Maître André Kouassi à propos de Alassane Ouattara après la décision de la cour Africaine des droits de l’homme: «Ouattara aime les passages en forces»

Maître André Kouassi à propos de Alassane Ouattara après la décision de la cour Africaine des droits de l’homme: «Ouattara aime les passages en forces»

La lutte contre l’institutionnalisation de la dictature en Côte d’Ivoire est devenue depuis quelque mois, la tache essentielle pour tout patriote, en particulier pour les militants progressistes de ce pays.

Il est important d’expliquer à l’opinion nationale et internationale, les contradictions internes à la société ivoirienne depuis l’avènement du multipartisme.

Le multipartisme a mis en relief, la lutte entre partisans et adversaires de la pensée plurielle et du débat contradictoire. Cette lutte a pris des formes diverses en fonction du contexte internationale et selon les attitudes de la France et du système des Nations Unies à l’égard de la situation ivoirienne. L’avènement du multipartisme en Avril 1990, a permis de découvrir que la population de ce pays, en particulier l’élite intellectuelle est déchirée en deux camps dont les positions sont difficilement conciliables.

En effet, il y a d’un coté, le bloc de ceux qui sont des adeptes du parti unique et sont par conséquent hostiles, à la pensée plurielle, au débat contradictoire et au multipartisme. Il y a de l’autre ceux qui ont fait le choix de la pensée plurielle du multipartisme et de la démocratie.

La lutte légale entre les deux courants de pensée a duré de 1990 à 2000. Après une transition militaire de dix (10) mois, une constitution et un code électoral favorable au multipartisme et à la pratique de la démocratie ont été établis par la voie du référendum.

La constitution et le code électoral du 1er Aout 2000, avaient pris en compte les principales revendications des forces démocratiques, dont les principales étaient la création d’une commission indépendante chargée des élections et l’institution d’un bulletin unique pour tous les votes.

Non satisfaits de cette évolution en faveur de la transparence des élections et de l’approfondissement de la démocratie le bloc hostiles à la pensée plurielle et à la démocratie s’est constitués en bloc rebelle au Burkina Faso, avec le soutien officiel de certaines puissances occidentales au service d’intérêts obscurs.

Ainsi, le 19 septembre 2002, des déserteurs de l’armée Nationale aidés de mercenaires étrangers, venus du pays de Blaise Compaoré, ont attaqué la cote d’ivoire pour renverser le pouvoir en place. Mais le coup d’Etat qu’ils ont tenté s’est soldé par un échec, malgré les nombreuses exécutions sommaires opérées.

N’étant pas parvenue à remplacé le président Laurent Gbagbo par M. Alassane Ouattara, la France laisse tomber son masque et s’ingère directement dans la crise en Côte d’Ivoire. Il est apparu ainsi, à l’occasion de cette crise, que la France et le système des Nations Unies, sont toutes les deux, des expressions visibles de l’hypocrisie, de la manipulation, des contre-vérités et de l’intoxication en Côte d’Ivoire.

De manière à peine voilée, ils ont aidé les rebelles à occuper la moitié Centre, Nord et Ouest (CNO) et à établir leur capital à Bouaké deuxième ville importante du pays. La mauvaise foi des rebelles et de leurs parrains aidant, les tentatives de règlement pacifique de la crise Ivoirienne, ont toutes échouées, parce qu’elles n’ont pas échappées aux manipulations de l’Etat français qui ne souhaitait pas une solution négociée.

Les autorités françaises, qui cherchaient à humilier absolument, le président Laurent Gbagbo, ont livré de grandes quantités de matériel militaires aux rebelles, pour soutenir l’agression contre le peuple Ivoirien, après avoir refusé l’application des accords de défense conclus en Avril 1961.

Dans ce conflit, la presse officielle française en particulier, tentait par tous les moyens, de diaboliser le président Laurent Gbagbo et de polir l’image de la rébellion qui massacrait les ivoiriens, violait, pillait les biens publics, privés et les ressources du sol et du sous –sol.

Du 19 septembre 2002 au 11 Avril 2011 le discours des autorités françaises relayé par leur presse, a toujours été un chef-d’œuvre de déformation de la réalité du contenu du conflit. Le pouvoir français voulait imposer à l’opinion internationale et même à l’opinion ivoirienne, l’interprétation selon laquelle ce conflit serait une crise identitaire opposant des populations Animistes et Chrétiennes du sud du pays à des populations Musulmans du Nord. Or, en réalité certaines populations du Nord et des étrangers ont été manipulées et fanatisées, par des cadres du Nord qui sont en conflit idéologique avec les procédés de conquête démocratique et de gestion démocratique du pouvoir d’Etat.

La question essentielle qui est posée depuis l’avènement du multipartisme est celle de savoir: par quel procédé doit-on accéder au pouvoir en Côte d’Ivoire et de quelle manière ce pouvoir doit être exercé par les gouvernants. En d’autres termes, le pouvoir doit-il continuer d’être exercé par une minorité (comme c’est le cas depuis 11 Avril 2011), ou alors, doit-t-il être effectivement transmis au peuple, c’est-à-dire à la majorité.

Sur ces questions, les réponses du Front Populaire Ivoirien (FPI) et celles du rassemblement des houphouetistes actuellement au pouvoir sont divergentes.

A la question de savoir, par quel procédé il faut accéder au sommet de l’Etat ?

– la réponse du FPI est fournie par le moyen dont il est arrivé au pouvoir le 26 Octobre 2000.

– la réponse des Houphouetistes qui constituent avec d’autre entités le bloc rebelle est aussi connue. Elle a été donnée le 11 Avril 2011 par la France et le système des Nations Unies.

Aucune confusion n’est possible, les évènements qui se produisent dans le domaine politique en cote d’ivoire depuis Octobre 2000, sont tous des manifestations d’une lutte pour ou contre la démocratie. En d’autres termes, il se déroule en Côte d’Ivoire, une lutte qui oppos ; les partisans de la démocratie, aux adeptes de l’autoritarisme. L’intervention de la France dans ce conflit s’explique par le fait que la lutte pour la démocratie implique nécessairement une lutte de libération nationale dirigée contre le colonialisme sous toutes ses formes.

Qu’est-ce qui nous permet d’affirmer sans risque de nous tromper, que M. Alassane Ouattara et ses alliés, sont en cote d’ivoire, les adeptes des procédés anti-démocratiques de conquête du pouvoir ?

Nous nous contenterons de citer des faits et laisser au lecteur le soin d’apprécier.

Neuf (09) faits corroborent l’idée que M. Alassane Ouattara et ses partisans affectionnent les procédés anti-démocratiques (autoritaires) de conquête du pouvoir.

Après l’élection du président de la république, d’Octobre 1990, il y a eu deux évènements majeurs :

– le président Houphouët Boigny crée un poste de premier ministre où il nomme M. Alassane Ouattara ;

– l’Assemblée nationale adopte le ( 06) six novembre 1990, une révision de l’article 11 de la constitution du (03 ) trois novembre 1960. Par cette révision constitutionnelle qui instaure un mode de succession monarchique, le président de l’Assemblée Nationale devient automatiquement président de la république en cas de vacance du pouvoir exécutif. Ne nous préoccupons pas des motivations profondes de cette révision constitutionnelle observons seulement ce qui suit .

1) Le 07 décembre 1993, aux environs de 13 heures, le premier Ministre annonce la mort du président de la république , mais résiste à l’application de l’article 11 de la constitution. Il souhaitait la mise à l’écart de la constitution et l’application d’arrangement politiques sans bases légales.

La légalité républicaine a été respectée parce que les autres « héritiers » politiques d’Houphouët ont été solidaires en vue de l’application de la constitution. Le respect des textes a eu également le soutien du Front Populaire Ivoirien.

2) la première tentative de confiscation du pouvoir par M. Alassane Dramane Ouattara a crée des divergences au sein de ceux qui se réclamaient de la pensée d’Houphouët et il est parti en exil. Aussi, de son lieu d’exil; M. Ouattara a t-il menacé de frapper le pouvoir « moribond » d’Abidjan pour le faire tomber. Joignant l’acte à la parole , le 24 décembre 1999, des militaires proches de M. Alassane Ouattara renversent le régime de M. Konan Bédié.

Toutefois, malgré l’activisme des partisans de M. Ouattara au sein de la junte, la gestion du pouvoir issu du coup d’Etat lui échappe ,du fait des contradictions internes au conseil National de Salut du Peuple (CNSP). Le parti politique de M. Ouattara, le RDR reste toutefois, majoritaire dans le premier gouvernement du CNSP. Mais, non satisfaits de l’absence de leur leader au sommet de l’Etat, les pro-Ouattara entrent en dissidence.

3) les tentatives de renversement du chef de la junte, ont conduit à la rupture entre le RDR et les militaires au pouvoir. Après plusieurs tentatives dont la plus célèbre est le complot du cheval blanc, le RDR a été exclu du gouvernement et certains militaires sont partis en exil, surtout au Burkina Faso.

4) A la fin de la transition militaire, une élection du président de la république est organisée en Octobre 2000. M. Alassane Ouattara n’a pu participé à la compétition, la chambre constitutionnelle de la cour Suprême ayant jugé sa nationalité « douteuse ». Mais, le 26 Octobre 2000, lorsque sous la pression du peuple qui était dans la rue, la junte à renoncé à son idée de confisquer le pouvoir ; M. Alassane Ouattara et les cadres de son parti ont demandé à leurs militants d’aller ramasser le pouvoir qui selon eux serait dans la rue . Exécutant cet ordre, des militants fanatisés ont fait une descente musclée, comme ils savent le faire dans les rues. Leurs point de convergence était la RTI à Cocody et en s’y rendant, ils agressaient sur leur passage ceux qui refusaient de se joindre à eux dans leur aventure.

Après l’échec de cette opération , avec l’aide de la presse française, le RDR a fabriqué de toutes pièces ce qu’il a baptisé le « charnier » de Yopougon. Ce montage était le premier acte pour jeter l’opprobre sur le nouveau régime qui était entrain de se mettre en place ce jour même .

5) le 04 décembre 2000, prenant prétexte du rejet de la candidature de son leader aux élections législatives, le RDR a organisé, une manifestation insurrectionnelle au cours de laquelle, ses militants ont tué des agents de la police nationale et égorgé un fonctionnaire civil d’une régie financière.

6) les 08 janvier et 08 février 2001, des partisans de M. Alassane Ouattara ont effectué sans succès deux tentatives de coup d’Etat dont l’une a eu pour symbole « la Mercedes noire ».

7) le 05 Aout 2002, le RDR rentre au gouvernement et beaucoup de citoyens étaient soulagés croyant que ce parti s’était en fin réconcilié avec la légalité républicaine. Mais, l’histoire a donné raison aux plus sceptiques qui considèrent que le RDR sous M. Alassane Ouattara ne peut jamais se réconcilier avec les valeurs de la démocratie.

En effet, moins de deux mois après son entrée au gouvernement le RDR a opéré une nouvelle tentative de coup d’Etat. Les éléments commis pour réaliser ce coup sont venus du Burkina Faso. Le coup de force a été organisé à partir du Burkina Faso avec l’implication effective de la majorité de ceux qui se réclament de « l’héritage politique d’Houphouët ».

La république a résisté, le coup d’Etat a été un échec et c’est en ce moment qu’intervient la France pour mettre les insurgés en confiance, avec la présence de son ministre des affaires étrangères Dominique De Villepin à Bouaké. La France a apporté des aides de toutes natures aux insurgés en vue de constituer une rébellion.

8) sous la protection des forces françaises et celle de l’ONU-CI ,la rébellion a occupé de Septembre 2002 au 11 Avril 2011 ,une partie du territoire National dont elle a exploité les ressources diverses avec de multiples complicités internes et externes. Le 11 Avril 2011, la France et l’ONU ont renversé le président Laurent Gbagbo pour remettre le pouvoir aux partis membres du RHDP.

Le constat qui peut être fait est que depuis 1993, les procédés utilisés, pour installer M .Alassane Ouattara au sommet de l’Etat n’ont jamais été conforme aux règles qui, dans une démocratie des droits de l’homme ,organisent la conquête du pouvoir.

9) parvenu au pouvoir le 11 Avril 2011 par un coup d’Etat, M. Alassane Ouattara n’a pas été, cinq ans après, capable de se faire élire démocratiquement. En effet, en Octobre 2015, ce qui a été présenté comme une élection présidentielle ,était en réalité une simple mascarade. La commission électorale indépendante (CEI) était en réalité déséquilibrée et soumise. Le conseil constitutionnel composé de militants du RDR a permis à M. Ouattara de compétir sur la base d’une éligibilité dérivée, ce qui est une haute trahison de la part de ces hommes qui ont violé leurs serments qui leur fait obligation de remplir leurs fonctions « en toute impartialité dans le respect de la constitution ».

Devant le déni total du droit, de la part du régime Ouattara ,le peuple de cote d’ivoire a refusé de participer à cette élection présidentielle ,dont le taux de participation a été de 10% .par conséquent, à l’issue de « l’élection présidentielle « d’Octobre 2015, le régime Ouattara n’est pas devenu plus légitime qu’il ne l’était le 11 Avril 2011. Mais, M. Ouattara se moque bien de la légitimité et continu ses passages en force, en promulguant une constitution dont le taux de participation est de 5%.

Malgré la décision de la cour Africaine des droits de l’homme et des peuples du 18 novembre 2016 qui condamne le caractère discriminatoire et déséquilibré de la commission électorale « indépendante » de Côte d’Ivoire, M.Ouattara tient ses élections législatives du 18 décembre 2016 en prenant soin de choisir lui-même les candidats.

Peut-on affirmer qu’il a des aptitudes à respecter une décision qui n’émane pas de sa propre volonté ? A l’évidence, il est en total désaccord avec les valeurs démocratiques nonobstant la propagande démagogique faite par la presse internationale et celle du RHDP pour polir son image.

Me Kouassi André

Vice-Président du Parti de Gbagbo FPI

One comment

  1. Bien dit Maitre…..Ce monsieur est un dictateur et anti democrate.

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