Macky Sall pressenti comme médiateur au Gabon, Ali Bongo estampille l’idée. Jean Ping y oppose son veto: Les raisons…

La situation au Gabon est plus que préoccupante selon les derniers rapports des envoyés de l’Union Européenne et de l’Union Africaine. Aujourd’hui que les deux camps continuent à se regarder en chien de faïence, devant un peuple qui n’admet pas que son vote soit usurpé, seule une personnalité étrangère indépendante pourrait amener les deux parties à s’asseoir autour d’une table pour aller vers un dialogue sincère, constructif et sans équivoque dans l’unique but d’arrondir les angles.

Mais faudrait-il d’abord paramétrer les données sociopolitiques du pays, quand on sait que les choses ne sont plus les mêmes depuis que Bongo père est parti. A y voir de plus près, si on sculpte à la loupe la sociologie et la psychologie d’Ali Bongo, du clan des Batéké, on ne se posera plus certaines questions sur les actes suicidaires qu’il ne cesse de poser. Les membres de son clan acceptent difficilement la défaite, et préfèrent mourir au front les armes à la main que de se rendre ou d’abdiquer.

Cela est donc une grande équation à plusieurs inconnus, qui ne peut être résolue que par un homme fort mentalement, assis sur un bagage culturel diversifié et à la possession d’un bon background diplomatique. Alors, Macky Sall a-t-il ce profil? Jean Ping lui, appartient au clan des Mienés, réputés pugnaces dans l’adversité et redoutables dans l’affront.

Aujourd’hui qu’il est clair qu’il a gagné la présidentielle, pour lui, l’heure n’est plus au dialogue mais à la reprise du pouvoir des mains d’Ali Bongo Ondimba, et pour que cela se fasse, il faudrait que tout le monde s’y attèle et que la pression soit forte et permanente sur Bongo-fils. Et pour Ping, cette lourde erreur qui avait failli sombré le Burkina Fasso dans le chaos, ne doit pas se répéter au Gabon.

Macky Sall en effet avait voulu sauver son « ami » Dienderé, en le lavant de toute suspicion et de haute trahison théoriquement, proposition en son temps, rejetée d’un revers de main par les acteurs Burkinabés. Macky Sall, en contact avec le dossier du Gabon risque de ne pas être équitable, c’est du moins l’avis de beaucoup d’acteurs gabonais, vu les relations de proximité qu’il entretient avec Seydou Kane qui l’a beaucoup soutenu lors de la Présidentielle de 2012 au Sénégal, ou encore avec Maixent Accrombessi, pour qui l’accès à l’investissement privé a été facilité par les autorités sénégalaises moyennant des dessous de table à la hauteur du service rendu, ou encore avec Ali Bongo, qui a cru en lui, alors qu’il était opposant (nous reviendrons amplement sur comment Mr Bongo a participé à l’élection de Macky Sall en 2012).

Alors, pour beaucoup d’observateurs avertis, il est évident que Macky Sall dirige un grand pays, mais cela pour autant ne fait pas de lui, un homme capable de renverser la tendance au Gabon, où la cohésion sociale et l’entente entre les acteurs politiques sont gravement entachées. Pour un professeur de sociologie, à l’Universalité Léon Mba, le Président Macky Sall n’est pas apte à faire revenir le calme au Gabon. Les raisons sont simples : quelqu’un qui ne parvient pas à gérer sa propre opposition qui est loin de se radicaliser, peut-il prétendre pouvoir le faire avec une opposition gabonaise déjà plongée dans le radicalisme extrême?

Toutes ces raisons auraient poussé l’union Africaine à réfléchir en commun accord avec l’Union Européenne de la mise sur pied d’une délégation de Chefs d’Etat africains pour une mission de sauvetage du Gabon dans un court délai, avant que la tension déjà à un niveau inquiétant ne s’embrase. En résumé, le vœu d’Ali Bongo est d’aller vers un apaisement, et vers un gouvernement d’union nationale, tandis que celui du camp de Jean Ping est de bouter Ali hors du Palais et de laisser le peuple décider de son sort.

Dossier à suivre ….

Source: dakarmidi.net

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