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Madjara confond Jeune Afrique et RFI

Madjara confond Jeune Afrique et RFI

Elle est morte, pauvre et humiliée. Qu’Allah ait pitié de son âme pour l’accepter même si elle a fait ce que proscrit le coran. En faisant ma prière à son intention, j’ai dit qu’elle n’en est aucunement responsable. Les responsables de son suicide, ce sont ceux qui l’ont roulé dans la farine jusqu’à ce qu’elle se retrouve dans une situation de dénuement total. Elle s’était pourtant fait bouclier-guerrier des actuels hommes forts d’Abidjan. Du temps des campagnes et présidentielles de 2010, nous dit-on, elle aurait fait feu de tout bois pour le RDR. Elle a tout donné ; même son égo. Des informations qui nous parviennent, Madjara se serait faite productrice de la honteuse vidéo des femmes d’Abobo. De cette vidéo de Madjara, on le sait, est partie la chute de Gbagbo.

Madjara morte par une subite mais lente et irréversible immolation, c’est aussi la dénonciation de toutes ces énormités des médias étrangers qui raccourcissent les faits surtout quand il s’agit de la Côte d’Ivoire. Avant elle, mourait Awa Fadiga, fille de mode. Elle avait d’abord été agressée par un élément incontrôlé des nombreuses milices pro-Ouattara (mué en taximètre), avant d’être achevée par l’approximative politique de la santé sous Ouattara. Ces médias qui baignent honteusement dans la méprise des lecteurs et auditeurs ivoiriens n’en ont parlé que du bout des lèvres.

Comment faire pour leur trouver le médicament qui puisse guérir leur vision des faits d’ici ? En lisant le bref commentaire du reste très évasif sur la page Afrique de Rfi, commentaire qui fait endosser largement la responsabilité de cette mort de la dame à l’éternel Laurent Gbagbo, l’on perçoit que le malade Rfi refuse de dire non seulement de quoi il souffre mais et surtout, pire d’avaler la potion providentielle pour son soulagement.

En effet, la radio mondiale, affirme, péremptoire, et avec beaucoup de légèreté que Madjara avait son argent dans les poches de Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara n’étant pas Gbagbo, il était normal pour ce dernier de reconnaitre les dettes contractées par l’individu Gbagbo dès lors que cela n’engageait pas l’Homme d’Etat. Sans doute que les reporters de cette radio qui se sont mis au service de la présidence ivoirienne depuis un temps ont émis le souhait d’enfoncer le clou pour attribuer à Madjara le titre de pro-Gbagbo.

Heureusement que sa carte de militante RDR et son passé d’anti Gbagbo s’y opposent vertement.

Et Jeune Afrique dans tout ça ?

Pour cet hebdomadaire dont nous découvrons l’autre facette maintenant, le Fpi, et la Côte d’Ivoire se prépareraient à l’oubli de Laurent Gbagbo si la Cour Pénale Internationale confirmait les charges ( ?) sans preuves qu’elle lui reproche depuis maintenant deux ans. Sournoisement et insidieusement, le journal «africain» qui sait tout et qui voit tout sur le continent, voudrait faire passer l’idée de l’oubli de Laurent Gbagbo dans la conscience ivoirienne. Que reste-il à entendre encore, que reste-t-il à lire encore de ces chiffons de la presse qui refusent de faire correctement leur travail d’investigation, de vérification et de confrontation avant publication ?

La réalité ici crève pourtant les yeux. Sans exhaustivité, rappelons à tous que les faits sont têtus et se révèlent à tous pour dire que, sous Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire ne faisait pas payer les routes, on ne recrutait pas dans les administrations de l’Etat et du privé sur la base régionaliste et népotiste, que le panier de la ménagère ne s’était point transformé en un sachet flasque, que les dettes intérieures se remboursaient avec un écoulement suivi, que les vols et autres détournements dans les régies étaient punis de peines de prison, que les postes de responsabilité des grandes régies sensibles comme les impôts et les douanes étaient attribués au mérite d’un appel à candidature, que l’opposition avait une place honorable de proposition…

Sous Laurent Gbagbo, les cités universitaires n’étaient pas habitées par des milices, l’Assemblée nationale n’était pas monocorde. Sous Laurent Gbagbo, voudrais-je rappeler à Jeune Afrique, les dozos, ces chasseurs traditionnels sans culture militaire et sans cœur n’avaient pas pignon sur rue, les comptes bancaires des cadres des autres partis autre que le Fpi n’étaient pas gelés, il n’y avait point d’exilés, la Côte d’Ivoire n’était pas une prison à ciel ouvert, pire, la zone septentrionale du pays n’était pas déclarée zone de torture, la justice des pauvres fonctionnait tranquillement en lieu place de celle des riches et des vainqueurs, les journalistes écrivaient tout ce qu’ils voulaient et n’étaient point harcelé par leur patrons, on ne jetait pas à la rue des milliers de travailleurs mariés et pères de plusieurs enfants, avenir de la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo était certes un pays pauvre très endetté, d’où l’annulation de la dette par l’achèvement de l’initiative PPTE et vendangée par Alassane Ouattara et son gouvernement, mais les Ivoiriens y vivaient à leur aise. C’est pourquoi, la Côte d’voire n’oubliera jamais Laurent Gbagbo. Cette Côte d’Ivoire qui ploie désormais sous les charges des divisions et de la méchanceté et de l’ingratitude réclame Gbagbo Laurent. Le pays tout entier appelle son fils au secours pour qu’il n’y ait pas d’autres Madjara.

Le discernement nous oblige à nous éloigner de l’idée de la récupération politique. Regardons plutôt la tragique situation dans laquelle la mort de cette jeune militante du RDR plonge sa grande famille. D’abord sa famille biologique. Ensuite sa famille politique le RDR. Puis, sa famille nationale parce qu’elle est ivoirienne. La communauté internationale cristallisée par l’Onu devra faire hélas et malgré elle profil très bas actuellement. Il y a forcement une image et un impact que cette mort répand sur la politique du régime Ouattara. Après Awa Fadiga puis les images de la honte de Blé Goudé, Madjara Ouattara. Cette dame n’attendait plus rien de cette machine qui tue, mais attendait juste le retour de son investissement. Anti Gbagbo jusqu’aux os et plongée dans un extrême dépit de l’ami d’hier, elle a pris le raccourcis de ne pouvoir se regarder dans la glace, tellement elle a poussé le zèle du soutien d’Alassane Ouattara au delà de l’impensable.

C’est peut-être une leçon pour ceux qui peuvent comprendre, mais c’est aussi le parcours du destin que l’on force. Un destin qui se résume en : «Prendre le pouvoir à Gbagbo et mourir ». Prendre ce pouvoir qui ne tient pas dans la main, Alassane Ouattara l’a voulu depuis 1993. Combien sontils ceux qui sont tombé sur son parcours? Mille, un million, dix millions… depuis 2000. C’est pourquoi pour le porte-parole de ce gouvernement, il faut juste respecter sa mémoire.

Repose en paix chère soeur et que la terre de tes ancêtres te soit légère. Avant ta mort, ici, malheureusement, chaque minute qui passait était une minute de haute lutte pour la survie. Là bas, il faudra prier pour tes frères et soeurs prisonniers dont on n’a aucune nouvelle. Prie aussi pour ces milliers de chômeurs pondus par ce régime et soumis à une précarité exagérée. Prie enfin pour ces millions d’exilés, graves oubliés des Nations Unies et du régime. Que ton martyr rappelle aux impérialistes prédateurs et à leurs médias de conquêtes que la vie n’est pas rose ici.

Jean pierre Regardan,

Chroniqueur politique

Source: Le Nouveau Courrier N°1042

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