Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité: Un ministère où tout va mal (Révélations)

Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité: Un ministère où tout va mal (Révélations)

« AH ! QUELLE MISERE AU MINISTERE D’ETAT MINISTERE DE L’INTERIEUR ET DE LA SECURITE »: Un ministère où tout va mal

C’est peu dire que Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité (MEMIS) va mal et même très mal.

Mal de son organisation, mal de son fonctionnement, mal de son personnel, de ses dirigeants et, par-dessus tout, mal du manque d’initiatives et d’innovation. C’est, du moins, l’amer constat que j’ai pu faire en observateur de l’Administration territoriale.

Pour mieux comprendre, je vous invite à une immersion dans cet univers sans foi ni loi fait d’intrigue d’intimidation, d’abus et, ce, dans une indifférence totale.

Au Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Il y règne un véritable « mystère » à « l’intérieur ».

Jugez en vous-même.

Le personnel des autorités préfectorales.

Les gardes de Sous-préfecture, ce qu’on appelait autrefois « gardes floco » sont les seuls agents qui nous sont restés fidèles, aujourd’hui, non pas par loyauté ou par conscience professionnelle encore moins par dévouement ou par engouement ; mais simplement, parce qu’ils n’ont pas un autre endroit ou partir. D’ailleurs, qui les accepterait ? Des gens juste bon pour les campagnes où toute distraction et discernement fait place à l’anxiété, à l’immobilisme intellectuel et à un profond oubli de sa propre existence.

Mal formés, mal payés et sans profil de carrière, la crainte d’un avenir incertain prédispose les gardes de sous-préfecture à la corruption et à toute sorte de prévarication. Et pourtant ce sont les seuls agents qui nous vouent fidélité et abnégation si ce n’est résignation, en raison de leur statut qui ne leur offre aucun choix. Un statut, du reste, dont la définition leur échappe de même qu’aux concepteurs de cette corporation au contour mal défini.

Les gardes de sous-préfecture font tout, ils sont tout (garde, dactylographe, coursier, planton, interprète, bouffon, mouchard etc.) et en définitive ils ne sont sérieusement rien et ne font rien de sérieux. Ce ne sont pas, pour autant, des agents véreux, mais des victimes innocentes d’un système plus obsédé par les chiffres qu’atteindra sa croissance, plutôt que de se préoccuper de l’éphémère sensation de bien-être et de l’illusoire satisfaction qu’il procurera à l’homme qui aura contribué à l’atteinte de cette hallucinante croissance. Dieu soit avec eux !

Que dire des gens de maison, ces esclaves des temps modernes ? La seule satisfaction qu’ils tirent du travail qu’ils exercent par nécessité ou par contrainte c’est de se planter à la fin de chaque mois devant une agence de micro finance ou à la banque du trésor publique pour y retirer ce qui reste de ce salaire de misère, déduction faite des dettes accablantes dont ils ne seront jamais sûr de se débarrasser et qui pèsent aussi lourd que le fardeau de leur travail quotidien, voire plus.

Les gens de maison qui servent les autorités préfectorales sans abnégation, mais avec le plus grands dégoût en raison de la démarcation difficilement perceptible entre leur boulot et l’esclavage de même que des humiliations quotidiennes qu’ils subissent de la part des enfants turbulents, des épouses ou époux exigeants, et des maîtresses impossibles et énervantes de ces autorités préfectorales ; Ces gens de maison-là n’ont aucune couverture sociale.

Ils ne bénéficient pas des prestations approximatives servies par la mutuelle Générale des Fonctionnaires et Agents de l’Etat de Côte d’Ivoire (MUGEFCI), encore moins d’une insignifiante pension de retraite payée par la CGRAE ou la CNPS. Ils ne sont rien, sinon des laisser pour compte, sans avenir mais des souvenirs douloureux de services mal payés rendus à la nation. Cette douleur qu’ils porteront à vie comme des stigmates pour le peu de temps qu’ils auront à passer sur cette terre où leur existence n’aura été que précaire.

C’est pourquoi, de façon générale, Dieu dans sa grande bonté et dans un souci de justice vient, très tôt, les arracher à l’affection des siens, la seule d’ailleurs qui ne leur aura pas fait défaut tout au long de leur existence, ici-bas, pour abréger leur souffrance et leur donner, en retour, une vie paradisiaque dont ils seront les seuls témoins. Quelle misère que de vivre en véritable paria dans son propre pays !

Pour compenser la fuite, vers des horizons plus cléments et plus sécurisants, des quelques fonctionnaires qualifiés et compétents, qui se sont retrouvés au « Misère » d’Etat « Misère » de l’Intérieur et de la Sécurité, par pur hasard d’une malencontreuse affectation ou qui, volontairement, ont voulu faire l’expérience de la souffrance, ils ont encore et toujours fouillé et sorti de leur besace une trouvaille tout aussi ridicule que les amers fruits de leur différente réflexion tendant à donner un semblant d’embellie à ce ministère où tout est mal fait et où tout se fait mal pour faire mal. Il s’agit des personnels occasionnels (sic).

Pour être occasionnels, ces personnels le sont bien, à la vérité. Ils sont recrutés sans aucun critère clairement défini et sont payés sept (07) mois sur les douze (12) que compte l’année au gré et selon le tempérament des caisses du trésor public. Ainsi, leur pitance quotidienne, ou ce qui devait en être, n’était assurée qu’en fin d’année, souvent au moment où on est sans nouvelles d’eux.

Leur regard, leur état invite, constamment, les autorités préfectorales à faire fi de la rigueur de gestion que leur impose leur insignifiant salaire, pour voler au secours de ces âmes en peine quand bien même elles demeurent convaincues qu’elles ne pourront jamais sauver ces collaborateurs encombrant avec des broutilles, sinon les soulager un tant soit peu.

Tout se passe, cependant, comme si vous jetez, négligemment, une pièces de monnaie, peu importe la valeur faciale, à un individu désœuvré et passif qui ne prend aucun plaisir à travailler, si ce n’est pour combattre l’oisiveté et paraitre comme utile, lui aussi, à la société. C’est pitoyable tout ça ! Et dire qu’ils travaillent dans le seul Ministère d’Etat existant. Eh Dieu !

L’impossibilité de s’acheter une plaquette de paracétamol quand survient une migraine, à la suite de longues et harassantes heures de travail mal payé, apprête ces personnels occasionnels, comme des victimes de la maladie à virus d’Ébola, à la mort certaine. Et, là-bas, dans l’au-delà, ce sera toujours l’éternel regret d’avoir été, eux, des agneaux dans un univers de fauves et de rapaces qu’est le Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Quelle misère ! Seigneur prend pitié.

Le MEMIS est le seul ou l’un des rares ministères où l’on peut passer toute sa carrière dans une situation de « complément d’effectif » une situation transitoire sous d’autres cieux mais qui devient quasi éternelle chez nous et qui soumet les agents en « complément d’effectif » dans une situation de boy à tout faire.

Que dire des patrons dans tout ce méli-mélo ? C’est qui le patron ? Les autorités préfectorales (Préfets, Secrétaires Généraux de préfecture, les Sous-préfets ? tu parles !

Ce ne sont pas des patrons du moins au sens où on veut le faire croire.

Dans le langage de chez nous on dit souvent « un chef ce n’est pas un chiffon » pour dire que le chef reste placide, lucide et réactif devant toutes les épreuves ou les adversités, quelle qu’en soit la teneur et la gravité. Or en l’espèce, voici un chef au destin sinon fragile du moins tout aussi précaire que celui de ces collaborateurs dont l’apologie de la misère n’est plus à faire.

Les autorités préfectorales que l’on présente de façon ostentatoire et avec une curieuse emphase et une inquiétante vanité comme étant les représentants de l’exécutif, ne sont en réalité que la catégorie de hauts fonctionnaires les moins bien payés de la Côte d’Ivoire. Ils ont un salaire comparable, pour ceux qui totalisent une ancienneté conséquente, à celui d’un enseignant du secondaire c’est-à-dire un professeur de collège (cf les salaires présentés par le Président de la République dans son allocution lors de la fête du travail le 1er mai 2017). Pour ainsi dire, très loin derrière les Magistrats, auditeurs de justice, les diplomates, les enseignants du lycée et les médecins. Et pourtant que de tapages ne fait-on pas autour du corps préfectoral ! Souffrez que je ne publie pas les salaires des autorités préfectorales, par pudeur et pour ne pas décourager les téméraires admirateurs de ce corps. L’Etat m’en voudrait de lui avoir fait une mauvaise ou une contre publicité. Tout compte faire, c’est de ce salaire que nous avons toujours vécu malheureux ! Alors pourquoi le dénoncer ?

Les autres avantages des autorités préfectorales ne sont pas plus incitatifs que le salaire. Les crédits alloués pour le budget de fonctionnement, d’un montant uniforme de cinq millions cinq cent mille (5 500 000) francs CFA à dépenser au quart par trimestre que compte l’année. Faites le calcul, pour des personnes affectées, dans la plupart des cas, dans des zones sans adduction d’eau potable, ni électricité, sans logement ni bureau, sans moyen de déplacement. La seule différence entre les autorités préfectorales et le paysan c’est le port du kaki cousu à grand frais sans remboursement agrémenté, toutefois, d’épaulettes dorées pour se donner l’illusion d’un prestige et marquer ainsi la différence d’avec les écoliers là où ils en existent. A vrai dire, le corps préfectoral va mal, très mal, le Ministère de l’intérieur va mal. Un mal plus insupportable que les mutineries intempestives des FACI et les bruyantes revendications des soldats démobilisés et autres mutins qui pullulent partout.

Les promotions, nominations et affectations des autorités préfectorales sont arbitrairement mal définies et présentent de profondes insuffisances et incohérences. Comment comprendre qu’on puisse passer huit années dans un même poste d’affectation et souvent dans les mêmes fonctions ? Quel rendement positif peut-on attendre d’une telle autorité si ce n’est son enlisement personnel et son impuissance devant l’effritement de son autorité fragilisée et devenue vermoulue à cause de cette obligatoire sédentarisation.

Devant tant de pleurs et de complaintes, du reste, justifiés, je reste convaincu que des voix s’élèveront contre et tenteront de justifier l’injustifiable. A ceux-là, je dirai que c’est tout l’intérêt de cette contribution qui se veut certes critique mais qui invite à la critique et à l’exploration d’un champ fertile de la réflexion prospective, une investigation plus poussée, en quelque sorte, pour en ressortir ce qui sera la vérité qui se laissera appréhender avec la plus grande facilité.

Pour ma part, il s’agit d’un cri de cœur, expression d’une souffrance intérieure. Car au MEMIS, un drame se joue à huis clos. L’économiste Joseph SCHUMPETER (1889-1950) parlant du capitalisme disait qu’il est « la destruction créatrice » qui consiste à corriger les imperfections du système en détruisant ce qui n’est pas bon pour construire sur les ruines ce qui est bon c’est-à-dire ce qui est créateur et porteur de bienêtre.

Or, ici, au MEMIS, on assiste à la création destructrice si ce n’est la destruction de la création. On créé un corps dit préfectoral et on le gangrène volontairement. Peut-être dira-t-on, comme d’habitude, qu’on a hérité ce corps de l’ancien régime comme un passif gênant.

Toutefois, la réalité restera là, implacable, à « l’intérieur » on est désespéré, tourmenté, démotivé, stressé, malade, réduit à la mendicité, à une dépendance servile de cadres peu scrupuleux mais généreux…il y a de la misère sociale, une catastrophe contre l’humanité ou contre l’humain.

Las des promesses sans lendemain des gouvernements successif, qui n’entendent et ne comprennent que le langage des armes, les autorités préfectorales et leurs collaborateurs de misère ont laissé leur espoir s’évanouir dans une sorte d’obscurité intérieure dans un « mystère de l’intérieur » à l’intérieur de chaque cœur meurtri.

Heureusement que ce « mystère » est d’état et comme tout état, il finira par être passager comme une mauvaise grippe, du moins c’est ce que nous espérons.

En attendant c’est le fonctionnement des préfectures et des sous-préfectures et les usagers de ces Administrations qui souffrent des incohérence et contradictions internes du MEMIS.

Car, comment demander à des personnes dans une situation telle que la moindre effervescence ferait perdre leur équilibre factice de se surpasser ? Pire, notre vie d’ermite doublée des astreintes injustifiées nous condamne à supporter la douleur dans le silence et à prendre l’engagement de ne pas faire plus de bruit que la grande muette.

De toutes les façons si on ne prend garde, on coure le grand risque de se faire remplacer par les membres de la chambre des Rois et Chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, véritables caisse de résonnance et canal de propagande de l’inaction du gouvernement. Ces enfants gâtés de la République qui, selon certaines indiscrétions provenant de leur sein, percevraient des salaires mensuels mirobolants dont le plus bas niveau est de un million sept cent mille (1 700 000) francs CFA. Et oui ! Vous avez bien et très bien entendu. Ils sont payés à ne pas travailler. Mais ce n’est pas de l’injustice faite à ceux qui travaillent et qui sont mal payés, c’est la réparation d’une injustice faite à ce corps d’élite de la démagogie traditionnelle longtemps oublié et négligé. En retour, ses membres entendent jouer, avec dévouement et un grand zèle, leur rôle de courtisan et de laudateur, heureux qu’ils sont, d’être de grands bénéficiaires du rattrapage.

Celui qui n’est pas d’accord n’est pas obligé d’être ici. Trois choix peuvent lui être proposés ou imposés, la prison, l’exile ou le « cimetière ». Ce dernier choix où on est sûr d’être plus tranquille, tranquille pour l’éternité.

Vive la République pour que vive l’injustice et le désordre pour l’atteinte d’une croissance inespérée et immerger ainsi à l’horizon 2020.

Qu’il en soit ainsi au pays de toutes les incohérences et de toutes les contradictions.

YAO-KAN Ablafoué

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