Etats-Unis : l'état d'urgence décrété à... by ITELE

L’ONU recommande aux Etats-Unis de dédommager les descendants d’esclaves

Selon des experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les Noirs des Etats-Unis traversent une véritable “crise des droits de l’homme”. Ils estiment également que les tensions raciales actuelles ne pourront être réglées que si le pays s’attaque réellement à son passé.

Les Etats-Unis devraient dédommager les descendants d’esclaves noirs américains, estiment des experts de l’ONU qui déplorent que le pays n’ait pas encore réglé son passé marqué par le “terrorisme racial”. Les Noirs aux Etats-Unis traversent une “crise des droits de l’homme”, ajoutent-ils alors que la question raciale occupe une place centrale dans la campagne présidentielle américaine.

Ce malaise est en grande partie alimenté par l’impunité dont jouit la police avec la multiplication de cas de personnes noires – parfois mineures comme Tamir Rice, parfois sans arme, notamment à Ferguson et Baltimore – abattues par les forces de l’ordre à travers le pays, relèvent ces experts dans un rapport présenté lundi au Conseil de droits de l’homme de l’ONU à Genève.

Le dernier cas en date est celui de la mort de Keith Lamon à Charlotte (Caroline du Nord) la semaine passée. L’affaire a provoqué deux nuits d’émeutes et de nombreuses manifestations.

Les violences policières dirigées contre les personnes noires assimilables aux lynchages commis par le passé

Ces homicides et “le traumatisme qu’ils ont créé évoquent les lynchages commis dans le passé” estiment les experts.

Pour régler les raisons profondes des tensions raciales aux Etats-Unis, les experts estiment que le pays doit s’attaquer à l’héritage irrésolu “de l’histoire coloniale, de l’esclavage, de la subordination et de la ségrégation raciales, du terrorisme racial et des inégalités raciales”.

Il n’y a pas eu de réel engagement pour dédommager et apporter la vérité et la réconciliation aux descendants des Africains.

Un constat que partageait déjà en 2015 Bryan Stevenson, fondateur de l’organisation de défense des droits de l’homme Equal Justice Initiative, au moment de la publication de leur étude révélant que près de 4.000 Noirs ont été victimes de lynchages dans le sud des Etats-Unis entre 1877 et 1950 pendant la ségrégation raciale.

En Allemagne, ils sont contraints de gérer les conséquences de l’Holocauste. Nous faisons exactement le contraire en Amérique. Nous ne nous sommes pas engagés sur le chemin de la réconciliation et de la vérité, nous n’avons pas réellement tenté de faire face aux conséquences de cet héritage.

Plusieurs formes de réparations envisagées

Le président du groupe de travail, Ricardo A. Sunga, a présenté aux journalistes plusieurs formes de réparations qui pourraient être faites aux Etats-Unis, notamment “des éléments d’excuses” ou une forme d'”allègement de dette” pour les descendants d’esclaves.

Quelques jours avant la présentation de ce rapport, le 24 septembre, le président américain sortant Barack Obama a inauguré le musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine (NMAAHC) à Washington, symbole de la place centrale des Noirs aux Etats-Unis, dans l’espoir qu’il servira de trait d’union dans un contexte racial tendu.

Dans son discours d’inauguration, il a insisté sur la place centrale des afro-américains dans l’histoire du pays :

Le musée de l’histoire afro-américaine n’est pas séparé de l’histoire plus large de l’histoire américaine, ce n’est pas le côté caché de l’histoire américaine, c’est central à l’histoire américaine. Nous ne sommes pas un fardeau ou une tache pour l’Amérique (…) Nous somme l’Amérique.

En plein regain de tensions raciales, il a assuré que le musée “procure un contexte pour les débats de notre époque. “Il les éclaire, et donne une idée de comment ils ont évolué. Et peut-être en donne la proportion. Il peut, peut-être, aider un visiteur blanc à comprendre la souffrance et la colère de manifestants, dans des endroits tels que Ferguson et Charlotte”, a-t-il ajouté.

Interrogé sur les déclarations à connotation raciale du candidat républicain Donald Trump, Ricardo A. Sunga a fait part mardi de son inquiétude sur les “discours de haine, la xénophobie et l’afrophobie” qui sont “en hausse”. Donald Trump et son équipe ont toutefois rejeté durant la campagne toute accusation de racisme.

Source: iTELE

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