Lybie: Le fils de Kadhafi ne veut plus être jugé par la CPI selon ses avocats

Lybie: Le fils de Kadhafi ne veut plus être jugé par la CPI selon ses avocats

A en croire ses avocats, la levée du mandat d’arrêt émis contre Saïf Al-Islam Kadhafi par la Cour pénale internationale (CPI) serait un préalable au retour à la stabilité en Libye. Le deuxième fils de Mouammar Kadhafi, alors considéré comme son héritier, est poursuivi depuis juin 2011 par la juridiction internationale pour « crimes contre l’humanité », notamment pour l’enrôlement de mercenaires et son rôle dans la planification de la répression dès février 2011.

« La Libye est devenue aujourd’hui la destination du terrorisme, la Mecque du terrorisme », a plaidé Khaled Zaydi, au cours d’une conférence de presse organisée à La Haye, lundi 27 juin. L’avocat du barreau de Tripoli craint « un futur très sombre » pour la génération à venir si rien ne change. « Il est impératif d’essayer de restaurer la stabilité ou, à tout le moins, la normalité. Cela requiert l’engagement des Nations unies et des autres », poursuit son homologue Karim Khan.

Ce dernier, avocat britannique, a déjà sorti trois de ses précédents clients de l’orbite de la CPI, dont, récemment, le vice-président kényan William Ruto. Il fait désormais équipe avec son confrère libyen. Les deux hommes comptent bien demander à la CPI, dans les prochaines semaines, de refermer le dossier de Saïf Al-Islam. Leur désignation n’a néanmoins pas été validée par La Haye.

Déjà jugé

Le fils de l’ancien « guide » libyen a été jugé et condamné à mort dans son pays, à la fin de juillet 2015, aux côtés de trente-sept personnalités du régime, pour des crimes similaires à ceux qui lui sont reprochés par la CPI. Il ne peut donc être jugé deux fois pour les mêmes faits, arguent ses avocats. « Personne ne peut dire qu’il y a impunité, estime Me Khan. Même s’il clame son innocence, il a déjà été condamné et il a déjà passé cinq ans en prison. »

Le proces s’était déroulé sous l’influence des islamistes, alors maîtres de Tripoli, dans un pays scindé, avec deux Parlements, deux gouvernements. Et Saïf Al-Islam Kadhafi ne s’était pas déplacé devant ses juges. L’iniquité des procédures avait alors été largement dénoncée par plusieurs ONG et par la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul).

C’est le Conseil de sécurité des Nations unies qui, quelques jours après le début de la révolte en Libye à la fin de février 2011, avait saisi la CPI. Quatre mois plus tard, elle émettait trois mandats d’arrêt contre Mouammar Kadhafi, son fils Saïf et Abdallah Senoussi, longtemps chef des renseignements militaires du régime. Les poursuites contre le « guide » libyen se sont éteintes après sa mort, en octobre 2011. En 2013, la CPI s’est dessaisie du cas d’Abdallah Senoussi en faveur de la justice libyenne, décision confirmée en appel en 2014. Mais pas question pour l’instant de transférer le dossier Saïf Al-Islam Kadhafi, qui empoisonne les relations entre la CPI et la Libye depuis cinq ans.

Lire la suite ici

About Tjefin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.