Mali: Le plan du MNLA pour faire main basse sur les régions de Tombouctou, Gao et Kidal appelées a été élaboré en Europe et y circule abondamment depuis le 12 juin

Mali: Le plan du MNLA pour faire main basse sur les régions de Tombouctou, Gao et Kidal appelées a été élaboré en Europe et y circule abondamment depuis le 12 juin

En prélude aux futures négociations, devant se tenir à Alger dans les prochains jours, entre le gouvernement du Mali et les groupes armés que sont le MNLA, le HCUA et le MAA, entre autres, la  » Cellule MNLA en Europe  » a produit, le 12 juin dernier, un document intitulé « Projet d’institution pour un statut particulier de l’Azawad « .

Dans ledit document, il est écrit que  » la nouvelle collectivité de l’Azawad se substitue aux régions de Tombouctou, Gao et Kidal y compris leurs cercles « . La nouvelle entité sera  » dotée de l’autonomie de gestion  » et  » exercera les compétences actuellement dévolues aux régions et cercles du Nord « . Elle sera représentée au sein des instances de l’Union Africaine.

A la lecture de ce document, l’on se demande bien si ce  » statut particulier  » n’est-il pas la première marche vers  » l’indépendance de l’Azawad « ?

Comme il a été constaté depuis des années, le MNLA a toujours spéculé, aidé en cela par ses conseillers occidentaux qui se gavent de ses mensonges, sur le fait que l’Etat malienpratiquerait délibérément «  une politique contre le développement de l’Azawad en favorisant l’insécurité, l’analphabétisme et la division des populations « .

Pour le MNLA,  » certains comportement de nos autorités locales ne favorisent pas un développement de ces régions au sens où l’espèrent les populations concernées « . Avec ces contrevérités et ce tissu de mensonges, le MNLA et ses alliés occidentaux sont parvenus à s’attirer les faveurs d’une frange de décideurs dans différents pays européens, principalement en France et en Suisse, les deux pays où les rebelles du MNLA bénéficient d’une oreille attentive à leur velléité de sécession.

Compte tenu de tous facteurs, et aussi par manque d’une politique cohérente de communication du gouvernement malien, le MNLA est en passe de réussir son pari : à savoir négocier d’abord une  » autonomie de gestion  » en se dotant d’institutions telles le  » Conseil Territorial de l’Azawad  » (une sorte de parlement) composé de 60 membres dont le siège est fixé à Gao, le  » Conseil Exécutif de l’Azawad  » (le gouvernement) composé de 30 membres dont le siège est fixé à Kidal. Ce conseil et son président sont élus par le Conseil Territorial.

En plus, l’Azawad est dotée d’un Conseil économique, social, culturel, de l’environnement et de l’éducation dont le siège est fixé à Tombouctou. Quant au Conseil de la Jeunesse, son siège est fixé à Gossi.

L’Azawad représentée au sein des instances de l’Union Africaine

Comme on le voit,  » la collectivité de l’Azawad se substitue aux régions de Tombouctou, Gao et Kidal…et exercera les compétences dévolues à ces régions et à leurs cercles « . Selon le projet de statut particulier, l’Azawad  » réglementera et exercera le droit d’exploitation des ressources naturelles biologiques et non biologiques du plateau de Taoudéni et de toute autre zone « .

En matière de politique étrangère, l’Azawad «  dans ses domaines de compétence pourra négocier…des accords avec les Etats voisins ou organismes régionaux et conclure…des conventions avec des autorités locales étrangères… « .

Dans le domaine des compétences associées avec l’Etat, «  l’Azawad participe aux négociations des traités et accords internationaux, participe à un espace de coopération judiciaire et douanière. Elle est représentée au sein des organismes régionaux et des instances de l’Union Africaine « . Dans le domaine du sport, elle  » définit l’hymne et l’emblème pour les sportifs qui représentent l’Azawad dans les compétitions interrégionales et internationales « .

De même que l’Azawad  » fixera les règles applicables dans les matières suivantes : impôts, droits et taxes, la politique étrangère, accès au travail des étrangers, mines, tourisme, etc. « . Le document propose en outre un programme exceptionnel d’investissement d’une durée de quinze ans à négocier avec le gouvernement lors de la préparation de la loi organique fixant le statut de la nouvelle collectivité de l’Azawad.

A lire de près, ce statut particulier n’a rien à envier à un Etat indépendant.

En tout cas, le gouvernement du Mali est fortement interpellé pour ne pas tomber dans le piège que le MNLA est en train de lui tendre. Signer un tel document équivaudrait à interdire la nouvelle collectivité aux autres Maliens à qui les autorités de l’Azawad finirontpar exiger des visas d’entrée sur «leur territoire». A ce rythme, le président du Conseil Exécutif de l’Azawadse prendra, tôt ou tard, comme l’homologue du président du Mali.

Mamadou FOFANA

Source: L’indépendant (via Malijet)

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