Mme Diallo AISSATA TOURE (député de la 5e région du Mali) : « Les jeunes doivent cesser de se faire instrumentaliser par les politiques » | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Mme Diallo AISSATA TOURE (député de la 5e région du Mali) : « Les jeunes doivent cesser de se faire instrumentaliser par les politiques »
Mme Diallo AISSATA TOURE (député de la 5e région du Mali) : « Les jeunes doivent cesser de se faire instrumentaliser par les politiques »

Mme Diallo AISSATA TOURE (député de la 5e région du Mali) : « Les jeunes doivent cesser de se faire instrumentaliser par les politiques »

22 septembre 1960-22 septembre 2014, voilà 54 ans que la république du Mali est indépendante. Célébrée sur fond de crise avec un pays qui a toujours sa partie nord sous contrôle rebelle, le peuple malien veut croire à un retour rapide de la paix, gage de tout développement. La jeunesse malienne, quelle soit de l’extérieur ou de l’intérieur veut aussi y contribuer. Dans le cadre donc de cette fête populaire, Africa Tv, la chaîne des grands évènements du continent africain, est allée à la rencontre de l’honorable Diallo Aissata Touré, député de la 5e région du Mali et présidente de la commission des affaires étrangères des maliens de l’extérieurs et de l’intégration africaine au sein de l’hémicycle malien.

Africa TV : Bonjour madame, veuillez vous présenter à nos lecteurs s’il vous plaît.

Mme Aissata Touré : Je suis madame Diallo Aissata Touré, députée élue dans la circonscription électorale de youwarou en 5ème région de la république du Mali. Je suis présidente de la commission des affaires étrangères des maliens de l’extérieurs et de l’intégration africaine.

Africa Tv : Justement, quel rôle joue ce département au niveau de l’Assemblée nationale ?

Mme Aissata Touré : Ce département comme son nom l’indique, est en relation avec le département des affaires étrangères et des maliens de l’extérieurs. Cette commission prend également en compte les aspects de l’intégration africaine. Les relations consistent à faire le contrôle des actions gouvernementales dans les différents domaines ci-dessus, en un mot, sur la politique étrangère et les maliens résidents à l’étranger.

Africa TV : Selon vous, comment la politique actuelle de notre pays est- elle perçu à l’extérieur ?

Mme Aissata Touré : La perception de la politique actuelle varie d’une personne à une autre. Nous qui sommes dans les faits de l’action, nous savons les efforts que nous fournissons. Le travail que nous faisons, et les résultats que nous commençons à atteindre. Maintenant pour le commun des mortels qui ne voit les résultats que lorsqu’ils sont palpables et touchables, ceux-ci peuvent avoir une autre perception de ces résultats.

Africa Tv : En une année d’exercice du Pouvoir actuel, tout le monde parle de bilan mitigé. Vous, vous nous dites quoi ?

Mme Aissata Touré : Je suis parlementaire. Moi je sais que des efforts ont été entrepris et continuent à être fait dans le sens de l’amélioration de la situation du Mali. Je sais que, entre septembre 2013 et septembre 2014 il y a beaucoup d’eau qui ont coulé sous le pont. En septembre 2013 quand on est venu, il n’y avait pas d’Assemblée nationale, pas de députés, les institutions étaient rares. En septembre 2014 vous pouvez le constater par vous même qu’il y a une assemblée nationale qui fonctionne, nous avons des institutions de la république qui sont en place et nous avons surtout des actions qui sont entrain d’être entrepris pour que nous puissions aboutir à une paix durable. Donc ce que je dirais aux gens, c’est que, on ne peut pas planter un arbre et s’attendre aux fruits le même jour. Toute action humaine a besoin de pérennité et d’entretien pour aboutir à des résultats concrets et palpables.

Africa TV : Alors, pouvons-nous parler de bilan mitigé ou pas ?

Mme Aissata Touré : Je pense qu’il est prématuré de parler d’un bilan mitigé ou même négatif parce que quiconque est mis dans l’exercice d’une fonction délicate que nous savons, qui est la gestion de l’état a besoin de prendre et de trouver ses marques surtout en ce qui concerne un Etat comme le Mali qui sort du gouffre dans lequel il était plongé. Comme je l’ai dit, l’exercice d’une telle fonction nécessite du temps. C’est vrai que c’est un homme d’Etat qui a exercé pratiquement à tous les niveaux (ambassadeur, ministre, premier ministre, président de l’assemblé national), mais rien ne vaut le poste de président de la république qui est une responsabilité à mon humble avis, dont il faut exercer pour connaitre les contours et les aboutissants de la chose parce que ce n’est pas le président en personne qui exécute. Il donne des instructions, présente une vision, que son entourage et les commissions qui sont autour de lui sont tenus de traduire en action. Maintenant entre la vision du président et la traduction de celle-ci en actions, il peut y avoir des ratés, des dérapages. Certainement, c’est ce qui peut justifier le comportement de cette population là qui, disons le, dans lequel il y a beaucoup plus d’incompréhension à mon avis que de mécontentement, à proprement parler.

Africa TV : Qu’avez-vous à dire aux jeunes maliens qui croient de moins en moins au grand projet : ‘’ MALI D’ABORD’’

Mme Aissata Touré : Ce que j’ai à dire aux jeunes, c’est d’avoir un peu de patiences, ce qui est passé ne doit plus se répéter, c’est à dire la période difficile qu’on a traversé, on ne sera plus amené à traverser cela parce qu’il y a de la vision et des projets pour les jeunes. Il faut juste une implication personnelle parce que les choses ne tombent pas du ciel aussi tout simplement. Les gens ne vont pas prendre quelques choses pour se les mettre entre les mains. Il faut se lever, il faut s’impliquer, accompagner être associé au projet pour qu’au moment des désignations on sache exactement ce que tu peux faire, ceux dont tu es capable. Les gens ont beau se plaindre, ont beau être mecontent, le travail ne va pas les trouver à la maison. Parce que nous avons encore en tête cette idée de sélection de boulot qu’on veut faire et équivalent à mon profil. Malheureusement notre société ne se prête pas à cela, parce que nous n’avons pas les moyens. L’Etat n’a pas ce moyen et la population non plus. Le Mali est un pays majoritairement jeune ; donc la jeunesse doit comprendre que tout repose sur elle. Si on arrive à la manipuler, à en faire une main armée elle sera prête à détruire le pays parce que aujourd’hui les potentialités d’un Mali profond repose en grande partie sur cette jeunesse là. Il faut qu’elle sache que l’énergie qu’elle dégage, elle doit là positiver, ne pas se laisser influencer et traduire ça en acte de mécontentement parce que la grande incompréhension des jeunes c’est que « j’ai fini mes études, je n’arrive pas à trouver du travail ». Mais ça, c’est partout en Europe, en Asie, et même en Amérique… Ce sont les situations qui font que cela diffère un peu. Par exemple en Europe, il y a des mesures qui font que même si tu chômes, l’Etat te verse quelque chose la fin du mois. Mais notre pays n’a pas ces moyens. Donc il faut que les jeunes qui sont formés soient imaginatifs et moins exigeants pour que, quand ils trouvent une opportunité, qu’ils la saisissent et qu’ils puissent un jour aboutir à ce qu’ils veulent.

Africa TV : La jeunesse malienne fait-elle réellement la politique ou elle la subi ?

Mme Aissata Touré : Je viens de le dire, il ne faut pas que les jeunes se laissent instrumentaliser et cela traduit tout. Quand on a un certain âge, on fait la politique en fonction de sa conviction et de l’idéologie qui nous inspire. Quand on fait de la politique parce que ça nous permet d’avoir des opportunités, doit-on appeler cela une conviction ? Je ne sais pas. Maintenant quant à dire aux jeunes de ne pas se mêler de la politique, cela est impossible, car si tu ne la fait pas, elle te fera quelque part. Il faut que les jeunes puissent apprendre à faire la politique avec discernement parce qu’il ne faut pas que vous serviez de chair à canon et que après ceux qui se cachent derrière récoltent les bénéfices. Il faudra surtout que les jeunes se méfient de cela, c’est très important. Profiter du mécontentent et de l’incompréhension général pour les inciter à faire des actes qui auront des conséquences néfastes surtout pour ces jeunes là, parce que ceux qui vont commanditer resteront toujours derrière. Quand quelqu’un pose un acte il faut chercher à savoir le pourquoi, être jeune ne veux pas dire qu’on n’a pas de discernement. J’encourage les jeunes politiciens ; mais il ne faudra pas qu’ils soient instrumentalisés par ceux qui pourront tirer les résultats en leurs laissant les conséquences.

Africa TV : Votre mot de fin…

Mme Aissata Touré : Les mots de la fin par rapport aux bilans, je dirais qu’on est sur la bonne voie. Il y a bien sur des réajustements et des corrections à faire, mais qui ne s’exerce pas ne s’améliore pas. Je pense qu’avec l’exercice l’amélioration viendra. Par rapport à l’implication des jeunes dans la politique je suis totalement pour, mais il faut seulement qu’ils fassent la part des choses en suivant les leaders X ou Y, en sachant où sont les intérêts et surtout pourquoi ils se battent. De façon générale je me félicite, au niveau international le MALI a de bonnes relations. Les gens en doutaient jusqu’à ce qu’ils constatent l’engouement international autour du Mali lorsqu’on a eu cette crise au nord. Il y a eu un soutien extraordinaire ce qui veut dire que quelque part le Mali a réussi à avoir une côte de sympathie auprès de la communauté internationale. Donc je me dis que c’est l’effort de tous qui peut nous faire avancer. On doit conjuguer les efforts même s’il y a des dissensions politiques mais quand il s’agit de nation on doit former un bloc pour la faire sortir du danger. Merci

Source: Africa TV

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