Michel Djotodia revient en force dans l’actualité de son pays : « Je demande pardon aux Centrafricains et les invite à m’accorder une seconde chance »

Michel Djotodia revient en force dans l’actualité de son pays : « Je demande pardon aux Centrafricains et les invite à m’accorder une seconde chance »

Dix mois après avoir démissionné de la présidence centrafricaine, et après un long silence, Michel Djotodia revient en force dans l’actualité de son pays en confirmant sa volonté de retour au pouvoir, tout en demandant « pardon » au peuple. Mais, chose plus paradoxale, Djotodia, dans cette sortie effectuée dans un journal français, l’Est Républicain, s’est surtout évertué à « draguer » la France et la communauté internationale, qui l’avaient pourtant, dit-il, “injustement” poussé à la démission en décembre 2013.

C’était un secret de polichinelle, c’est désormais officiel : Michel Djotodia veut bel et bien revenir au pouvoir, dix mois après avoir été « contraint » à la démission. Mieux, il travaille malicieusement pour que son plan puisse aboutir. Et cela passe, visiblement, par une communication bien millimétrée, avec des mots bien pesés et sous-pesés. Mais aussi, et surtout, bien ciblée. Car, après de longs mois de silence, celui qui avait chassé François Bozizé du pouvoir il y a plus d’un an, a subitement refait surface en accordant une interview détonante au quotidien français L’Est Républicain (édition du 4 et 5 octobre 2014). L’entretien, qu’il a enfin accordé après plusieurs mois de demande, n’est pas long. Mais, manifestement, Djotodia n’avait pas besoin de trop s’épancher pour faire passer le message qu’il voulait faire passer, à qui il voulait le faire passer, et au moment où il voulait le faire passer : la France en première intention, le reste de la communauté internationale par ricochet. C’est-à-dire, ceux-là même qu’ils accusent de l’avoir poussé à la sortie, en fin de l’année dernière. « J’ai démissionné parce que la communauté internationale me l’avait demandé pour faciliter le retour de la paix en Centrafrique », déclare l’ancien homme fort de Bangui.

« On m’a fait partir du pouvoir injustement »

Aujourd’hui donc, la stratégie de Djotodia est claire : il faut « draguer » cette même communauté internationale, guidée par la France, la convaincre de sa bonne foi, justifier à son endroit qu’elle avait été à l’époque « trompée » à son sujet. Bref, profiter de l’impasse à l’horizon nuageux dans lequel s’embourbe son pays, pour supplier cette même communauté internationale qui l’avait « chassé » de le remettre à sa place. « Je considère que j’ai été mal compris. On m’a fait partir du pouvoir injustement, il devrait y avoir réparation, ce n’est que justice. Il faut reconnaître que j’ai été le seul à respecter tous les engagements politiques de la transition. J’ai posé des actes appréciés de tous. Entre autres j’ai réhabilité des compatriotes lésés par l’ancien régime (militaires, magistrats…). Cela peut se vérifier, je suis centrafricain, et j’ai le droit de revenir au pouvoir. Certains esprits chagrins ont fait campagne contre moi en France et ailleurs. Le résultat de tout ça, c’est qu’ils ont trompé le peuple français », défend Michel Djotodia.

« Si on m’avait laissé le temps…»

Et à la question de savoir comment pourrait-il réussir demain ce qu’il a échoué hier ? Djotodia répond dans un premier temps sur la défensive, avant de faire son mea-culpa au peuple centrafricain : « Je n’ai pas échoué. Le bilan que je fais de mon court mandat est globalement positif. Si on m’avait laissé le temps, j’aurais pu réussir à ramener la paix et la concorde nationale à travers le pays. Au moment où je vous parle, si on organisait un référendum d’autodétermination dans le nord-est du pays (dominé par les musulmans de l’ex-Seleka, NDLAR) le « oui » à la partition l’emporterait. Donc pour la paix, j’ai démissionné, pour la paix, je demande pardon aux Centrafricains et les invite à m’accorder une seconde chance… »

Son retour s’effectuera « en accord avec la communauté internationale »

Pour Djotodia, il est le seul à même de faire revenir la paix dans son pays, mais aussi les investisseurs : « Après moi, chacun a pu se rendre compte de la réalité des choses : massacre des populations civiles, pillage des commerces et destruction des propriétés privées (…) Force est de constater qu’après mon départ, un chaos s’est installé. Mon retour au pouvoir pourra faciliter la paix entre les deux communautés, car j’ai la capacité de rassembler le peuple centrafricain. Je l’ai prouvé dans la formation de mon gouvernement et de mon cabinet (…) Beaucoup d’investisseurs me font confiance et attendent mon retour pour investir massivement dans le pays. »

Bref, à quatre mois de la date prévue des élections (février), mais qu’il estime théoriquement impossible de tenir à cette date, Michel Djotodia se positionne. Et preuve supplémentaire qu’il s’en remet à la communauté internationale pour l’aider à réaliser son projet de retour, il concède : « Quant à mon retour, il s’effectuera par des moyens pacifiques au moment opportun et en accord avec la communauté internationale, notamment l’Europe. »

Thierno DIALLO

Source: Afriqueconnection.com

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.