L’usine de ciment implantatée à Yopougon par le Maroc met 2.500 habitants en danger de mort

L’usine de ciment implantatée à Yopougon par le Maroc met 2.500 habitants en danger de mort

Les habitants du quartier an 2000 sodefor extension, aux alentours de la Maison d’Arrêt et de Aorrection d’Abidjan (MACA), se plaignent de la poussière de ciment rejetée par la cimenterie cimaf. «A ce niveau, il y a une amélioration», souligne un habitant du quartier. ce n’est pas tout à fait l’avis de l’ordre des architectes qui s’élève contre l’implantation de cette cimenterie, parce que située près d’usines alimentaires et de la maca, «avec des risques de pollution». Une inquiétude bien fondée. Parce que les habitants du quartier sont confrontés à des éruptions cutanées, des vomissements, des céphalées, des problèmes de respiration, de la diarrhée, de la toux, de la grippe, du vertige, des maux de ventre, du ballonnement du ventre, du paludisme etc.

De fait, l’obstruction de la canalisation de la maca, suite à l’installation de la cimenterie africaine (cimaf), provoque la pollution du quartier an 2000 sodefor extension. Cette pollution est causée par de l’eau usée avec en prime, l’impact sur la santé des 2.500 résidents qui ne savent pas à quel saint se vouer. Car, toutes leurs démarches en vue de réhabiliter la canalisation du quartier sont restées vaines. nous nous sommes rendus sur le site, dans le périmètre de la maca, à Yopougon zone industrielle, le mercredi 23 juillet dernier. «La Cimaf est implantée dans le bassin de retenue d’eau usée provenant des industries et de la Maca. La Cimaf obstrue le passage de l’eau de ruissellement et l’eau usée provenant de la Maca. La conséquence, c’est que notre environnement est sérieusement dégradé avec cette eau usée qui nous rend tous malades depuis plus d’un mois».

Ce sont les propos de Mohamed Fofana Dara, correspondant de la BCC à Abidjan, président des habitants du quartier an 2000 sodefor extension, qui fait face à la cimaf. Ce n’est qu’un mince espace de bitume qui sépare les deux entités. A quelques mètres du quartier, une odeur fétide vous accueille. Elle provient de l’eau usée noirâtre qui stagne au sud de la cimaf. Cette même eau se retrouve sur le flanc ouest dudit quartier. A certains endroits, l’eau a séché. «Nous faisons l’expérience nouvelle du déchet toxique», ironise Fofana Dara. Le quartier est vétuste.

Les habitants qui ont attendu en vain la visite du ministère de la solidarité, de la famille, de la femme et de l’enfant, sont dépités, au dire de notre hôte. «A défaut d’enlever l’eau usée, que les autorités et la Cimaf la désinfectent parce que nous mourons à petit feu. Quand il y a le soleil, nous sommes obligés de nous enfermer dans nos maisons parce que l’odeur est inhalable », révèle-t-il. Et de poursuivre :«Nous avons eu plusieurs rencontres avec la Cimaf qui a promis de déboucher le canal pour que l’eau puisse être évacuée. Jusqu’à ce jour, rien n’a été fait dans ce sens». Lors de la récente visite qu’il a effectuée dans cette zone, le ministère de l’industrie et des mines a projeté d’évacuer l’eau usée avec une pompe.

«Malheureusement, nous attendons toujours cette promesse», regrette-t-il. Beaucoup d’habitants cherchent à quitter le quartier. A l’instar de cette dame qui a requis l’anonymat. « Ma fille a la drépanocytose. Elle risque d’avoir une infection pulmonaire. Si j’avais assez de moyens financiers, j’aurai quitté le quartier depuis fort longtemps», se plaint-elle.deux autres femmes se plaignent également des fausses promesses des autorités.celles-ci leur promettent des visites mais ne se sont jamais présentées. Les habitants, en général, souhaitent recevoir des médicaments en attendant que leur problème soit réglé. Les commerçants du quartier, tels que Mme Salimata Traoré, trésorière de l’association des femmes du quartier, sont plus qu’amers. Ils ont été contraints d’arrêter leurs activités depuis plus d’un mois à cause de la dégradation de l’environnement.

«L’implantation de l’usine ne s’est pas faite dans les normes. Est-ce qu’un Ivoirien peut aller au Maroc pour installer une usine de fabrication de ciment pour dégrader l’environnement? Nous sommes déçus du gouvernement qui est composé de personnes sans coeur», s’indignent-ils. Selon Fofana Dara, ce sont 101 familles sur les 2.500 habitants que compte le quartier qui ont momentanément été obligées de quitter leurs domiciles à cause de l’eau polluée. Certaines se sont installées dans l’école primaire de la MACA. D’autres se sont réfugiées chez leurs parents. En réponse à toutes ces préoccupations, M. Dallo, le coordonateur de la cimaf avec les habitants du quartier,nous a dit ne pas communiquer avec la presse.parce qu’une conférence de presse aurait déjà été organisée sur le sujet.

Gomon Edmond

Source: Notre Voie

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