Maître Koureyssi Ba, avocat sénégalais au barreau de Dakar : «Le 18 juin, Gbagbo sortira de La Haye»

Maître Koureyssi Ba, avocat sénégalais au barreau de Dakar : «Le 18 juin, Gbagbo sortira de La Haye»

L’avocat Me Koureyssi Ba est un habitué des grands dossiers. Ses connaissances des rouages de la justice internationale lui valent un respect mérité. Le Temps l’a interviewé sur des sujets brûlants de l’actualité internationale. L’entretien qui suit est un condensé de vérités que jamais personne n’a osé asséner à ce jour. Lisez plutôt.

Le Temps: Bonjour Me Koureyssi BA, cela fait un bon moment que vous n’avez pas donné de la voix, en tout cas en Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui explique ce silence?

Me Koureyssi BA: Bonjour, cher ami et frère. Je vous le concède sans difficulté ! Et je devrais même ajouter à l’intention de mes compatriotes ivoiriens : mea culpa, mea maxima culpa, avec la certitude d’être pardonné. Ceux qui m’ont suivi ont cependant compris les raisons de ce silence comme vous dites, qui n’était pas cependant constitutif d’absence. En réalité j’étais l’absent le plus présent car je n’ai pas eu le courage de déserter ne serait-ce une seule journée les réseaux sociaux, sur lesquels se joue, vous le savez, une partie intéressante de la lutte. Les camarades internautes ivoiriens pourront m’en porter témoignage.

Cela précisé, vous comprendrez qu’il y avait urgence au pays avec les échéances importantes de Février-Mars derniers qui requéraient la participation de tous les enfants du Sénégal. Moimême en particulier, qui ai été baptisé d’autorité du pseudo flatteur «le plus Sénégalais des Ivoiriens», je me savais visé par des observateurs qui étaient curieux de voir comment j’allais me comporter par rapport à l’urgence nationale qu’il y avait de nous débarrasser du président Wade qui commençait sérieusement à nous pomper l’air !

Comme si ce combat intérieur était divisible alors même qu’il a la particularité d’être multidimensionnel, global et systémique, la défense de la Côte d’Ivoire patriotique étant, au fond, indissociable des luttes qui se déroulent dans les pays du voisinage proche ou lointain confrontés aux mêmes réalités stratégiques. J’étais donc obligé de rester en permanence sur la ligne de front, apporter ma contribution sur les barricades citoyennes, et ce jusqu’au coup de sifflet final consacrant la chute du monstre.

Le Temps: Quels commentaires faites-vous de l’actualité dans votre pays, le Sénégal, qui vient de renouveler ses dirigeants au sommet ?

Me Koureyssi BA: Le Sénégal a vécu sa deuxième alternance au pouvoir en douze ans, ce grâce à la maturité de son peuple qui connaît à présent tout le parti qu’il peut tirer de son arme : la carte d’électeur. C’est ce peuple, et lui seul, qui a gagné. Macky Sall a été, d’ailleurs, le premier à le reconnaître dans son mot de remerciements au soir de son triomphe. Cela dit on a frôlé le pire, et je puis dire, rétrospectivement, que le Sénégal l’a échappé belle.

On s’acheminait à coup sûr vers la perpétration d’un coup de force électoral avec un Wade scotché dans la logique suicidaire de confisquer le pouvoir, encouragé en cela par le soutien sans réserve des institutions de l’Etat clientéliste qu’il avait mis en place. En face, un peuple debout et mobilisé comme jamais il ne l’avait été depuis le coup d’Etat constitutionnel ayant consisté à valider sa candidature de trop, avait décidé de combattre cette félonie et d’exiger qu’il dégage le plancher, rien moins que cela.

En fin de compte la sagesse, ou la terreur, c’est selon, a prévalu et force est restée au peuple. Le seul commentaire que m’inspire le bras-de-fer entre Wade et le peuple sénégalais, c’est que la voix du peuple est vraiment celle de Dieu. Et je suis tenté d’ajouter: si un peuple dit oui, qui va dire non ?

Le Temps: Le Président Abdoulaye Wade est parti du pouvoir, mais l’on sait comment il s’est obstiné à briguer un troisième mandat en violation de la Constitution du Sénégal. Comment analysez-vous cette malheureuse situation qui a fait de nombreux blessés et qui a failli dégénérer ? Quelles leçons le Sénégalais peut-il tirer de cet entêtement de l’ancien président d’un pays pourtant qualifié de vitrine de la démocratie en Afrique ?

Me Koureyssi BA: Pas seulement des centaines de blessés, hélas. Il y a eu également des morts, au moins 19. A l’heure du bilan, on peut regretter d’ailleurs ces pertes de vies humaines dans la mesure où les citoyens lambda n’avaient eu de cesse de multiplier les appels à la sérénité en direction des acteurs politiques. Pourtant le message de ces citoyens-électeurs avait été on ne saurait plus clair : «laissez-le faire, nous l’attendons de pied ferme au rendez-vous des urnes et nous lui ferons payer au prix fort toutes ces turpitudes» ! Seulement nos dirigeants politiques ont un problème, qui a encore été confirmé durant cette crise : ils ont un train de retard sur les citoyens, de loin plus responsables et plus conscients qu’eux. A la fin tout le monde politique s’est écrié : «tout ça pour ça», parce que, au fond, le citoyen-électeur n’est jamais pris au sérieux.

Cela dit, Wade s’est entêté, disons, de bonne foi. Il a été trompé sur toute la ligne. Ce serait injuste, donc, de jeter le vieux avec l’eau du bain ! Comme le disait l’autre, si nous trouvons médiocre le sommet de la pyramide de notre société, c’est en nous qu’il faut rechercher les fondations lui ayant permis d’être édifiée. Pour dire que le président nonagénaire n’était pas seul. Les dignitaires de son régime, aidés des services de renseignements, lui avaient ancré dans la tête l’idée qu’il était vital qu’il restât au pouvoir, encore et encore, le plus longtemps possible et tant que sa santé le lui permettrait, que tel était d’ailleurs le voeu des Sénégalais, grands rouspéteurs devant l’Eternel mais qui tenaient plus que tout à sa présence rassurante, et tutti quanti.

Le vieux, mégalo en diable, y a cru fermement, alors que tous ces larbins, menteurs et grands grilleurs d’arachides, dont pas un seul n’accepterait de voir son géniteur mener de simples activités sociales dans son propre quartier ou dans son village, ne prêchaient que pour leur paroisse en poussant dans le dos un vieux ayant dépassé depuis belle lurette la ménopause politique. Wade n’a compris que lorsque, la défaite advenue, il a commencé à enregistrer les défections, trahisons et procès en sorcellerie contre lui et son galopin imberbe, Karim, la source de tous ses malheurs. Aujourd’hui, il en est à chercher avec une torche ses derniers fidèles pendant que son parti part en lambeaux et se réduit à sa plus simple expression.

Le Temps: Le Président Wade n’a rien laissé à son successeur, il a vidé le palais présidentiel. Le monde entier a vu les images dans lesquelles son épouse, l’ex-Première dame ramassait tout jusqu’au tapis qui ornaient la grande salle des audiences sous l’oeil vigilant de son époux. Qu’est-ce qui s’est passé pour que le couple présidentiel sortant en arrive là ?

Me Koureyssi BA: Pour le commun des mortels, seul le recours à la psychanalyse pourrait expliquer à quel point un couple tout de même racé, civilisé, bon chic bon genre a pu tomber aussi bas. Il est vrai qu’en 26 ans de lutte pour la conquête du pouvoir le clan Wade s’est séparé d’une fortune considérable en vendant un à un tous ses biens. Il est encore vrai et démontré que la victoire inespérée de mars 2000 avait sauvé les Wade de la ruine. Mais cette frénésie dans le rattrapage ne peut pas expliquer que des gens tout de même respectables aient pu muter à ce point en prédateurs aussi gourmands, ce d’autant moins que le retour sur investissement avait pu être assuré dès leur première semaine d’accession au pouvoir d’Etat. A ce propos les Sénégalais ont en mémoire la confidence que le nouveau président avait faite à Idrissa Seck juste après la passation de service avec Abdou Diouf: «fini nos problèmes d’argent !». C’est là qu’ont commencé ces problèmes en fait pour les pauvres naïfs qui l’ont porté au pouvoir !

La fréquentation inespérée des émirs et autres têtes couronnées, l’entrée tardive dans des cénacles dont ils ont dû longtemps rêver ont dû rendre fous les Wade. En fait son histoire est un peu celle du gamin non habitué à l’argent et qui a ramassé un portefeuille contenant une fortune. Une fois le pouvoir obtenu, il était fatal qu’il fît la confusion entre le Trésor public et sa propre poche trouée !

Pour moi en tout cas, qui ai fréquenté cet homme au moment où ce n’était pas évident, ce n’est point une surprise. Je ris encore avec mes amis de l’ancienne équipe du Journal Sopi de l’amour immodéré de notre leader bienaimé pour les biens et cette anecdote du véhicule de liaison du journal revient toujours dans nos discussions. Le journal avait acquis une berline minable de marque Dacia flambant neuve et l’avait immatriculée au nom de Sopi-journal. Nous ne savions pas à quel point cet acte tout de même anodin avait fait mal à l’homme pour qui nous passions notre vie à braver les dangers. Tout le patrimoine du Pds était à son nom, jusqu’aux chaises en bois, jusqu’aux micros ! Et cette carte grise qui portait un autre nom, rien d’autre qu’une déclaration de guerre !

On ne perdait rien pour attendre, assurément. Il prit son mal en patience jusqu’à ce que le gouvernement de Diouf me jetât en prison. L’occasion lui fut donc donnée de réparer ce qu’il n’était pas loin de considérer comme une injustice. Il convoqua alors manu militari le chauffeur et le conduisit au service des mines pour y procéder derechef et en toute illégalité à la mutation en apposant son propre nom sur la carte grise ! Par pudeur et par respect pour vos lecteurs, je préfère vous faire grâce de ses autres glorieux faits d’armes annonciateurs d’une goinfrerie sans pareille et qui ont fait le lit de ce pillage in fine du Palais…

Le Temps: Malgré la tentative de confiscation du pouvoir par le clan Wade, les Sénégalais ont préféré Macky Sall au pape du Sopi. Quelles leçons peut-on tirer de ces présidentielles sénégalaises qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive ?

Me Koureyssi BA: Macky a eu la chance d’arriver deuxième au premier tour. Dès ce 26 Février sa victoire était consommée, le second tour se résumant, non pas à son élection, mais à un referendum pour ou contre Wade. Le vieux aurait été opposé à un cabri drapé dans un faso danfani qu’il aurait été battu de la même façon et avec le même score ! Mack devra donc prouver qu’il n’est pas un président par défaut. Les leçons tirées de la sortie de piste du vieil autocrate sont plurielles. Mais il m’est possible de les sérier en deux axes parce que ce sont des enseignements pour la postérité.

Sur l’axe horizontal, il y a deux leçons majeures. La première est que les Sénégalais savent désormais ce que signifie une Constitution, et ils payeront à chaque fois que cela sera nécessaire le prix qu’il faudra pour que chacun s’incline pieusement devant elle, désormais. La seconde est que la superstar de cette présidentielle, comme celle de 2000 d’ailleurs, reste le Pds, parti de la demande sociale, une machine qui va broyer systématiquement tout politicien qui serait tenté d’oublier que le pouvoir est un service pour le peuple, et non pour lui seul et sa clique.

Sur le plan vertical, il y a deux autres leçons majeures, un peu plus factuelles car liées à l’obstination de Wade, mais tout aussi pérennes : la naissance, la croissance prodigieusement rapide et l’arrivée à maturation du Mouvement M 23 né des flancs du mouvement hip–hop, d’une part, avec la germination d’une conscience citoyenne et républicaine qui a découvert son Mur des lamentations en la Place de l’Obélisque. Le «yen a marrisme», pardonnez-moi le néologisme, est le paradigme nouveau que la crise pré électorale de 2012 a permis aux Sénégalaises et Sénégalais de tous âges, de toutes conditions, ‘’d’ontologiser’’ dans la perspective des chocs inéluctables du futur qu’incarne cette inquiétante mondialisation. Il est dommage qu’un tel facteur-clef soit biaisé par les nouvelles autorités, si l’on se réfère au rôle folklorique qu’elles semblent vouloir confier à un département importantissime comme la Culture confié à un bac moins 9 ! En tout état de cause c’est un citoyen autre qui est sorti de cette crise, un nouveau type de citoyen qui ne se laissera plus marcher sur les pieds.

D’autre part, le vote religieux est mort de sa belle mort, et il ne se trouvera personne pour regretter cette mort salutaire. Très attachés à l’Islam confrérique, les Sénégalais, peuple musulman à 95% ont réussi à faire un départ définitif entre la sphère spirituelle et leurs intérêts stratégiques de survie. Et en toute honnêteté, ils doivent cette mutation salvatrice au seul Wade, lequel s’est évertué à exhiber la face la plus hideuse du cartel maraboutique tout le long de sa présidence. résultat des courses : aucun homme de Dieu digne de ce rang n’a osé donner le moindre début de consigne, d’abord parce que Wade qui a passé son temps à leur faire la guerre et à les diviser ne le méritait pas, ensuite parce que ces chefs religieux ont été outrés par la brutale répression des manifestations, enfin pour une raison empirique : ayant pris la mesure de la situation, ils étaient bien placés pour savoir que non seulement ils ne seraient pas entendus, mais aussi qu’une éventuelle consigne de vote ne leur serait pas pardonnée. Comme quoi, l’accession au pouvoir du seul président sénégalais à avoir avoué son passé maçonnique a eu du bon.

Le Temps: S’il vous fallait résumer en peu de mots les douze ans de Wade au pouvoir, que retiendriez-vous de son magistère?

Me Koureyssi BA: Question difficile ! Moi je retiendrais un mix de paradoxes : il a été un bâtisseur incomparable, mais son magistère a été un désastre moral, social et humanitaire sans précédent. Il a laissé un embryon prometteur d’infrastructures chèrement payées, mais aussi des caisses vides. Toute sa vie au pouvoir a été une course échevelée derrière les richesses, les biens immobiliers et les honneurs, mais tout cela n’a pas empêché son régime de s’effondrer dans des conditions frisant l’humiliation. Il a enrichi des pauvres et appauvri des riches, maniant avec dextérité prodigalité et méchanceté. Il a perturbé des gens tranquilles et assuré l’impunité de délinquants notoires, valsant avec talent à la fois avec l’équité et le déni de justice. Il a, enfin, créé un grand parti, mais il a aussi tué un grand parti, prouvant en cela son aptitude à dispenser des cours de rattrapage à Machiavel soimême.

Ce tableau schizophrénique serait incomplet si je n’y ajoutais pas certaines données croustillantes sur son état civil, que très peu de Sénégalais connaissent, ainsi que sur ses humanités. Mais enfin, tout ceci ne présente aucune sorte d’intérêt et il ne sert à rien, comme il nous l’a enseigné, de tirer sur une ambulance !

Le Temps: Peut-on qualifier la victoire de Macky Sall comme étant celle du renouveau sur l’ordre ancien ?

Me Koureyssi BA: Il faut l’espérer ! Ou alors ce serait à désespérer de tout. Macky Sall est un jeune Sénégalais né après les Indépendances. Fils d’une famille pauvre qui a été élevé dans la pénurie, il s’est forgé tout seul avec honneur et courage sans quitter une seule fois le territoire national. Il a d’abord milité chez les communistes avant de venir déposer ses pénates au Pds où je l’ai accueilli, encadré et formé au sein de la structure des cadres doublée de cercle d’amis que nous formions. Mais il a fort à faire, dans la mesure où, se sentant trahi par ses amis occidentaux, français et américains notamment à qui il a rendu des services signalés au point de s’aliéner les patriotes tiers-mondistes, Wade a développé dans l’entre deux tours ce discours souverainiste qu’il manie si bien !

Floué par ces parrains infidèles qui lui avaient promis de lui retourner l’ascenseur après ses piges en Côte d’Ivoire et à Benghazi, sachant sa dernière heure au pouvoir venue, il a viré spectaculairement en mode Mugabé et utilisé sans se gêner le moins du monde le lexique de Laurent Gbagbo, exhortant les électeurs à se méfier du candidat de l’étranger, eh oui, rien moins que ça ! En tout cas, Macky Sall sera surveillé comme du lait sur le feu sur cette question, à laquelle les franges jeunes de la population sénégalaise attachent un grand prix.

L’ordre ancien a fait les preuves de ses limites, et les priorités au Sénégal lui interdisent même un état de grâce. Il est à espérer que son escapade parisienne et la présence de quelques uns de ses ministres au meeting de la Place Concorde avec les renégats du rdr n’est tout au plus qu’un non-événement diplomatique et protocolaire. Sinon l’Alliance pour la république, son jeune parti béni, ne devrait avoir aucun atome crochu avec l’ump car elle n’a rien à gagner dans une telle aventure.

Le Temps: Abordons à présent, l’actualité hors du Sénégal. L’Afrique de l’Ouest enregistre un retour dommageable des coups d’Etat. Il y a eu le Mali, c’est au tour de la Guinée Bissau, un coup de force était-il nécessaire dans ces pays et qu’est-ce qui peut expliquer ce regain de putschs dans la sous région ouest africaine ?

Me Koureyssi BA: Nécessaire, je ne sais trop. En tout état de cause, ce que je puis observer, de façon froide, dès l’entame, c’est que ces coups de force contre l’ordre constitutionnel se ressemblent étrangement par rapport au contexte politique qui prévaut dans chaque pays au momentclef. Depuis la Côte d’Ivoire où la guerre a été faite à un régime légal et légitime après l’élection présidentielle, en passant par le Mali qui est victime d’un coup de force juste avant cette présidentielle, jusqu’à Bissau, cette fois pendant la présidentielle, entre les deux tours, il y a un lien digne d’intérêt à chercher ! Cela veut dire quelque chose, ne pensez surtout pas que ce soit dû au hasard, d’autant moins que dans tous ces pays qui ont connu au moins un coup d’Etat il y a une sorte de réserve de militaires putschistes toujours disponibles pour porter un coup d’arrêt brutal à l’expérience démocratique en cours. Avec une mention spéciale au Capitaine Sanogo du Mali et ses comparses, tous justiciables de la cour martiale pour avoir attaqué et déposé un pouvoir déjà confronté à une vraie guerre dans le nord du territoire.

Cherchons les motivations économiques, et si cela ne suffit pas les présupposés géostratégiques et psychologiques. Je n’ai aucun doute que les militaires maliens à qui l’impunité a été accordée ont agi sur ordre de Paris. Les frustrations de Total–Elf exclu du partage du bassin sédimentaire on-shore de Taoudénit ne sont un secret pour personne. Dans cette zone du nord malien, en effet, une cuvette de 5 km d’épaisseur et d’1 million 500 mille km2 couvrant, outre le Mali, des voisins que sont l’Algérie, le Burkina, le Niger et la Mauritanie, annonce un avenir radieux. Et le président ATT a été bien naïf de croire qu’il s’en tirerait ainsi, alors qu’il était dans la ligne de mire de Sarkozy depuis son refus de l’installation d’une base française et son peu d’empressement à aider les forces alliées à faire partir Gbagbo puis Khadafi.

A-t-il mésestimé l’avertissement de Juppé qui disait : une goutte de pétrole vaut bien une goutte de sang humain ? Ou pensait-il qu’à la veille de la fin du terme de son second mandat il était enfin sorti du champ des rancunes tenaces du locataire de l’Elysée ? En tout état de cause, en excluant du partage du gâteau le puissant groupe pétrolier français au profit de l’italienne Eni, de la compagnie australienne Baraka Petroleum, des Algériens de Sipex et enfin du groupe étatique angolais, le général ATT a ouvertement déclaré la guerre à l’ancien colon vorace et prédateur. Encore heureux qu’il ait eu la vie sauve et échappé à une humiliation programmée de la part des putschistes et des rebelles de l’Azawad qui, sous le faux mobile tenant à la présence d’Aqmi, sont chouchoutés et armés par Paris dont c’est la marque de fabrique et la culture d’entreprise ! La nouvelle tournure des choses en Guinée-Bissau n’est autre qu’une façon toute française de souhaiter la bienvenue au nouveau pouvoir à Dakar, en même temps qu’un chantage au retour et au renforcement des bases que Wade avait pu réussir à réduire à leur portion congrue.

C’est une humiliation que Paris n’arrivait toujours pas à digérer. Et tout rentrera dans l’ordre quand la France obtiendra ce qu’elle veut. Sinon, la rébellion casamançaise aura un renfort de taille en obtenant le territoire de repli qu’elle avait perdu avec les feus présidents Nino vieira et Malan Bécaye Sagna, et en escomptant pouvoir bénéficier de l’invasion de sa cousine d’Al Qaida à partir du sud mauritanien, donc du nord du Sénégal, à Dieu ne plaise, ce qui serait le premier exemple d’un pays pris en sandwich par deux rébellions.

Le Temps: La Cedeao s’apprête à intervenir militairement au Mali, pour, selon cette institution, rétablir l’intégrité territoriale contre les rébellions touarègues. Auriez-vous préféré une solution négociée ou celle de la force ?

Me Koureyssi BA: Je pense que tout ceci est du bluff. A tous les niveaux, la France tire les ficelles et elle agira selon ses intérêts supérieurs, la Cedeao n’étant maîtresse de rien du tout et n’exécutant servilement que ce qui lui sera demandé ! Encore que ce jugement risque d’être faussé par l’entrée en lice des Etats-unis qui n’entendent pas se laisser doubler, et qui ont positionné fort opportunément leur homme, l’astro-physicien et cosmonaute Cheikh Diarra de la Nasa au poste stratégique de Premier ministre… Si l’intérêt des prédateurs commande une partition du Mali à la soudanaise, alors, croyez-le bien, il n’y a aucune chance de voir les troupes de la Cedeao s’enliser dans les régions désertiques du nord ou dans les centres urbains de la zone-tampon avec le sud malien.

Si au contraire le Mali échappe à la chirurgie parce qu’il aura été généreux avec le pétrole de Taoudénit, eh bien, ce serait au détriment de son voisin de l’ouest, la Mauritanie, un pays ayant quitté la Cedeao comme on le sait. Ce pays héberge déjà un nombre appréciable de vétérans de la guerre libyenne qui pourront donner libre cours à leur barbarie pour instaurer dans l’indifférence générale leur nouvel ordre avec la bannière d’Aqmi.

Le Temps: Le 1er tour de l’élection présidentielle française a eu lieu le 22 avril, que signifie pour vous cette élection française, vous qui êtes un observateur attentif?

Me Koureyssi BA: Une occasion formidable de congédier un piètre président, et je pense que les électeurs français ne la laisseront pas passer. Ils voteront François Hollande en se pinçant le nez. Et rebelote pour nous Africains, puisque c’est kif kif entre la nouvelle extrême droite que représente l’ump et la nouvelle droite que constitue le Parti socialiste.

Le Temps: Y’a-t-il un ou des enjeux dans ces élections qui engagent l’Afrique? Lesquels?

Me Koureyssi BA: Evidemment, les enjeux ne manquent pas, particulièrement autour de la question centrale de la survivance du système crapuleux de la françafrique dont un farceur disait qu’il était devenu un logiciel dépassé. Mais soyons réalistes pour une fois. Ce qui est en jeu, ce sont les intérêts supérieurs de la France !

La feuille de route de François, deuxième du prénom après son vieil homonyme Mitterrand, est claire et nette par rapport aux piliers africains du pré-carré : poursuivre de plus belle l’asservissement, au besoin en substituant au langage ordurier de l’impoli Sarkozy un discours mielleux. Ne rêvons donc pas : ce n’est pas au moment où elle est en faillite sur tous les plans et qu’elle a le plus besoin de nos ressources que la France va desserrer son étreinte de rapace sur nos pays ! Tout indique en vérité que Hollande remplacera le vrp Sarkozy au service des mêmes maîtres du Cac 40 qui financent à fonds perdus tous ces opérateurs politiques. Tant pis pour ceux qui voudront croire autre chose !

Au sortir de cette présidentielle, il n’y aura donc, en définitive, aucun changement sauf si nousmêmes voulons briser nos chaînes. Il ne nous sera fait aucun cadeau. Et quand nous comprendrons enfin qu’il n’existe nulle part au monde un seul pays exclusivement francophone qui se soit développé, peut-être que nous prendrons enfin notre courage à deux mains pour nous émanciper. Sinon il est évident que certaines coteries africaines (suivez mon regard) installées par Sarkozy auront tout à craindre après que les électeurs français auront fini d’envoyer ce dernier à Limoges !

Le Temps: Le Congrès des Africains-Français a pris position pour le candidat socialiste François Hollande en appelant ses membres à un vote sanction contre Sarkozy. Quel sens peut-on donner à un tel appel d’Africains de nationalité française?

Me Koureyssi BA: Sarkozy a saoulé tout le monde et a réalisé l’exploit peu commun, c’en est un, de se mettre toutes les communautés sans exception à dos. J’ai suivi avec beaucoup de sympathie le Congrès de nos frères et soeurs Africains. Cette instance est incontestablement un signe des temps. La mobilisation de ces enfants de l’Afrique-mère est tout à leur honneur. Elle démontre qu’ils n’ont pas répudié leur passé et que, en dehors de ses racines, l’homme perd tout, jusqu’à son humanité. Soit dit en passant, un tel rassemblement devra être ritualisé, figurer dans l’agenda français. C’est une manière pour les Africains de prendre date, de démontrer qu’ils sont là et qu’il faudra compter avec eux. regardez un peu comment les Africains-Britanniques ont réussi à se constituer en groupe de pression à Londresmême.

Ils se sont organisés naturellement en interlocuteur incontournable des pouvoirs publics qui ne peuvent rien faire sans les consulter, recueillir leur avis. Ça, c’est du positif ! Il est vrai que cela commence par acheter des immeubles sur place, avoir pignon sur rue, investir tous les milieux à commencer par ceux du savoir et de l’argent, entrer dans les parlements, etc.

Dans le cas précis de nos amis parisiens, force est de constater qu’ils vont sanctionner les errements de Nicolas Sarkozy. Ils ne devraient pas s’arrêter en si bon chemin, après avoir rencontré son futur tombeur. L’Afrique tout entière attend leur participation à la grande bataille historique de La Haye, pour la libération du Président Laurent Gbagbo qui demeure la priorité des démocrates et des bonnes volontés de tous horizons. Parallèlement à ce combat, la diaspora est également interpellée sur les suites judiciaires à donner aux agissements de Sarkozy et de son clan, toutes ces personnes devant répondre devant la justice appropriée des immenses dégâts qu’elles ont causés partout sur leur passage.

Le Temps: L’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo s’est invité à son corps défendant dans les débats de campagne des candidats à ces élections françaises. Qu’est-ce qui explique cette omniprésence de l’Ivoirien bien que ce dernier soit en détention à la Cpi ?

Me Koureyssi BA: Sa dimension exceptionnelle, la médiatisation planétaire de la crise ivoirienne, son épilogue tout à fait singulier et le fait que le Président des Ivoiriens soit la preuve, heureusement vivante, des dérives d’un petit groupe d’hommes et de femmes s’étant arrogé le droit de parler et d’agir au nom de la communauté internationale. Gbagbo est devenu la mauvaise conscience du monde entier qui a laissé se perpétrer dans la durée un des plus graves actes de banditisme de l’histoire moderne, sans lever le plus petit doigt. Evidemment, la classe politique française est la plus interpellée, pour des raisons qu’il n’est point besoin d’énumérer.

Aujourd’hui, comme la roue de l’histoire tourne, le moment de la reddition des comptes est venu. Dans la mesure où rien ne semblait arrêter l’ardeur des agresseurs de la Côte d’Ivoire dans leur projet funeste de liquidation totale d’un Président légal et légitime, comme pour bien faire les choses, c’est le prétoire de la Cpi où ils l’ont déporté qui est appelé à abriter ce grand moment. Sentant le formidable bénéfice qu’il tirerait de cette non moins fantastique tribune, le tribun hors-pair a délimité le cadre du débat dès sa comparution préliminaire. Cette lucidité a eu pour effets tangibles le réveil de ses partisans, certes, mais également l’installation de la polémique dans l’espace politique français, géographiquement plus proche de La Haye que de Korhogo !

Le Temps: La Côte d’Ivoire vit une dictature ambiante et les organisations nationales et internationales de défense des Droits de l’Homme continuent d’accuser le régime Ouattara de tueries massives notamment dans le Sud et à l’Ouest du pays. Les persécutions et les emprisonnements des pro-Gbagbo sont quasi quotidiens. Du Sénégal quel regard portez-vous sur le nouveau pouvoir en Côte d’Ivoire ?

Me Koureyssi BA: Un regard plein de honte pour une grande majorité qui découvre sur le tard qu’elle a été leurrée par la savante campagne d’intox des médias bleu-blanc-rouge, dupée par l’hypocrisie d’un Soro et de son mentor dont on se rend enfin compte qu’ils ne pouvaient battre personne. un regard de colère parce que le vrai visage de Wade, qui a passé son temps à se délecter pendant la répression sauvage des récentes manifestations citoyennes au Sénégal, son vrai visage d’homme sans coeur, a pu être perçu enfin, parce que la plupart de mes compatriotes ne cernaient pas bien les contours de son soutien au binôme infernal Ouattara-Soro. L’incompréhension, aussi, parce que les Sénégalais ne comprennent pas pourquoi les Ivoiriens ne se révoltent pas contre le tyran qui continue de les persécuter !

Moi-même, je ne suis pas loin de penser comme la grande majorité de mes compatriotes. Mais j’ai sur eux l’avantage distinctif de la sérénité que confère une connaissance plus fine des réalités ivoiriennes. Et je demeure convaincu que ce régime de terreur ne perd rien pour at-tendre !

Le Temps: Le régime Ouattara a-t-il des chances de rassembler les Ivoiriens autour d’un même idéal de réconciliation nationale, dans un contexte d’exclusion de Laurent Gbagbo et des dignitaires de la Refondation incarcérés et en exil ?

Me Koureyssi BA: C’est une mission impossible ! Ces gens-là savent-ils même ce que cela signifie, la réconciliation, le rassemblement ? Ce sont des vocables qui ne figurent pas dans leur culture, désolé ! Des gens qui ont privilégié et théorisé la violence comme mode d’accession au pouvoir ne peuvent être que frappés par la malédiction, une fois le pouvoir obtenu. rassembler, réconcilier, panser les plaies leur seront impossibles, même si tel est leur désir ! Au contraire, ils ne vont poser que des actes illisibles, incompréhensibles, qui n’auront pour effet que d’éloigner davantage l’horizon de la paix, de la concorde et de l’union nationale.

Cela est tellement vrai que je vous le demande, à mon tour : en dehors d’une phraséologie remplie de vide et de néant, quel acte fort les avez-vous vus poser ? Quelle preuve de courage politique, de générosité, de grandeur tout court a été faite au soutien de ce projet hypocrite de réconciliation ? D’ailleurs, pour clore le débat, pensez-vous réellement qu’un homme politique moderne qui pousse la nullité jusqu’à attribuer publiquement la paternité du rêve de Martin Luther King à Kennedy puisse être à la hauteur des espérances de tout un peuple ? En vérité il y a quelque part un problème inquiétant de niveau…

Le Temps: Lors de sa première comparution à la Cpi, le 5 décembre 2011, le président Gbagbo a publiquement accusé la France d’avoir «fait le travail». Aucune réponse officielle n’est venue des autorités de ce pays pour confirmer ou récuser cette accusation. Doit-on comprendre par là que le dossier de l’ex-président est défendable du point de vue du droit ?

Me Koureyssi BA: En droit, comme en fait ! Mais la question ne se pose pas en ces termes. Il n’y a pas de dossier, pas plus qu’il n’y a un ex-président. Il y a un président victime d’un coup d’Etat, et une accusation grotesque pour faire passer la pilule amère de ce coup d’Etat. C’est tout. Tout le reste n’est qu’élucubrations. La France officielle sait, nous savons, et, comme on dit au Sénégal, «on se sait». En droit comme en fait, je n’aimerais pas être à la place de ceux qui vont juger ce dossier. Il y a aussi le fait qu’après plusieurs enquêtes, la Cpi a trouvé le Président Laurent Gbagbo «indigent», du coup une des accusations portées contre lui, à savoir «crimes économiques», devient erronée…

Grâces soient rendues à Dieu ! Mais aussi à ses merveilleux parents qui ont donné à leur pas et à l’Afrique un homme probe, propre et digne. Quel meilleur hommage pourrait être rendu à un leader accusé des crimes les plus abjects qui rebutent la conscience universelle ? Les vénérables juges appelés à statuer devront être bien intrigués devant ce chef de guerre, criminel de masse et redoutable génocidaire dont on dit pourtant qu’il a eu le plus grand respect pour les deniers publics !

Le Temps: Le procès de Laurent Gbagbo à la Cpi reprend le 18 juin 2012, une date que l’Afrique digne attend ardemment. Y’a-t-il des chances que l’ancien chef d’Etat ivoirien recouvre la liberté?

Me Koureyssi BA: Absolument !

Le Temps: A supposer que Laurent Gbagbo recouvre la liberté et l’entièreté de ses droits, du point de vue du droit, peuton évoquer son probable retour aux affaires dans son pays ?

Me Koureyssi BA: Le Président est dans la situation d’un chef d’Etat légal et légitime empêché de faire son travail, d’exercer le mandat pour lequel il a été élu au suffrage universel direct par l’écrasante majorité de ses compatriotes. Ici il faut voir l’empêchement comme une contrainte extérieure indépendante de sa volonté, et violente à ce point qu’elle a eu pour conséquence d’entraver le fonctionnement normal de l’institution que représente ce chef d’Etat.

Il est normal qu’une fois constatée la cessation des effets de cette contrainte ayant toutes les caractéristiques d’un cas de force de majeure, le chef d’Etat en question recouvre la totalité de son imperium. Point n’est besoin à ce moment pour lui de sacrifier à une réédition de la séance solennelle du serment déjà prêté : on considère que le mandat qui n’avait été que suspendu continue de courir son plein et entier effet, comme si le Président sortait d’une indisponibilité passagère du genre sortie de clinique, ce à quoi n’est pas loin de ressembler le cagibi de Korhogo ou la Cpi, soit dit en passant !

Vous savez, nous sommes d’une sérénité absolue et notre confiance est inébranlable sur ce point pour l’avoir annoncé, dit et redit. Dans un futur proche qui n’appartient qu’à Dieu et à Lui seul, le transfert-enlèvement ou l’extradition-déportation de Korhogo vers La Haye livrera tous ses secrets.

Le Temps: Les opinions parlent de plus en plus du deuxième Nelson Mandela du continent noir, parlant de Laurent Gbagbo, partagez-vous cet avis ?

Me Koureyssi BA: Non, pour la bonne raison que moi je ne fais pas du fétichisme sur Mandela. A tous points de vue c’est un grand homme, et je lui voue un immense respect. A travers son histoire protéiforme, le continent a eu très peu de figures de sa dimension, qu’on peut compter sur les doigts d’une seule main, ou si ça ne suffit pas, des deux mains. Victime d’un système ignoble, il a passé vingt-sept parmi les plus belles années de sa vie entre quatre murs, sans renoncer une seule fois à son idéal. Cette patience dans l’épreuve lui sera finalement profitable du fait des dividendes consubstantiels à la maturation des idéaux portant son combat contre ce système.

C’est pourquoi la communauté internationale, prise en flagrant délit de sieste prolongée, avait fini par prendre en mains ce combat pour le porter aux nues en l’accompagnant au pouvoir suprême. un pouvoir mille fois mérité qui fut donc un long fleuve tranquille, et qu’il quittera en définitive avec les honneurs éternels.

Ce parcours est beau, mais il y a plus beau : celui de Laurent Gbagbo, qui donne la chair de poule. Le Président Laurent Gbagbo, contrairement à l’icône sud-africaine, n’aura à aucun moment la paix après avoir fait le même chemin de croix sous un pouvoir autrement abominable qu’il a affronté avec dignité et détermination pendant le même nombre d’années, sans une seule concession ni le moindre reniement. Et la ressemblance s’arrête là. Car lui n’aura pas, à son accession au pouvoir mille fois mérité, droit à un seul jour de paix. Déclaré ennemi public numéro un par cette communauté internationale ne pouvant se résoudre à son accession au pouvoir, il dépensera son énergie à feinter les balles assassines, déjouer les coups d’Etat, gérer des crises, défendre son pays attaqué, lutter contre les résolutions mesquines du Conseil de sécurité, le tout sous la contrainte de la satisfaction de la demande sociale dans un pays coupé en deux par une rébellion prise en autostop par l’Onu et ses animateurs.

Quel homme politique contemporain a enduré un tel calvaire, je vous le demande ? Pas un seul à ma connaissance. A tous points de vue Gbagbo est le plus grand de nos hommes politiques. Il est l’empereur de la nouvelle Afrique. Les jaloux peuvent maigrir, mais c’est comme cela !

Interview réalisée par Simplice ALLARD

Source: Le Temps

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One comment

  1. Voilà des gens qui veulent donner insomnies et diarrhées à Dramane Watra et sa clique de R-attrapeurs tribalistes! En effet,la seule idée que SEM Gbagbo sorte de l’embricadement forcé de la france à la Haye donne des chiasses à l’imposteur qui n’a jamais la moindre pensée du retour du Vrai Vainqueur des élections de 2010!Dramane est trop conscient qu’une sortie de SEM Gbagbo est sa débâcle!Lui et son confrère Beau Blaise vont sauter clôture,mais pour aller où?Au Faso?En France?Aussi,lui et sa clique franc-maçonnique, juivo-affairiste de la mafia des pilleurs mettent-ils les bouchées quintuples en corruption pour qu’un tel projet de libération soit enterré dans l’œuf;car à la vérité,rien,ni les témoignages fabriqués ni les montages grotesques de McDonald n’ont pu lever ou donner un moindre soupçon que le Digne Fils de Mama est coupable de quoi que ce soit!Le monde entier,même Hussein Obama s’est rendu compte que Pov’Con Sarkozy les a tous trompés trempés dans la miarde!Alors évitez le suicide du petit démon qui règne sur la Côte d’Ivoire!

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