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Malgré sa mauvaise foi, Bensouda admet que Ouattara a recruté des mercenaires. Elle dévoile une bombe contre Soro

Malgré sa mauvaise foi, Bensouda admet que Ouattara a recruté des mercenaires. Elle dévoile une bombe contre Soro

Obligée de fournir un certain nombre d’informations aux juges sur la composition, le rôle et l’activisme des forces «pro-Ouattara» durant la guerre post-électorale, la procureure auprès de la CPI et son équipe livrent des données qui, par moments, remettent en cause leur «narratif» partisan.

Hier, la Cour pénale internationale (CPI) a rendu publique la «version publique expurgée» des observations écrites finales du Procureur relative à la procédure de confirmation (ou non) des charges contre le président Laurent Gbagbo. Des accusations et griefs qui ne diffèrent pas beaucoup, dans le fond, de ceux qui avaient déjà été émis lors de la première procédure au terme de laquelle les juges de la Chambre préliminaire I avaient estimé que les preuves de l’Accusation étaient notoirement «insuffisantes».

Ce qui est le plus intéressant dans le dernier lot de documents mis à la disposition des observateurs, c’est assurément les annexes 6 et 7 des observations du Procureur. En effet, ces annexes ont une histoire. Elles contiennent des informations qui font suite à l’injonction faite le 3 juin 2013, par la Chambre préliminaire I, au bureau du procureur. Ce dernier était enjoint de conduire «de plus larges investigations» sur les «positions, mouvements et activités» des groupes anti-Gbagbo, comme le «Commando invisible» et les Forces nouvelles entre novembre 2010 et mai 2011, ainsi que sur les confrontations entre les forces opposées.

Pour ne pas avoir à trop altérer son «narratif» qui met en scène des «forces pro-Gbagbo» déchaînées contre des civils désarmés, Fatou Bensouda isole les informations sur les groupes armés pro-Ouattara dans des annexes. Mais la lecture de ces annexes, rédigées à reculons, avec le minimum de précisions, est très instructive. Par moments, elle remet totalement en cause l’argumentaire de l’Accusation.

Quand les FAFN préparaient la guerre… avant même la crise postélectorale!

«Le 30 novembre 2010, suite au début de la crise post-électorale, la structure du Centre de commandement intégré (CCI) a été démantelée ; les éléments des FDS et les FAFN ont été appelés à retourner au sein de leurs unités respectives. Pourtant, un certain nombre d’éléments des FAFN venus à Abidjan sécuriser les élections sont allés à l’hôtel du Golf au lieu de retourner dans le Nord», peut-on lire dans le document de Fatou Bensouda.

Des vérités côtoient des mensonges pour masquer une gêne. En effet, on ne peut pas dire que la crise postélectorale avait commencé le 30 novembre 2010, dans la mesure où le processus en était encore à la réception et au dépouillement des resultats du second tour qui avait eu lieu le 28 novembre. On ne peut pas non plus dire que le CCI avait été démantelé mais que le dispositif de sécurisation des élections, qui prévoyait la montée de FDS dans le nord et la descente des FAFN dans le sud avait été «défait» parce qu’il n’avait plus lieu d’être.

Pourquoi ces éléments de l’ex-rébellion s’étaient-ils donc, avant le contentieux électoral, déjà rebellés de nouveau contre leur autorité, tandis que d’autres étaient retournés à leurs bases, comme l’indique notamment l’édition du 1er décembre 2010 du quotidien Fraternité Matin ? Pourquoi avaient-ils choisi de rejoindre la «place forte» du candidat Ouattara et d’un Premier ministre issu de leurs rangs qui affectait la neutralité tout en «collant» physiquement à un des deux protagonistes ?

Tout cela avant toute proclamation de résultats, qu’ils soient provisoires (CEI) ou définitifs (Conseil constitutionnel). Manifestement, un «plan commun» était déjà en place et une guerre déjà en préparation par le camp Ouattara !

Des troupes d’élite de la rébellion ontelles été héliportées vers l’Hôtel du Golf?

Dans son document, Fatou Bensouda fait état de l’existence d’un rapport de renseignement gouvernemental faisant état de la présence, à l’Hôtel du Golf, de 1575 combattants appartenant, non pas au CCI, mais aux troupes d’élite des Forces armées des forces nouvelles : 475 éléments de la Compagnie «Anaconda» de Wattao, 600 éléments de l’écurie de Chérif Ousmane et 500 de la compagnie «Fansara» de Fofié Kouakou. Un véritable casting guerrier. Comment ontils procédé pour arriver à l’hôtel du Golf avec armes et bagages, où se trouvaient déjà des Casques bleus fort accommodants, alors qu’Abidjan demeurait sous le contrôle des Forces de défense et de sécurité (FDS) ? La thèse selon laquelle des rebelles ont été héliportés du Nord jusqu’à Abidjan – et il n’y a que l’ONUCI et l’armée française qui ont pu le faire – s’en trouve forcément renforcée.

Près de 5 000 mercenaires étrangers dans le rang des pro-Ouattara !

A plusieurs reprises, le caractère «multinational» des forces pro-Ouattara et l’importance considérable de «chiens de guerre» et de «mercenaires» en leur sein ont été dénoncés par des observateurs ivoiriens, dans l’indifférence d’une presse internationale qui préférait regarder en direction des «miliciens » pro-gouvernementaux. «Plusieurs sources indiquent qu’au sein des FAFN/FRCI combattaient des éléments qui étaient originaires des pays voisins : Mali, Burkina Faso et Guinée. De plus, il est prouvé que des mercenaires libériens étaient parmi les forces pro-Ouattara.

Manifestement à peu près 300 mercenaires ont été recrutés entre janvier et mars 2011 ; et ils étaient actifs dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire sous la direction du commandant des FAFN/FRCI Eddy Mindi [Medi, ndlr]. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU fournit une estimation non corroborée (sic !) de 4 500 mercenaires étrangers dans le camp pro-Ouattara», écrit l’équipe de Fatou Bensouda.

Des mouvements armés pro-Ouattara à Abobo avant même la proclamation des résultats du second tour

Une des conséquences du travail demandé par les juges à la Procureure, c’est qu’elle admet la réalité de «l’attaque contre les positions des FDS au carrefour Marie-Thérèse Houphouët-Boigny» le 16 décembre 2010. Une attaque qui a entraîné la mort de deux soldats loyalistes. Elle admet que dès le 3 décembre 2010, un policier avait déjà été tué par des insurgés à Abobo. Elle admet que le 16 décembre 2010, jour de la marche «pacifique» vers la RTI, trois membres de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) ont été tués à Abobo PK 18 ; et qu’un policier a été tué par des assaillants le même jour.

En dépit de toute sa mauvaise foi, l’équipe de Fatou Bensouda décompte plusieurs dizaines de morts à Abobo parmi les forces de l’ordre et les civils, victimes d’attaques du «commando invisible». Même si elle «oublie» de fournir le bilan de la descente meurtrière des FRCI dans le Sud du pays, notamment à Duékoué, où des centaines de civils ont été assassinés notamment au quartier Carrefour.

Fatou Bensouda se refuse à planter le décor général, et à mettre en relation les combats sur le terrain, les pertes de soldats d’un côté et de l’autre, et les morts civils d’un côté et de l’autre. Une telle mise en perspective permettrait de savoir s’il s’agissait, pour le président Gbagbo et son appareil sécuritaire, de répondre à des assauts rebelles meurtriers – avec les possibles bavures et dérives inévitables dans ce genre de situation – ou s’ils voulaient tuer pour tuer. Bensouda se refuse à cet effort de clarification. Elle sait pourquoi.

Philippe Brou

Source: Le Nouveau Courrier

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