L’intégration tardive des ex-chefs miliciens ou l’échec de l’ADDR

L’intégration tardive des ex-chefs miliciens ou l’échec de l’ADDR

L’opération de désarmement entame sa dernière ligne droite mais ses résultats actuels sont bien loin des prévisions. L’implication tardive dans la campagne de sensibilisation des ex-chefs miliciens et des responsables des groupes d’auto-défense armés pourrait expliquer en partie ce qu’on serait tenté d’appeler un échec.

Alors que l’élection présidentielle d’octobre approche, les projecteurs de l’actualité ivoirienne restent braqués sur les résultats de l’opération de désarmement. Une opération au terme de laquelle les ex-combattants doivent être intégrés dans l’armée ou de retour à la vie civile. Sa réussite contribuerait à garantir la tenue d’un scrutin apaisé.

Mais à quelques semaines de la fin de l’opération de désarmement, et à cinq mois du scrutin présidentiel, force est de constater que plusieurs milliers d’anciens combattants ne se verront pas offrir de carrière dans l’armée. Leur avenir reste des plus incertains.

« Il n’y a plus de place dans l’armée »

Car devenir militaire, ils ne peuvent plus y songer. « Je ne ferai plus de recrutement dans l’armée », a lancé le président Alassane Ouattara, au cours d’un discours prononcé en avril dernier à l’endroit des ex-combattants qui caressaient toujours l’espoir de rejoindre les rangs des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire). « Allez rejoindre l’ADDR [Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants] », a encouragé le président-candidat.

Une injonction qui s’explique par le fait que beaucoup rechignent à prendre le chemin des centres de resocialisation proposés par l’ADDR. Selon les statistiques fournies par l’ADDR, 13 000 ex-combattants restent à prendre en compte par l’opération de désarmement, de démobilisation et de réintégration.

Et tandis que certains possèdent encore des armes, d’autres demeurent difficilement traçables.

Faiblesse de la campagne de communication

Ce n’est un secret pour personne que plusieurs jeunes ayant pris les armes au plus fort de la crise post-électorale pour combattre aux côtés des forces pro-Gbagbo et des forces pro-Ouattara n’ont jamais eu de contact direct avec ni l’un ni l’autre des deux principaux protagonistes de la crise post-électorale de 2010-2011.

Qu’ils soient idéologiquement proches de Ouattara ou de Gbagbo, les jeunes ex-combattants vouent une fidélité et une loyauté extrêmes à leurs chefs directs, à ceux qui les ont recruté. Ce sont avec eux que ces jeunes étaient en contact et c’est à leurs ordres qu’ils obéissaient. Il semble donc que l’implication des anciens chefs de groupes d’autodéfense armés dans la campagne de sensibilisation, dès le démarrage de l’opération de désarmement, aurait permis au message d’avoir un grand impact auprès des ex-combattants.

Hélas, la campagne de sensibilisation à l’endroit des anciens bélligérants n’a que très peu associé ces ex-chefs de groupes d’autodéfense armés, reconnus pourtant comme les principaux référents desdits ex-combattants. Résultat : la sensibilisation menée par l’ADDR à l’endroit d’une bonne partie de ces derniers est restée inopérante.

La charrue avant les bœufs

« Nous allons utiliser tous les vecteurs de communication pour passer le message aux ex- combattants […] concernant leur réinsertion », a promis récemment Fidèle Sarassoro, le premier responsable de l’ADDR. Pour joindre l’acte à la parole, des anciens responsables de groupes d’auto-défense et des leaders communautaires, de l’ouest du pays notamment, viennent d’être associés à la campagne de sensibilisation conduite par l’ADDR et pour une période de trois semaines.

Hélas, la campagne de sensibilisation à l’endroit des anciens bélligérants n’a que très peu associé ces ex-chefs de groupes d’autodéfense armés, reconnus pourtant comme les principaux référents desdits ex-combattants. Résultat : la sensibilisation menée par l’ADDR à l’endroit d’une bonne partie de ces derniers est restée inopérante.

La charrue avant les bœufs

« Nous allons utiliser tous les vecteurs de communication pour passer le message aux ex- combattants […] concernant leur réinsertion », a promis récemment Fidèle Sarassoro, le premier responsable de l’ADDR. Pour joindre l’acte à la parole, des anciens responsables de groupes d’auto-défense et des leaders communautaires, de l’ouest du pays notamment, viennent d’être associés à la campagne de sensibilisation conduite par l’ADDR et pour une période de trois semaines.

Source: Ivoire Justice

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