Mohammed Ayat, l’expert de l’ONU, exige de la Côte d’Ivoire qu’elle renforce ses institutions des droits de l’homme avant le départ de l’ONUCI

Mohammed Ayat, l’expert de l’ONU, exige de la Côte d’Ivoire qu’elle renforce ses institutions des droits de l’homme avant le départ de l’ONUCI

Au terme de sa quatrième visite dans le pays du 23 au 28 mai 2016, l’Expert indépendant sur le renforcement de capacités et de la coopération technique avec la Côte d’Ivoire dans le domaine de droits de l’homme, M. Mohammed Ayat, a appelé la Côte d’Ivoire à s’approprier pleinement les fonctions de protection des droits de l’homme, notamment en renforçant les institutions nationales de promotion et de protection des droits de l’homme.

«Cette mission m’a permis d’évaluer les défis de la transition en vue du prochain départ de l’ONUCI. Il est important que les Ivoiriens soient prêts à prendre le relais en matière de protection des droits de l’homme, une fois la mission de l’ONU terminée en juin 2017. A ce titre, il est essentiel que les autorités réforment la Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) et la dotent des moyens nécessaires pour qu’elle puisse mener à bien son mandat et travailler en toute indépendance », a déclaré M. Ayat.

«Je salue la création d’un Ministère des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques. Il convient que ce ministère s’implique dans la réforme de la CNDHCI et la mise en œuvre de la loi sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, une mesure cruciale pour permettre aux organisations de la société civile de jouer pleinement leur rôle », a ajouté l’expert.

M. Ayat s’est aussi félicité des progrès réalisés dans le domaine de la réconciliation nationale. « La création d’un Ministère de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de l’Indemnisation des Victimes est une avancée remarquable. Il en est de même de la continuation du dialogue entre tous les acteurs politiques », a-t-il souligné.

L’expert a aussi salué la remise le 19 avril 2016 au Président de la République, du rapport de la Commission Nationale pour la Réconciliation et l’Indemnisation des Victimes des Crises survenues en Côte d’Ivoire (CONARIV) et les directives données par celui-ci de procéder à sa publication ainsi qu’à celle du rapport de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR).

«Suite à la publication de la liste consolidée des victimes préparée par la CONARIV, la possibilité devrait être offerte aux victimes potentielles dont les noms ne figureraient pas sur cette liste pour diverses raisons, de faire recours auprès des autorités en vue d’obtenir la reconnaissance de leur statut de victime », a affirmé l’expert.

«Parallèlement à la réparation et à l’indemnisation des victimes, les poursuites judiciaires qui sont une composante majeure de la réconciliation, doivent continuer. Et dans cette perspective, je salue l’engagement des autorités judiciaires à assurer une justice équitable à toutes les victimes de la crise ivoirienne », a-t-il déclaré.

«La lutte contre l’impunité sera également essentielle pour prévenir les violences intercommunautaires, telles que celles survenues en mars dernier à Bouna et ses environs », a ajouté M. Ayat.

Au cours de sa visite, l’expert indépendant a rencontré des membres du Gouvernement ivoirien et des représentants des organisations non gouvernementales et des associations de victimes. Il s’est également entretenu avec des représentants du corps diplomatique et de l’équipe pays de l’ONU en Côte d’Ivoire. Il a visité le Centre d’observation des mineurs (COM) à Abidjan et s’est rendu à Grand Bassam où il a rencontré les autorités municipales.

L’Expert présentera un rapport sur sa visite lors de la trente-deuxième session du Conseil des droits de l’homme à Genève, prévue en juin 2016.

Source: ONUCI

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La Côte d’Ivoire doit “réformer” ses institutions de protection des droits de l’homme

La Côte d’Ivoire doit renforcer ses dispositifs de protection des droits de l’homme pour assurer le “relais” de la mission de l’Onu (Onuci) dans le pays, qui s’achève en juin 2017, selon le communiqué d’un expert de l’Onu lundi.

“Il est important que les Ivoiriens soient prêts à prendre le relais en matière de protection des droits de l’homme, une fois la mission de l’ONU terminée en juin 2017”, a déclaré Mohamed Ayat, expert indépendant sur le renforcement des capacités et de la coopération technique avec la Côte d’Ivoire dans le domaine des droits de l’homme.

“A ce titre, il est essentiel que les autorités réforment la Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire et la dotent des moyens nécessaires pour qu’elle puisse mener à bien son mandat et travailler en toute indépendance”, a-t-il précisé après la quatrième visite qu’il a effectué du 23 au 28 mai dans le pays.

La loi sur “la protection des défenseurs des droits de l’homme” doit être appliquée “pour permettre aux organisations de la société civile de jouer pleinement leur rôle”, a affirmé M. Ayat, qui a rencontré des membres du gouvernement, des représentants des ONG et des associations de victimes. “Parallèlement à la réparation et à l’indemnisation des victimes”,
entreprises par le gouvernement, “les poursuites judiciaires, qui sont une composante majeure de la réconciliation, doivent continuer”, a ajouté l’expert onusien.

L’ONU prévoit la fermeture définitive de sa mission en juin 2017, selon le rapport de son secrétaire général Ban Ki-moon publié début avril. “Au 30 juin 2017, la fermeture de la mission sera achevée” et aucune autre ne lui succédera “étant donné la trajectoire positive de la Côte d’Ivoire”, a indiqué le rapport.

En attendant son départ, souligne le rapport, l’Onuci devra se concentrer sur les efforts de réconciliation nationale, la démobilisation des anciens rebelles, la promotion des droits de l’homme et la livraison d’aide humanitaire.

Selon le rapport, les conditions de sécurité “restent stables mais fragiles”, en particulier dans le sud-ouest malgré une amélioration le long de la frontière avec le Liberia. Le gouvernement ivoirien avait souhaité que les Casques bleus se retirent totalement fin 2017 ou début 2018. A son apogée en 2012, la mission comptait 9.762 hommes.

Source: AFP

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