Lutte contre Boko Haram: Amnesty “manque d’objectivité” dans ses accusations contre l’armée affirme le gouvernement camérounais

Lutte contre Boko Haram: Amnesty “manque d’objectivité” dans ses accusations contre l’armée affirme le gouvernement camérounais

Amnesty International, dans un rapport publié mercredi à Yaoundé, dénonçait avant tout Boko Haram, accusé d’avoir “massacré près de 400 civils dans le nord du Cameroun” depuis 2014 mais aussi la “réaction brutale” contre les civils des forces de sécurité camerounaises.

“Les enquêtes que ces chercheurs disent avoir menées manquent à tout le moins d’objectivité” concernant les agissements des forces camerounaises, a réagi jeudi le porte-parole du gouvernement camerounais Issa Tchiroma Bakary, au cours d’une émission radiodiffusée sur les chaînes d’Etat et privées.

Après avoir détaillé les exactions de Boko Haram, Amnesty International appelle notamment dans son rapport à une enquête indépendante pour faire la lumière sur le sort de 200 hommes et garçons arrêtés fin 2014 par l’armée dans deux villages de l’Extrême-Nord frontaliers du Nigeria, avant d’être placés en garde à vue à Maroua, le chef-lieu de la région.

Selon l’ONG, “des événements graves, notamment la mort de 25 personnes en garde à vue, n’ont donné lieu à aucune enquête sérieuse”, et “on est toujours sans nouvelles de plus de 130 personnes”.

M. Tchiroma a remis en cause le chiffre de 200 arrestations, admettant “l’interpellation de 70 suspects”. Il a cependant reconnu que 25 des suspects étaient morts durant leur garde à vue par suite d'”intoxication chimique collective”, assurant que le tribunal militaire de la ville poursuivait ses investigations pour connaître ce qui a provoqué l'”intoxication”.

“Contrairement aux suspicions à peine voilées contenues dans le rapport d’Amnesty International, le décès de ces personnes ne pouvait être le fait de nos forces de défense et de sécurité”, a-t-il affirmé. D’après lui, les autres suspects, soit 45 personnes, “sont actuellement détenus à la prison de Maroua et poursuivis devant le tribunal militaire” depuis février 2015.

“Il ne faut pas, en combattant Boko Haram, violer les droits des civils innocents. Il faut le faire avec discernement et professionnalisme”, avait affirmé mercredi Alioune Tine, directeur pour l’Afrique centrale et de l’Ouest à Amnesty International.

L’Extrême-Nord du Cameroun est depuis deux ans la cible d’attaques régulières de Boko Haram. Depuis juillet, plus de 100 personnes y ont été tuées dans neuf attentats-suicides. Le gouvernement camerounais y a considérablement renforcé sa présence militaire.

Source: AFP

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