Massacres de Mars et Avril 2011 : Le Collectif des Victimes de Duékoué (Carrefour et Nahibly) invite la France, L’ONU et la Communauté Internationale à se souvenir de leur nazisme
NAHIBLY,la violence aveugle est passée par là.

Massacres de Mars et Avril 2011 : Le Collectif des Victimes de Duékoué (Carrefour et Nahibly) invite la France, L’ONU et la Communauté Internationale à se souvenir de leur nazisme

28 Mars 2011 – 28 Mars 2018 : voici sept ans déjà que pour couronner une rébellion (vieille de dix ans et coupable de crimes atroces contre l’humanité) d’un semblant de légalité imméritée, les forces internationales du mal (France et O.N.U.), se dévoilant au grand jour sous les yeux du monde entier, ont embouché les trompettes de la mort par le fer, par le feu et par les bombes pour massacrer, avec une cruauté digne de bestiaires enragés, les enfants de la Côte d’Ivoire. Deux ans, deux ans déjà et rien, rien de plus, silence radio, motus et bouche cousue de la part de ceux qui, s’autoproclamant démocrates et maîtres de ce monde, se sont offert le droit de tuer gratuitement des citoyens d’un pays souverain. Comme si de rien n’était, pour parler comme Marc Micaël, cet autre combattant de la liberté au cœur meurtri.

Le 28 Mars 2011 ? Au moment où il nous vient en pensée de saluer la mémoire de tous ces nombreux patriotes dont les vies ont été fauchées par le nuisant impérialisme français, un impérialisme toujours pétillant d’arrogance hautaine, de mensonge, de haine, de venin et de barbarie génocidaire, de ce 28 Mars 2011 en particulier, nous voulons nous en souvenir ici et rappeler à l’humanité, à la postérité et à l’Histoire, ce qu’il en a vraiment été de ce jour noir à Duékoué et ses environs. Ce 28 Mars 2011, les habitants du quartier Carrefour à Duékoué, étaient désemparés en apprenant au petit matin que les soldats loyalistes, suite aux nombreux bombardements qu’ils ont subis, s’étaient retirés de la ville.

Dans cette lourde atmosphère qui sentait (au sens propre) la poudre et la fumée, puisque les tirs d’obus et de kalachnikovs continuaient de pleuvoir sur le quartier Carrefour jusqu’à quinze ou seize heures peut-être, que faire ou bien où aller, d’autant plus que toutes les voies de sortie de la ville étaient aux mains de ceux qui égorgeaient impunément en Côte d’Ivoire depuis dix ans ? Ceux-là même pour qui la France et l’O.N.U. ont pris les armes contre un peuple qui ne revendiquait que son droit à la liberté ! Où aller, quand ceux qui ont voulu s’y rendre, ont appris par des rescapés vraiment chanceux, que le camp des soldats marocains de l’O.N.U. à l’entrée Est du quartier Carrefour ( pour qui vient d’Abidjan), était rempli de rebelles armés jusqu’aux dents et qui tuaient quiconque se prévalait de l’ethnie guéré, bété, attié ou abbey…

A partir de midi, aux odeurs de la fumée (fusillades, bombardements, exécutions sommaires, maisons, biens et personnes brûlées vives), s’est ajoutée une forte odeur du sang humain car les tueurs, en rangs serrés tout autour du quartier (Carrefour), ôtaient la vie à qui ils voulaient, par une arme blanche ou par un fusil, tout en convergeant vers l’artère principale de ce quartier. Combien de balles de kalachnikovs avaient pu bien être tirées ? C’est par centaines que des douilles de cette arme redoutée traînaient au sol. Des cris stridents d’horreur et des pleurs succédaient aux macabres exploits de ces tueurs fous qui décapitaient à partir de la nuque des bébés ou des jeunes hommes, éventraient la femme qui refusait d’être violée, fusillaient à bout portant des vieillards octogénaires.

L’angoisse (mais point la peur de mourir), le dépit et l’amertume devant la perfidie des politiques et des médias français se sont emparés de certains d’entre nous qui, dans cet univers désormais voué à une mort toute proche, avaient encore le moral pour discuter et de crier à Dieu toute la foi que nous placions en Lui, afin que tout ennemi de la Côte d’Ivoire, pays à l’hospitalité légendaire, soit payé en retour à la hauteur de sa méchanceté ou de son crime.

Quelle heure était-il, ce 28 Mars 2011, quand en files indiennes, des familles entières étaient violemment expulsées de leurs maisons du quartier Carrefour, pour aller se réfugier à la Mission Catholique de Duékoué, dix sept ou dix huit heures ? Nous voici tous forcés à sympathiser avec l’humiliation, au point même de l’étreindre comme notre ultime salut. Malgré le soleil encore dans le ciel, devant nous, et qui filait au couchant, la nuit était déjà bel et bien tombée dans la vie de toutes celles et de tous ceux-là, dissuadés par les armes et forcés à partir, qui ont vu sous leurs yeux, les assaillants égorger ou fusiller un parent, un fils.

Ou bien alors reconnaissant subitement un des siens parmi les dizaines de corps sans vie qui jonchaient les différends corridors de la mort que nous traversions, enfants, femmes et hommes, étouffaient parfois un sanglot et avançaient désormais comme des ombres au milieu de ces « gladiateurs » étrangers dont la plupart mesuraient deux mètres , debout sur des véhicules porteurs d’orgues de Staline, devisaient dans un patois qui nous était inconnu, au moment même où sous leurs yeux, au niveau du pont de la rivière Guémon, des « dozo » ciblaient des jeunes gens et tiraient sur eux à bout portant, à l’aide de fusils de chasse et parfois aussi de kalachnikov.

Dans les bas fonds marécageux longeant notre chemin, au loin, des hommes, jeunes et adultes, des guéré pour la plupart, dans un périlleux exercice de course-poursuite, étaient subitement fauchés par des balles assassines, du fait de leur ethnie. Des morts, comme dans un jeu macabre, s’ajoutaient à d’autres morts et gisaient là, en bordure de route, dans des marécages ou dans des broussailles. La réalité de ces moments sombres et difficiles nous retentit en dedans encore aujourd’hui, au moment où nous écrivons ces lignes : des rires sarcastiques d’humains couvraient sans gêne des mises à mort d’autres humains, en plein jour, quand circulaient comme à la foire aux bestiaires, des chars, des camions et des jeeps de l’O.N.U. et de bien d’organisations dont les personnels s’enfuyaient loin de cette jungle qu’ils ont contribué à créer. En plein jour !

Au fur et à mesure qu’elles avançaient, les différentes files de candidats au refuge forcé à la Mission Catholique voyaient soustraire de leurs rangs des malheureux qui étaient assassinés comme des bêtes (parfois après avoir ciblé leur ethnie à partir de leur pièce d’identité ou sur simple dénonciation calomnieuse) par des sanguinaires propulsés au théâtre de l’animosité par la volonté politique d’un pays dit civilisé : la France de Sarkozy et avant elle, celle de Chirac !

Dans le ciel qui s’assombrit ce 28 Mars 2011, nous voyons comme des charognards et toutes sortes d’oiseaux lugubres, en plus des corbeaux habituels. C’est à ce moment qu’amer, nous réprimons en nous l’image insoutenable d’un porc approchant un cadavre, quelques instants plus tôt et qu’un assaillant a abattu. Les communications téléphoniques pour mobiles sont brouillées ou alors coupées et cela va durer plus d’une semaine sur l’ensemble du territoire : la suite des attaques menées contre notre pays nous situera amplement sur cette façon de faire, le 11 Avril 2011, quand la reine « imposture », sans vergogne, s’est dénudée et s’est par la suite surprise de sa propre nudité à la face du monde entier.

La Mission Catholique, ce refuge tant espéré se révèle vite être un mouroir pour toutes ces âmes qui ploient sous le poids de l’âge, de la fatigue, de la faim, de la maladie mais aussi de l’indignation et de l’horreur ; très vite aussi, la bonne volonté de quelques soldats marocains indignés et révoltés par ce qu’ils voient s’avère insuffisante pour sauver le maximum de vies cachées dans les brousses et les villages des environs de Duékoué. Pendant de longs jours qui semblaient être une éternité d’attente, pas un seul groupe de réfugiés ne ralliait la Mission Catholique de Duékoué sans déplorer son lot de morts suite aux expéditions punitives, chemin faisant, dues à des f.r.c.i. et des « dozo ». L’objectif visé devant être atteint de la façon la plus sauvage qui soit, c’était là des détails que l’O.N.U., la France et ses médias ont choisi de taire ou d’ignorer, vu et su que leurs « chouchous » de poulains, les rebelles, eux, violent, massacrent et pillent pour, disent-ils, pacifier le pays.

Les déplacements par des moyens de transport public pour fuir Duékoué (autocar ou taxi-brousse) vouaient à une mort certaine tous ceux dont l’origine ethnique déplaisait aux seigneurs de la guerre imposée par la France. De ce fait, les rares informations (le téléphone étant coupé) qui nous parvenaient étaient cachées aux plus fragiles d’entre nous : chasse à l’homme à Yopougon par les f.r.c.i., femmes et hommes abattus par ces mêmes délinquants armés au sein d’ églises à Yopougon-Kouté comme cela s’est passé aussi à Duékoué, extermination de centaines de jeunes gens d’ethnie ébrié à Abobodoumin par le rebelle Chérif Ousmane, églises attaquées avec mort d’hommes à San Pedro, villages et populations pris en otage à Dabou, exécutions sommaires, bombardements des camps militaires ivoiriens par l’armée française…

Mais l’impérialisme français étale encore plus sa barbarie et sa laideur lorsque nous apprenons l’assassinat à Yamoussoukro du français Philippe REMOND, par des rebelles qui descendaient en colonnes vers Abidjan. Cet homme, président des français résidant en Côte d’Ivoire, avait eu l’idée « saugrenue » de soutenir la légalité constitutionnelle de notre pays contre le néocolonialisme que monsieur Sarkozy brandissait, en véritable pirate et négrier des temps nouveaux.

L’atmosphère s’alourdissait de jour en jour à la Mission Catholique : des enlèvements de jeunes gens par les f.r.c.i. se poursuivaient et sans réelle opposition, sur dénonciation calomnieuse ou haineuse. Les missionnaires religieux et les humanitaires de bonne foi étaient débordés, dépassés et impuissants. Le visage de la haine et de la folie humaine, nous l’avons rencontré au cours de ces jours noirs passés à la Mission Catholique : des maliens, des guinéens et des burkinabè, donc des étrangers vivant à Duékoué, chauffés à blanc et armés jusqu’aux dents, ont menacé, le deuxième jour de notre séjour, d’exterminer tous ceux qui s’étaient réfugiés à la Mission Catholique. Comme ça, comme dans un jeu attrayant et qui les avait tous captivés, ces guerriers décadents, dans un élan ethno-religieux qui rapproche plus l’homme de la bête qu’il ne l’en éloigne, fulminaient, injuriaient à tout va et menaçaient de mettre fin (selon leur dire) à l’existence d’une ethnie dont le tort principal, en plus d’avoir porté son choix sur un candidat autre que le leur, à l’élection présidentielle qui venait de se tenir, est la richesse de ses terres.

Des terres convoitées depuis le début de la rébellion en 2002, une convoitise qui a commis bien des crimes de masse jusque là impunis. Toutes ces vérités n’intéressent pas radio France et la communauté internationale qui ont fait du départ de GBAGBO par la force des armes, leur obsession et leur affaire personnelle ! Quelque jours plus tard, ces assoiffés de violence gratuite et de sang innocent viendront s’en prendre, en pleine nuit, au marché de fortune des réfugiés Wê, situé juste en face de la Mission Catholique : encore une fois, sous l’œil des soldats marocains qui assuraient la sécurité à la Mission, ces assaillants ont bien pillé ce marché avant de l’incendier. Etait-ce là un entraînement ou un exercice qu’un an plus tard, ils ont appliqué à la « perfection » au camp des réfugiés de Nahibly ?

Du café, du thé ou encore de la tisane avec un bout de pain, chez le frère Simon, réfugié à la Mission Catholique depuis Janvier 2011, quand Flanizara Touré, la représentante du R.D.R. à Duékoué, a signé l’arrêt de mort de tous les Wê et fait incendier plus de quatre mille habitations de ces autochtones. Du thé et un bout de pain, c’était ça la nourriture d’un bon nombre d’entre nous qui n’avions pas confiance en ces humanitaires qui traitaient avec haine et propos désobligeants leurs semblables en détresse. En plus de l’épidémie de diarrhée qui faisait trois à cinq morts par jour, une diarrhée imputée (vrai ou faux) à la mauvaise qualité de la nourriture distribuée par les humanitaires. L’argent se faisant rare, il nous venait des frissons à l’idée d’être désormais contraint à un régime alimentaire qui était décrié par tous.

Dans cet asile forcé où la promiscuité battait son plein, mourir était devenu plus que banal : vingt sept mille âmes, en une semaine, pour un espace vital de moins de quatre hectares au total ! Dieu merci, il est loin aujourd’hui, le souvenir du choléra qui avait failli nous emporter nous-mêmes… Mais il est plus que présent, le souvenir de cette jeune femme, médecin, d’ethnie dioula, qui consultait et administrait des soins à ses patients, les yeux pleins de larmes ; des larmes qu’elle cachait comme elle pouvait : l’amour n’a que faire des considérations ethno-religieuses et cette jeune dame en était une preuve vivante, en plein cœur d’un ethnocide patent qui « progressait » à doses homéopathiques.

Des témoignages, on en a entendu de toutes sortes dans cet encasernement. Maurice était amer et triste : son fils aîné, converti à l’islam, a été froidement abattu par des rebelles enturbannés qui lui ont auparavant crié qu’un musulman d’ethnie guéré est d’abord et avant tout un guéré, leur ennemi mortel, rapporte en pleurs, son ami fidèle caché dans un fourré quelques mètres plus loin et qui a assisté, impuissant, à la scène. Robert, qui est un militant irréductible du parti de GBAGBO consolait Maurice en ces termes : « ne pleurons pas, frère, désolons-nous seulement pour ceux qui agissent ainsi et prions pour le repos des âmes des nôtres. Je te dis pas, dans mon village, ces rebelles ont exterminé presque tous les membres d’une famille qui a voté pour Alassane Ouattara après une brève et fausse sympathie envers leurs victimes qui les ont acceuillis, logés et nourris. Face à une telle folie, on ne pleure plus, on s’arme de courage, on rassemble les preuves pour demain car maintenant, c’est une autre bataille qu’il faut mener ».

Ayehoua, jeune d’ethnie baoulé, qui est venu nous rendre visite, nous apprend que pour avoir fait campagne lui aussi pour GBAGBO, ses propres frères avaient lancé contre lui les f.r.c.i., l’obligeant à fuir le campement et sa plantation de cacao. C’est désormais en réfugié qu’il réside en ville, ayant perdu tout bien. Il continue de craindre pour la vie de ses compatriotes baoulé qui ont voté pour GBAGBO comme lui, qui se sont enfuis aussi dans la brousse et dont il n’a plus de nouvelles.

Par ces temps où le jour désormais ne différait plus de la nuit, des missionnaires évangélistes (tous des réfugiés) ratissaient large et amenaient à la conversion bien des âmes traumatisées par toute l’horreur qu’ils continuaient de vivre. Telle cette famille de réfugiés dont le chef, Félix, appelé à sa plantation par son manœuvre malien qui s’en occupait, a été abattu à bout portant par ce dernier, à l’aide d’un fusil de chasse. Tout bêtement dans le but de faire main basse sur la plantation de Félix. Un scénario qui s’est répété dans de nombreux villages de la région. Sihiwon, qui est fils d’un chef de terre nous confie que la stratégie des assaillants consiste à éliminer physiquement dans certains villages tous ceux qui détiennent un droit coutumier ou légal de propriété terrienne, ainsi que tous ceux qui ont précédemment refusé de brader un lopin de terre à un quelconque étranger. La justice des bestiaires et des barbares était en marche, pour notre plus grand malheur.

Quel jour ou quelle nuit c’était, surtout que le jour ressemblait à la nuit et la nuit au jour. Quelle heure était-ce ? Au rendez-vous habituel du café ou du thé chez le frère Simon, Gbagbodjori (le sang de GBAGBO) , le seul et unique dioula et musulman persécuté par les rebelles et réfugié comme nous à la Mission Catholique, manque à l’appel : il serait recherché par les mêmes qui lui en veulent à mort pour son soutien à GBAGBO. Encore une fois, le temps s’est arrêté pour tout le groupe de sensibilisation et de motivation que nous formions pour entretenir le moral de tant de désespérés qui, curieusement, nous vouaient une confiance aveugle bien que tous ensemble, nous subissions le joug du même maudit sort.

De longues et interminables heures se sont écoulées quand le jeune Gbagbodjori est revenu on ne sait d’où, accueilli par des cris d’une joie à la limite de l’hystérie. Cette joie est de courte durée pour nous car un rescapé du mouroir situé au sous-sol de l’Hôtel Monhésséa de Duékoué nous apprend la disparition depuis trois jours de Julia. Les recherches infructueuses de la famille de Julia font penser à un enlèvement car il apparaît curieux qu’un adulte en possession de toutes ses facultés, disparaisse ainsi, de nuit, sans laisser de trace du tout. De longues heures après ce triste instant, Gbagbodjori nous apprend que ceux de son ethnie et de sa religion voient d’un mauvais œil que lui le malinké et musulman comme eux, vive en réfugié à la Mission et lui proposent de l’aider, ce qu’il refuse poliment en leur demandant un temps de réflexion.

Dans cet enfer quotidien qui réduisait les chances de survie de chaque réfugié, il nous fallait aussi encaisser et supporter le cynisme de certains médias toujours prompts à tronquer ou à déformer les faits dans leur réalité. Mais la palme de l’ignominie, nous l’avons attribuée à dame Fatoumata THIAM, responsable au département des droits de l’homme pour l’O.N.U. à Daloa. Là où la convoitise, la haine et la criminalité à haute échelle ont par préméditation décimé gratuitement des vies humaines, cette dame comme si elle s’adressait à ses enfants obligés au téléphone, nous a brandi la thèse scabreuse et malhonnête du conflit foncier comme étant la cause d’une telle cruauté à l’endroit des guéré ou des Wê que nous sommes. Honte, malheurs et malédictions seront toujours le lot de ces africains qui se couchent ou s’abaissent sans dignité aucune pour le plaisir du maître colon ! Parce que dame Fatoumata THIAM, sans pouvoir répondre à une seule de nos questions, a brusquement coupé la conversation téléphonique.

A propos du conflit foncier qu’elle évoquait, nous avons demandé ce qu’elle en savait exactement. Ensuite, nous lui avons posé la question de savoir pourquoi ou comment des personnes étrangères à une région pouvaient-elles perdre la vie dans un supposé conflit foncier qui ne les concernait pas ? Tels que ces jeunes gens d’ethnie attié, abbey, bété, abouré et autres, élèves ou travailleurs, lâchement assassinés par les rebelles quand bien même ces derniers ont procédé à un contrôle d’identité de tous ces malheureux qui ont été tués ? Comment peut-on parler de conflit foncier pour justifier les crimes de masse qui ont eu lieu à Duékoué quand on sait que les rebelles (f.r.c.i. et dozo) ont pris des soldats désarmés de l’armée régulière, toutes ethnies confondues, pour les assassiner et s’en vanter publiquement après dans les kiosques à café ?

Tous ces morts d’Abobo, d’Anonkou-Kouté, de Yopougon avaient-ils un quelconque contentieux foncier avec ces tueurs d’une déstabilisation longtemps programmée et mal réalisée sur le terrain ? Ces français, tels Philippe REMOND, assassinés lâchement par la rébellion, disputaient-ils des lopins aux ouvriers de la ferme de madame Fatoumata THIAM ? Nous attendons et nous attendrons toujours madame Fatoumata THIAM de l’O.N.U.-C.I. à Daloa, pour nous situer quant à la réalité du conflit foncier qui existait entre ces milliers de jeunes patriotes qui ont formé un bouclier humain autour de la résidence de GBAGBO et les forces françaises qui les ont massacrés en les bombardant comme si de rien n’était !

De la haute intensité de ces épurations que nous avons vécues et dont bien des témoins sont encore vivants, les tenants du satanisme dévastateur de la communauté internationale se sont empressés de chiffrer un total de trois mille morts à partir de leurs médias et leurs officines nécrophiles. Là où, à Duékoué seulement, des dizaines et des dizaines de vies continuaient d’être fauchées chaque jour, au vu et au su de toutes ces représentations d’organismes internationaux ! Des organisations humanitaires qui, ayant fait semblant de s’enfuir lors du déluge de feu, semblaient bien en place désormais pour s’engraisser sur notre situation de victimes, calculettes pour des devis surfacturés en mains !

Par devoir de mémoire envers tous les nôtres qui sont tombés et en commémoration du 28 Mars 2011, il nous a paru utile de partager avec tous ceux dont le souffle de vie est synonyme d’amour, de vérité et de justice pour le vaillant et digne peuple de Côte d’Ivoire, ce pan de notre journal de rescapé. Puisse cette modeste contribution aider à prévenir et à éliminer tous les plans insidieux d’embrasement de l’ouest ivoirien qui se projettent actuellement pour exterminer ce qu’il reste de notre peuple. Or que dit la loi sur cette question essentielle du foncier rural ? Parce qu’elle est juste et qu’en tant qu’autochtones nous en serons les grands bénéficiaires un jour où l’autre, on veut nous maintenir dans une sorte de jungle où le fusil de l’envahisseur a force de loi, inventer ou créer un désordre pour nous exterminer et nous exproprier ?

Enfin, le désormais très suspect gouvernement ivoirien annonce le lancement prochain d’exhumations des fosses communes du pays. En espérant que cette annonce n’en sera pas juste une de plus, nous prions les ivoiriens et avec eux les organisations internationales sérieuses, en particulier la C.P.I. et madame Fatou Bensouda qui disent tout sauf le droit, pour saisir l’opportunité d’établir le vrai bilan meurtrier de la France de messieurs Chirac, Sarkozy et Ban Ki Moon en Côte d’Ivoire, ces douze dernières années. Trois grands déstabilisateurs de notre jeune démocratie qui se sont cachés et sont devenus muets comme des carpes à l’heure de l’audience des charges contre GBAGBO.

Or, ce n’est pas un secret ou un totem pour les victimes que nous sommes : Chirac, Sarkozy et Ban Ki Moon, tous les trois à la fois, ne peuvent pas faire face à GBAGBO, dans un procès équitable ; il va les laminer et faire s’écrouler tout le bloc impérialiste, d’où les fuites en avant de la C.P.I. qui s’évertue à se trouver une porte de sortie à elle-même. Parce qu’ils ont menti et très mal agi contre le peuple de Côte d’Ivoire et la justice divine à laquelle nul ne peut échapper est désormais leur seul et véritable adversaire, GBAGBO n’ayant pas le cœur et le temps pour se livrer aux bassesses qui ont guidé ces décideurs de la communauté dite internationale.

Pour le collectif des victimes de Duékoué, Carrefour et Nahibly : Emmanuel CALEB

 

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