Malgré les sorties de Mamadou Koulibaly contre Gbagbo, le FPI avance avance et Gbagbo reviendra

Malgré les sorties de Mamadou Koulibaly contre Gbagbo, le FPI avance avance et Gbagbo reviendra

L’actualité ivoirienne, ces temps derniers, est dominée par le “Goudegate”, depuis ces fameuses images de Blé Goudé à la DST  jusqu’à aujourd’hui son transfèrement à la CPI par Alassane Ouattara. Ce qui nous a fait mettre notre contribution en veilleuse pour nous intéresser à cette affaire.

Mais, revenons à nos moutons.

Dans une adresse aux ivoiriens, Mamadou Koulibaly a clarifié sa position sur le débat sur l’éligibilité de Monsieur Alassane Ouattara qui selon lui, est un faux débat. Et, cela à la suite de nombreux messages de personnes qui ne comprenaient pas sa position.

Il s’est expliqué. Est-il arrivé à convaincre les Ivoiriens comme il l’espérait ? Nous croyons que non.

Les ivoiriens ont compris que toutes ses sorties sont fondées sur la haine contre Laurent Gbagbo, ses ex-camarades de lutte et le FPI.

La sortie de Mamadou Koulibaly est une réponse au débat soulevé par le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan qui lors de la présentation de vœux de son parti avait dit que Monsieur Alassane Ouattara n’était pas éligible.

Nous aurions voulu de nous abstenir de commentaire sur cette sortie de l’ancien président l’Assemblée Nationale, mais les faits sont têtus et nous taire serait une injure à ces nombreux ivoiriens et ivoiriennes qui sont tombés pour la défense de la mère patrie.

D’abord le débat soulevé par le président du FPI ne peut être un faux débat parce qu’il engage la vie de toute une nation. Et, si le premier ministre Pascal Affi N’Guessan a lâché cette bombe qui dérange tant Mamadou Koulibaly aujourd’hui juriste du RDR, c’est qu’elle a été auparavant étudié par les juristes du parti à la rose comme tout parti bien organisé.

 

Pourquoi Alassane Ouattara est un président exceptionnel ?

Pour rappel, c’est un arrêt d’octobre 2000 de la chambre constitutionnelle alors dirigée par Me Tia Koné qui déclarait Alassane Dramane Ouattara inéligible en vertu de l’Article 35 de notre Constitution qui dispose que tout candidat à l’élection présidentielle « doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine ». De plus, « il doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne » et « il ne doit jamais s’être prévalu d’une autre nationalité ».

Pour contourner cet arrêt et sortir le pays de la guerre où l’avait plongé la rébellion 10 ans durant, le président Laurent Gbagbo s’appuyant sur les accords de Pretoria 2005 et une lettre du Médiateur Thabo M’Beki a usé de l’Article 48 de la Constitution Ivoirienne pour faire du président, un candidat à titre exceptionnel.

 

Extrait : Discours du président Laurent Gbagbo le 28/04/2005

« J’ai noté que l’Accord de Marcoussis était un mauvais accord. Mais, j’ai accepté de l’appliquer parce que dans cet accord, il y avait deux choses essentielles :

1 – Le désarmement des rebelles, dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale.

2 – Le principe que toute modification constitutionnelle devrait se faire par les voies indiquées par la Constitution.

(…) Le problème n’est ni la réinsertion des mutins, ni l’article 35 de la Constitution mais la candidature d’un homme à la présidence de la République de Côte d’Ivoire ; Monsieur Alassane Dramane Ouattara. C’est la substance de l’Accord de Pretoria et de la lettre du Médiateur. Vous (Le peuple de Côte d’Ivoire) m’avez dit que l’accord de Pretoria et la lettre du Médiateur peuvent et doivent nous aider à mettre fin à la guerre et ramener la paix en Côte d’Ivoire, dans le respect de notre Constitution.

(…) Prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le président de l’Assemblée Nationale et le président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en œuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide :

 

Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud Africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005 (octobre 2012) ».

Même, la non prise d’une nouvelle décision en 2010 bien qu’elle soit illégale comme le prétend Mamadou Koulibaly, ne lève pas l’exceptionnalité de la présidence de M. Ouattara. Dans l’esprit et la lettre des accords, M. Ouattara devrait se présenter uniquement à une et une seule élection présidentielle en Côte d’Ivoire quel qu’en soit la date. C’est  cette garantie qui a amené le président Laurent Gbagbo à faire avaler cette pilule au peuple. Celle de 2005 n’ayant pas eu lieu, c’est logiquement du monde qu’il s’est présenté à celle de 2010. Et, c’est la dernière. Voilà pourquoi il est un président exceptionnel.

Parce que la Constitution ivoirienne n’a pas changé et  une des choses essentielles de l’Accord de Marcoussis est que le principe que toute modification constitutionnelle devrait se faire par les voies indiquées par la Constitution.

Et, ce n’est pas le président de Lider qui dira le contraire.

Aujourd’hui, Mamadou Koulibaly accuse ses ex-camarades d’inconséquents parce qu’ils ont défendu hier Marcoussis et ses avatars. Mais, et lui qu’est ce qu’il a fait hier ? Il était le premier à croire que M. Ouattara perdrait les élections si……… (Vous lirez la suite). Il est celui qui justifiait pourquoi le président Laurent Gbagbo était obligé d’accepter ce mauvais médicament qu’est Marcoussis. Aujourd’hui, l’homme a fait sa mue en devenant avocat de Ouattara. Non d’un chien !

 

Lisons ensemble son interview : (Le Courrier N°586 – 12/12/2005) 

–          L’actualité, ce sont les négociations de Pretoria. Le président sud-africain, Thabo Mbeki, demande au président Gbagbo d’user de ses prérogatives constitutionnelles pour admettre la candidature d’Alassane Dramane Ouattara par le biais de l’application de l’article 48 de la Constitution ivoirienne. Que pensez-vous, dans la mise en œuvre d’un processus de négociations de paix, d’une telle suggestion ?

–          M.K : Je trouve qu’il n’est pas juste de faire une telle suggestion. Je pense qu’il n’est pas efficace de faire une telle suggestion. Je pense qu’il n’est pas légal de faire une telle proposition. Mais, je pense que si le médiateur a fait une telle proposition à Gbagbo Laurent, c’est qu’il a pesé toutes les possibilités qui existent et il s’est rendu compte que ni le droit, ni la politique, ne peuvent permettre de trouver une solution. Et, il s’est donc résolu à reconnaître que c’est la force qui va le permettre. Et, Gbagbo, donc, se soumet parce qu’il a beaucoup de respect pour le médiateur et pour l’Union Africaine (UA) qui l’a suggéré. Il se soumet parce que c’est le prix à payer pour la paix en Côte d’Ivoire. Il se soumet parce que Thabo Mbeki compte sur la Côte d’Ivoire, la RDC, et les autres pays africains pour que nous puissions enclencher ce processus qui va vers la renaissance de l’Afrique. Et, Gbagbo y a consenti pour la dignité des Africains. Mais, j’avoue que ce n’est pas légal, ce n’est pas politiquement correct. Mais, si nous avons une force d’occupation dans notre pays qui refuse que les assaillants soient désarmés et qu’on nous impose, absolument, de faire ça pour pouvoir nous en sortir, Gbagbo cède. Et, puis on verra.

 

–          Aujourd’hui, le président Gbagbo a accepté le principe de la candidature d’Alassane Dramane Ouattara. Qu’est ce qui a été déterminant dans la volonté présidentielle ?

–          M.K : Le président Gbagbo a expliqué que les populations ivoiriennes étaient épuisées. Aussi bien celles des zones non occupées que celles prises en otage par les rebelles. Il reçoit des demandes de toutes les populations pour que ça finisse maintenant. Il les a écoutées, tout le monde lui a dit : « Nous sommes contre, nous ne sommes pas du tout favorables. Puisque nous sommes seuls face à la France et que le monde entier suit la France, nous n’avons pas d’autre choix que de le faire »

 

–          Ne pensez-vous pas que la France a eu gain de cause sur le président Gbagbo ?

–          M.K : Oui, elle est arrivée à avoir gain de cause sur le président Gbagbo. Mais, elle n’a pas eu gain de cause sur le peuple de Côte d’Ivoire. Gbagbo a utilisé des pouvoirs exceptionnels pour permettre à Ouattara d’être éligible. Mais, les ivoiriens n’ont pas changé leur Constitution pour rendre Ouattara éligible.

 

–          Et, comment analysez-vous cette éventuelle candidature de Ouattara ?

–          M.K : Oh ! on verra bien. Qu’il vienne, qu’il fasse campagne et puis qu’on aille à des élections  sans triche, sans vol. et, puis on verra. Parce que l’article 48 utilisé et la lettre formulée par le médiateur disent que cette candidature est exceptionnellement autorisée pour les élections de 2005, seulement.

 

–          Vous continuez à persister que Ouattara est une marionnette de la France ?

–          M.K : Je pense que tout le monde entier le sait. Si la France a été obligé de tuer des dizaines et des dizaines de jeunes ivoiriens, simplement pour arriver à imposer, avec son armée, la candidature de Ouattara, c’est que, quand même, Ouattara n’est pas rien sans la France.

Mamadou Koulibaly songerait à s’inspirer des cours de son maître Laurent Gbagbo, pour faire de Lider un vrai parti d’opposition  avec ces 3% de suffrages obtenus car il parle il parle mais le Fpi avance. Lui qui croyait le FPI mort n’a que ces yeux pour pleurer.

Qui vivra verra.

 

Charles Tiekpo

tiekpocharles@yahoo.fr

 

 

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