Meurtre du Novotel en avril 2011: Le père d’un des Français tués accuse…

Meurtre du Novotel en avril 2011: Le père d’un des Français tués accuse…

L’enquête de votre quotidien Le Nouveau Courrier sur les blocages judiciaires et les nombreux mystères qui entourent la procédure liée à l’enlèvement, le 4 avril 2011, puis au meurtre, de Yves Lambelin, alors président du groupe industriel SIFCA, de deux de ses collaborateurs et du patron du Novotel, Stéphane Frantz Di Rippel suscite des réactions. Et non des moindres.

Jacky Frantz Di Rippel, le père du patron du Novotel à l’époque des faits, a écrit au Nouveau Courrier. “Merci encore, grand merci”, nous a-t-il dit. Avant de décocher un certain nombre de flèches, notamment en direction des médias français, qui ont manifestement décidé de faire le black-out sur une affaire au sujet de laquelle ils étaient pourtant très loquaces en 2011.

“Votre titre est très juste. “Le pouvoir étouffe l’enquête… dans l’indifférence de la presse parisienne”. Je vais alerter certains journalistes, qui aujourd’hui sont en vie grâce au courage et aux mesures prises par mon fils. Mais ils ont vite oublié !”, se désole Jacky Frantz Di Rippel. L’infortuné père fournit à l’opinion une information importante à propos de l’épineuse question de la reconstitution du crime, étape centrale dans toute procédure de ce type, mais que la justice ivoirienne, sous Ouattara, s’acharne à éviter. “Dans votre article, vous ne dites pas ce qui s’est passé en décembre 2013. Notre avocat, Me Sur, bâtonnier de Paris, nous informe qu’une reconstitution aura lieu les 17, 18 et 19 décembre. Notre avocate, la juge Simon [Patricia Simon est la juge d’instruction chargée de l’affaire côté français], deux enquêteurs spécialistes scientifiques descendent à Abidjan. (…) Mais pas de reconstitution. Raison. Grève des greffiers ! Une honte ! Un vrai sabotage de la justice ivoirienne !”, s’indigne Jacky Frantz Di Rippel.

Bien entendu, il ne faut pas être un professeur de droit pour savoir que le pouvoir aurait pu procéder à une réquisition d’un certain nombre de greffiers en guise de signe de volonté politique et de respect pour la juge d’instruction et les avocats venus de loin pour faire avancer un dossier qui était déjà notoirement retardé. Et ce qui prouve bien que cette histoire de grève était un prétexte est que, quatre mois plus tard, aucune autre date n’a été fixée pour la reconstitution en question. Il y a décidément quelque chose de pourri dans cette sombre affaire.

Retraité d’Air France, Jacky Frantz Di Rippel est désemparé mais ne baisse pas les bras. “Le 3 avril, date anniversaire, j’ai écrit au président Ouattara. J’attends une réponse”, nous écrit-il. “J’ai aussi écrit au nouveau Cardinal Kutwa, sans réponse”, poursuit-il. “Notre famille en a marre, mais nous ne les lâcherons pas”, conclut-il.

Philippe Brou

Source: Le Nouveau Courrier N° 1009

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