Menacé de mort après avoir voulu implanter un réseau de Cacao équitable

Menacé de mort après avoir voulu implanter un réseau de Cacao équitable

Il était venu en Côte d’Ivoire avec l’idée d’une dynamique de cacao équitable, il est reparti avec la peur au ventre.

Ce belge de 45 ans a été menacé de mort après avoir tenté de réunir une dizaine de producteurs de la région de Daloa comme confié dimanche soir à KOACI peu avant son retour en Europe.

Selon les informations, l’homme qui au constat n’avait été au préalable informé de la mainmise totale des multinationales sur la production de l’élément de base du chocolat et qui représente jusqu’à ce jour la première richesse du pays, était habité d’une volonté d’alimenter sa fabrique de chocolat occidentale avec du Cacao ivoirien selon des normes « bio » et de commerce équitable.

Le kilo de Cacao étant fixé par l’Etat à moins d’un euro cinquante (1,5 euros) par kilo, les producteurs auraient de suite exprimé leur enthousiasme. L’artisan chocolatier, un homme simple et d’apparence très honnête, leur en proposait au moins cinq fois plus une fois les productions mises aux normes apprend t’on.

Toujours selon les éléments en notre possession, après plus de quinze jours dans l’ouest ivoirien, de retour à Abidjan mardi dernier pour assister au Salon de l’agriculture (Sara 2015), l’homme eut à présenter son projet à un officiel. Par crainte pour les producteurs approchés, apparemment bien connus dans la région pour la qualité de leur travail, il ne nous livrera nom et fonction.

« Déjà deux hommes assez étranges m’avaient approché à Daloa pour se renseigner sur les raisons de ma présence, mais une fois le projet présenté à Abidjan, tout s’est vite enchainé » nous livre encore inquiet, l’homme à qui, dans le hall de l’aéroport, nous assurerons divulguer l’information une fois son départ.

Vendredi soir, le belge sur le départ raconte avoir été appelé par un individu se réclamant de la famille de l’un des producteurs intéressés. Il souhaitait absolument le rencontrer. Naïf à l’évidence, le belge ne se doutait que l’homme viendrait avec des menaces de mort.

« Il a été bref, était apparemment bien au courant de mon projet, ça m’a étonné dans un premier temps, ensuite il m’a dit que si je continuais de mettre mon nez dans les affaires de cacao du pays je pourrais avoir de sérieux problèmes jusqu’à prendre une balle, j’étais stupéfait et apeuré, je ne pensais qu’à une chose, quitter ce pays » témoigne encore sous le choc et l’émotion l’homme qui à aucun moment n’aurait pensé se retrouver face à une telle situation.

De suite après le départ de l’individu, accompagné de deux autres dans un véhicule de type 4*4 de marque allemande, le belge, ne sachant à quel saint se vouer et tentant de comprendre le pourquoi des menaces car habité par une volonté de « bien faire », se confia à un employé du bar hôtel dans lequel il était descendu. Ce dernier lui conseilla de porter plainte à la police et passa un coup de fil à un de ses parents d’un commissariat de la capitale économique du pays.

« C’est à ce moment que j’ai compris que mon idée pouvait déranger, sans vouloir m’en dire plus, le policier m’a vite fait comprendre qu’il ne voulait se mettre dans un affaire qui concernait le Cacao » livre celui qui avait opté pour la Côte d’Ivoire plutôt qu’un pays d’Amerique du sud.

« J’ai deux confrères qui ont mis en place des réseaux en Amérique du sud et ça marche super bien, moi j’avais pensé qu’au regard de la position de numéro un mondial de la Côte d’Ivoire, je pouvais impulser cette dynamique ici, maintenant je commence à comprendre pourquoi ça se fait partout sauf ici si on vient te menacer de mort car tu tentes de le faire » conclu celui que nous rencontrerons par l’intermédiaire du policier et qui repartira avec ses peurs et interrogations sur la filière Cacao du pays.

Nos tentatives d’investigations sur le sujet au niveau du ministère de l’agriculture resteront vaines, le dossier du Cacao étant aussi tabou que son économie quasi non transparente pour ne pas dire mafieuse. L’agrément de commercialisation du Cacao étant, par ailleurs, du seul bon vouloir du président de la République.

Si les productions équitables ont le vent en poupe et participent à une autre forme de production et de valorisation des matières agricoles plus avantageuses pour les producteurs et les consommateurs, elles n’ont effectivement au constat pas encore été implantées en Côte d’Ivoire. Le pays demeure sous domination des lobbies industriels qui verraient sans nul doute d’un mauvais œil le verrou du profit sauter.

Amy Touré, Abidjan

Source: Koaci.com

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