Mon adresse au peuple de Côte d’Ivoire pour qu’il reste debout

Mon adresse au peuple de Côte d’Ivoire pour qu’il reste debout

Notre frère Marcus Garvey a dit que le « hasard n’a jamais encore satisfait les espoirs d’un peuple qui souffre », c’est pourquoi j’ai décidé de m’adresser directement au peuple de Côte d’Ivoire, dans ces moments difficiles pour notre pays. Je n’ai aucun grief personnel contre un seul ivoirien, j’ai donc encore moins de désaffection envers ceux qui voulaient me tuer gratuitement.  Il est écrit que tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je considère simplement que c’est une vertu d’avoir de la désaffection pour un régime qui a fait plus de mal à la Côte d’Ivoire dans l’ensemble que n’importe quel autre régime antérieur. La Côte d’Ivoire n’a jamais été aussi divisée que depuis qu’elle est dirigée par le Président Ouattara.

Le Président de la République, interprète de l’unanimité du pays n’a pas été à la hauteur des attentes des Ivoiriens. Il passe tout son temps à construire des chiffres au lieu de construire l’unité nationale. Dans ce pays, il y en a qui accordent plus de valeur aux affaires qu’à la politique. Pourtant, pour réussir économiquement, encore faut-il un bon système politique. Même si les affaires marchent, quand le régime politique n’est pas juste, la nation ne prospère pas. Etroitement unie en un même sentiment, la nation ivoirienne doit préserver dans le sang froid dont elle a donné, depuis la crise de 2002, la preuve quotidienne de sa volonté de vivre en paix. Dans les mois à venir, le peuple devra se battre pour la paix et l’unité nationale. Dans les combats qui nous attendent, la Côte d’Ivoire aura pour elle le droit,  dont les peuples, non plus que les individus, ne sauraient impunément méconnaître l’éternelle puissance morale. L’unité nationale sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’adversité  l’union sacrée et qui sont aujourd’hui fraternellement assemblés dans une même indignation  contre les fossoyeurs de la république  et dans une même foi patriotique.

La Côte d’Ivoire veut la paix, la tranquillité, la réconciliation, le calme laborieux ; nous lui donnerons tout cela, de gré si possible, et de force si cela est nécessaire. C’est pourquoi je m’adresse à toute la jeunesse de Côte d’Ivoire ! Ton premier devoir est de protéger  et de sauvegarder éternellement l’indépendance nationale  et la république de Côte d’Ivoire.  C’est là le seul fondement de ton existence  et de ton devenir. Ce fondement est ton trésor le plus précieux. Il y aura, aussi dans l’avenir, des personnes mal intentionnées, à l’intérieur de nos frontières comme à l’extérieur, qui voudront de priver de ce trésor. Si un jour, tu es obligé de défendre l’indépendance de ton pays, tu ne penseras pas aux conditions  et aux circonstances  où tu te trouves pour accomplir cette mission.

Aujourd’hui, toutes les nations se trouvent placées devant le choix entre deux modes de vie. Et trop souvent ce choix n’est pas un libre choix. L’un de ces modes de vie est fondé sur la volonté de la majorité. Ses principaux caractères sont des institutions libres, des gouvernements représentatifs, des élections libres, des garanties données à la liberté individuelle, à la liberté de parole et du culte et à l’absence de toute oppression politique. Le second mode de vie est fondé sur la volonté d’une minorité imposée à la majorité. Il s’appuie sur la terreur et l’oppression, sur une radio et une pression contrôlées, sur des élections dirigées et sur la suppression de la liberté individuelle.

Aujourd’hui, notre nation se trouve réduite  à sa seule expression. Même dans ces conditions et circonstances,  Ô enfant d’Eburnie, ton devoir est de sauvegarder l’indépendance et la république.  La force dont tu as besoin réside dans le noble sang qui coule dans tes veines. Parce que nous tenons pour évidence que tous les ivoiriens naissent égaux, nous condamnons la dislocation actuelle de la nation ivoirienne. C’est pourquoi, ce qui importe pour nous ivoiriens, c’est la normalisation après des années de division. L’histoire de notre pays ne s’arrêtera pas,  ni avec la répression actuelle, ni avec le crime. C’est une étape à franchir, un moment difficile. Le peuple doit se défendre, mais pas sacrifier.

Dans ce combat pour recouvrer notre unité perdue, la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même. Il s’agit pour nous peuple de Côte d’Ivoire, de manifester une décision inébranlable de préserver contre toutes les tentatives de la violence  ou de la ruse les libertés démocratiques. Le temps est venu de panser nos blessures. Le temps est venu est réduire les abimes qui nous séparent. Ô enfant d’Eburnie, l’histoire est à nous et c’est le peuple qui la fait.

PRAO Yao Séraphin

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