Monseigneur  Jean-Jacques Koffi, évêque de San Pedro à Ouattara : «Lorsqu’une minorité de la population s’enrichit au détriment des autres, il y aura des migrants»

Monseigneur Jean-Jacques Koffi, évêque de San Pedro à Ouattara : «Lorsqu’une minorité de la population s’enrichit au détriment des autres, il y aura des migrants»

Vue que la situation socio-politique délétère perdure en Côte d’Ivoire, plusieurs responsables du clergé catholique ivoirien mettent de plus en plus le pied dans le plat en dénonçant le régime Ouattara pour ses initiatives contre la paix sociale et contre la réconciliation des enfants du pays. On se rappelle à cet effet l’homélie incendiaire de Monseigneur Marcellin Yao Kouadio, l’évêque de Yamoussoukro qui a dénoncé la justice impartiale et le pillage qui prévalent dans le pays depuis l’arrivée de Alassane Dramane Ouattara.

«Les innocents dont les droits sont bafoués sont déclarés coupables d’où le nouveau concept de la culpabilité collective, doublé de la culture de l’impunité où les médiocres sont célébrés. Certains de nos jeunes revendiquent fièrement le statut d’ex-combattants afin d’être récompensés. Et dans cette situation trouble, les ressources de notre pays sont livrées en pâture aux prédateurs. Notre mère patrie, humiliée et meurtrie, est traitée comme une fille de joie», a regretté Monseigneur Marcellin Yao Kouadio.

Cette fois c’est Monseigneur Jean-Jacques Koffi Oi Koffi, l’évêque de San Pedro qui dénonce à son tour la mauvaise gouvernance sous Ouattara et indique que c’est cette mauvaise gouvernance qui pousse les jeunes à l’immigration clandestines.

«Lorsqu’une minorité de la population s’enrichit au détriment des autres, il y aura des migrants. Lorsque des noms apparentés aux décideurs sont les seuls qui réussissent aux examens, aux concours, sont nommés aux hauts postes de fonction dans le pays, il y aura toujours des grincements de dents», a dénoncé l’évêque de San Pedro dans son homélie à l’occasion d’une messe pour la paix, le 31 décembre 2017 à la Paroisse Notre Dame de Fatima.

Dans son homélie ce jour là, Monsigneur Jean-Jacques Koffi Oi Koffi est également revenu sur la condamnation d’Hubert Oulaye à 20 ans de prison pour assassinat et complicité d’assassinat pour interpeller monsieur Ouattara sur l’épineuse question de la réconciliation qui tarde à se concrétiser.

«Nous avons appris que certains prisonniers ont été condamnés à vingt ans et plus. En mon âme de pasteur, nous sommes vers la fin d’année, et pour désirer la paix, il faut parler en homme de paix, en artisan de paix. C’est pourquoi j’invite le président de la République à revoir sa copie pour que la réconciliation puisse se faire. Il faut penser à ces prisonniers quel que soit ce qu’ils ont fait», a-t-il fait savoir.

L’évêque a demandé à Ouattara et ses collaborateurs de faire un effort pour donner une chance à la réconciliation afin que la paix revienne dans le pays.

«S’il est vrai que la paix est un don de Dieu, il est aussi vrai que la paix se vit et s’accompagne de paroles et d’actes. Peut-on être un artisan de paix et œuvrer pour la misère et la pauvreté ? Peut-on être un artisan de paix et voir les autres souffrir ? Peut-on être un artisan de paix et en même temps, semer des troubles, et en même temps prononcer des paroles qui blessent et qui frustrent ?(…) Peut-on  parler de paix lorsqu’on met des hommes et des femmes en prison à la veille d’une nouvelle année au lieu d’une  amnistie ?», s’est-il interrogé avant de recommander au régime de Alassane Dramane Ouattara à faire libérer tous les prisonniers politiques.

« Je lance un appel aux hautes autorités, au président de la République et à tous ceux qui sont autour de lui afin que cette paix soit concrétisée en actes ».

Rappelons que cette messe pour la paix a été demandée par le préfet de région Ousmane Coulibaly, préfet du département de San Pedro,

Eburnienews.net

 

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