Maxime, dans le cas de la population de Galéa, il s’agit de servitude de passage de ligne à très haute tension. Dans ce cas, les propriétaires de Galéa qui subissent un dommage ont droit à une indemnisation » Le passage de la ligne haute tension a détruit les habitations.

Les propriétaires ne peuvent plus construire en hauteur ni même planter d’arbre à cause des câbles qui pendent à moins de deux mètres au-dessus des maisons. Des pylônes sont plantés au milieu de certaines cours, mettant en danger la vie des habitants. C’est le cas de M. Assouho Kouakou François que nous avons rencontré et qui révèle : « Le mois passé, des barres de fer se sont décrochées du haut du pylône implanté au milieu de ma cour (voir photo). En chutant, les barres de fer ont failli écraser mon fils qui était assis juste sous le pylône. J’ai averti mesdames Kassi et Kouassi toutes deux responsables de CI-ENERGIES mais aucune disposition particulière n’a encore été prise pour moi malgré le danger permanent qui plane sur ma famille.

Attend-on que d’autres barres de fer tombent et causent les pires dégâts dans ma famille ? Attend-on que les barres de fer tuent un membre de ma famille avant de m’accorder une indemnité ?

Actuellement des odeurs suffocantes et des bruits inquiétants et répétés émanant des câbles qui pendent au-dessus de mes maisons, perturbent ma famille. » Le danger est vraiment permanent pour toutes ces familles qui habitent sous les câbles qui sont suspendus à moins de deux mètres au-dessus des maisons. Plusieurs techniciens de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) que nous avons interrogés, ont reconnu qu’il y a des risques réels sur la santé de ceux qui habitent sous les hautes tensions. Malgré ces vives inquiétudes, le gouvernement ivoirien et CI-ENERGIES font la sourde oreille quant aux revendications légitimes des populations de Galéa qui sont contraintes de vivre sous les lignes haute tension.

En France, selon une étude du Centre de recherches indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIMEM/STOP-THT), « les lignes HT et THT provoquent des symptômes significatifs chez les riverains de lignes à haute tension, et ce jusqu’à 300 mètres des lignes… La présence des lignes modifie effectivement les conditions de vie. Il n’est plus acceptable de continuer à nier l’impact des lignes très haute tension sur les riverains ». C’est pourquoi, tous ceux qui observent le projet d’aménagement hydroélectrique de Soubré, soutiennent qu’il y a « de la mauvaise foi dans l’attitude des responsables de CI-ENERGIES et du gouvernement ivoirien vis-à-vis des populations. Aucune loi ne peut être votée pour dire que des hommes peuvent vivre sous des lignes haute tension ou sous des pylônes »

Selon la Déclaration des droits de l’homme, « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. » Le projet d’aménagement hydroélectrique de Soubré a été engagé par CI-ENERGIES afin de rééquilibrer les sources de production après la mise en service de la centrale thermique d’Azito. La puissance totale installée est de 275 MW générant une production de 1170 GWH/an.

Adja Fatoumata Cissé militante des droits de l’homme et journaliste avec la collaboration de Colbert Kouadjo

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE