Morokro-village (Département de Tiassalé): Destitution de Bitty Souho Georges

Morokro-village (Département de Tiassalé): Destitution de Bitty Souho Georges

Nous avons appris de sources sûres que Bitty Moro Lucien, le grand comédien que toute la Côte d’Ivoire connaît, est parti « saisir le genou » de Boni Kacou, un sachant du village de Morokro, pour le supplier de demander pardon aux pétitionnaires du 08 juin 2016 qui réclament la destitution de son neveu Bitty Souho Georges.

Pour éclairer l’opinion, les pétitionnaires nous ont fait parvenir le document qui suit

Correspondance de Ngani

Mardi 23 mai 2017.

Morokro-village

Pourquoi la population réclame le remplacement
de Bitty Souho Georges

Les faits

Depuis des lustres, Bitty Souho Georges, se prétextant chef du village de Morokro au nom d’un arrêté à lui délivré par l’administration depuis le samedi 06 avril  2002, a maille à partir avec la population de ce village, chef-lieu de sous-préfecture du même nom. Certaines formes de règlement n’ont jamais pu résoudre le problème. Tous ceux qui sont intervenus, de loin ou de près, savent-ils réellement  ce que la population reproche à son chef ?

En fait, les problèmes du village ont commencé le 02 décembre 2008 quand le chef du village et ses parents ont produit, en conseil de famille à Abidjan, un procès-verbal pour s’approprier plus de 500 hectares de forêt. Le doyen des cadres de Tiassalé, monsieur Angaman Ettien Jean-Désiré a exprimé son indignation et son refus à cette escroquerie des Bitty.

A partir de 2009, le chef Bitty Souho Georges introduit, sans consulter la population, une demande d’exploitation de cette parcelle auprès des deux premiers sous-préfets de Morokro. Les propriétaires terriens informés produisent une pétition pour montrer leur réelle occupation de cet espace et marquer leur opposition au projet. Après l’affectation des deux premiers administrateurs, le chef du village, à partir de faux documents, saisit le tribunal de Tiassalé avec un avocat. Les pauvres paysans, de façon ciblée, se rendent onze fois à Tiassalé pour un procès.

Au-delà de cette tentative d’expropriation de terre, le chef Bitty Souho Georges se livre à des détournements des biens du village. En effet, et ceci n’est qu’un condensé de ses méfaits, des tecks plantés pour le village sont coupés et vendus sans qu’il n’en rende compte à la population. Un opérateur économique du nom de Bessi M’bouké Benjamin obtient en partenariat un espace de 150 ha pour y faire de l’hévéaculture au nom du village depuis le 24 mai 2008. Curieusement, après avoir caché le contrat à la population, il introduit une demande de certificat foncier en son nom. Aujourd’hui, le village n’a aucune information sur cette plantation qui est entrée en production.

En 2012, une commission d’attribution et de retrait des anciens lots de Morokro est créée par le sous-préfet. Des lettres d’attribution sont établies. Le chef du village perçoit 10.000 francs pour chaque document. Car, il a été décidé d’un commun accord que cette somme serve au renouvellement des bornes des anciens lots. Ce travail n’a jamais été fait. Et les sommes versées par certaines personnes ont disparu.

Le 1er avril 2013, Bitty Souho Georges, usant de ses prérogatives de chef, signe un contrat avec la société de téléphonie mobile Moov sur la réserve administrative. Après intervention du sous-préfet, le 25 janvier 2014, la société accepte de payer 720.000f au village (80.000f/mois x 9). Le chèque, qui devrait être perçu la semaine suivante, est resté sans suite après le départ du sous-préfet, le 29 janvier 2014. En se renseignant, les responsables de Moov affirment avoir honoré leur engagement avec Morokro-village. Aujourd’hui, seul Bitty Souho Georges sait où se trouve cette somme.

Bitty Souho Georges gère le marché du village pendant plusieurs années, mais il n’a jamais rendu compte à la population. Il a même vendu des espaces à des particuliers qui y ont bâti des magasins dans un désordre total. Ce qui fait que les femmes n’ont plus de places dans le marché pour leurs étals.

Avec la coopérative Caméné, dont il est le Pca (président du conseil d’administration), Bitty Souho Georges contribue à la chute du Gvc (Groupement à vocation coopérative) du village, groupement qui a permis aux parents de construire des édifices publics. Il ne s’arrête pas là. Il cède le magasin du Gvc à un opérateur économique qui le transforme en boulangerie. Seul Bitty Souho Georges détient le contrat.

En plus de ces détournements, il utilise des pratiques peu orthodoxes, dignes d’un fétichiste. Un jour, il envoie un de ses proches pour égorger un poulet dans la savane où se trouvent les tecks pour des incantations avec de l’eau de la rivière Bêguêlê. L’envoyé est pris en flagrant délit par des passants. Le chef de terre, qui a eu des échos de cette pratique honteuse, tente vainement d’étouffer l’affaire. La population est saisie. A plusieurs occasions, le chef n’a jamais accepté de s’expliquer sur cette scabreuse affaire de fétichisme.

Le chef Bitty Souho Georges, le monsieur qui veut tout contrôler. Un comité de gestion des conflits fonciers est mis en place. Il fait tout pour que le président soit son cousin afin qu’il puisse le contrôler à sa guise. Le secrétaire de ce comité est son homme de main. Aujourd’hui, ce comité qui devrait fonctionner de façon autonome, est sous son autorité, donc il le manipule comme il l’entend.

En 2015, pour n’avoir pas pu imposer un président des jeunes béni-oui-oui qui devrait l’aider dans sa tâche d’assujettissement de la population, il monte ses partisans à la violence dans le village. Ils ont même incendié des pneus sur la voie publique. Le dimanche 04 octobre 2015, le président d’un comité ad hoc, mis en place par le préfet de Tiassalé pour organiser l’élection, a été molesté avec son conseiller par des jeunes à la solde de Bitty Souho Georges.

Pour coiffer le tout, pour un oui ou non, le chef Bitty est à la Brigade de Gendarmerie de Tiassalé pour prendre une convocation contre les populations.

Ce sont toutes ces pratiques qui ont amené la population à signer une pétition pour la destitution du chef de Morokro-village, Bitty Souho Georges. Alors qu’en lieu et place de cette démarche, une poursuite judiciaire pouvait être engagée contre lui. A la surprise générale, pour marquer sa suffisance et son mépris pour la population, c’est lui qui  menace et convoque les pétitionnaires à la gendarmerie. Gnamantêh Nanankoua, qui n’a fait que soutenir les pétitionnaires, est traduit au tribunal…Récemment, des malfrats, se réclamant de la Dst, sont commis pour abattre Gnamantêh et tous les leaders d’opinion au village. Au motif qu’ils dérangent le chef et parlent de savane de 507 ha. C’est grave, le terrorisme dans un problème de village !

Nos commentaires

Pour les terres des paysans, quelqu’un avec qui vous ne faites pas de limites, vous n’avez pas discuté sur un terrain, vous conduit au tribunal. Ce n’est pas curieux, ça ? Etant le chef de tous, il devrait se soustraire de l’action et de l’influence de ses parents.

Au niveau de la collaboration du chef avec la population, c’est le mépris total. Quand celle-ci se plaint de sa gestion, ces paroles de Bitty Souho Georges sont courantes : « Je n’ai pas de compte à rendre à qui que ce soit. Moi, j’avance. C’est mon principe. C’est moi, le chef ». Peut-il être chef sans une population ? Houphouët-Boigny ne disait-il pas qu’il est comme le capitaine dans l’eau, hors de l’eau, il n’est rien ?… En dehors de son peuple, il n’est rien.

A l’analyse des faits qui lui sont reprochés, le chef Bitty Souho Georges a trop pris de l’argent dans le village. Qu’en a –t-il fait ? Que veut-il en faire ? Pour le moment, nous savons que cet argent est utilisé à des fins personnelles. Interdiction d’en parler. Il menace de poursuivre tous ceux qui dénoncent sa gestion chaotique à la gendarmerie et devant les tribunaux.

Pourquoi ne met-il pas cette manne financière au service du village de Morokro ? C’est simple, le chef Bitty Souho Georges n’est pas là pour le développement de Morokro. Même quand le président Gbagbo a donné 2 millions aux chefs de la sous-préfecture de Morokro et que ceux-ci ont décidé du début des travaux de la résidence du sous-préfet avec cet argent, Bitty Souho Georges en a fait sa chose. Avec tout ce bruit de détournement, une enquête auprès de ses pairs et ils vous diront que Bitty Souho Georges ne leur a jamais plus parlé de construction de cette résidence de sous-préfet. Ce n’est pas une priorité pour lui. Car, à première vue, le sous-préfet à Tiassalé l’arrange plus qu’à Morokro pour ses « affaires ».

En conclusion

La gestion de Bitty Souho Georges à la tête de Morokro-village, durant 15 ans, est chaotique. D’où la pétition pour sa destitution.

Voir, aujourd’hui, la famille Bitty, avec à sa tête Bitty Moro, chef des Agni Amantian de Tiassalé, venir à Morokro par deux fois, en l’espace d’une semaine, d’abord le dimanche 30 avril 2017, accompagnée de certains de nos frères Morokrofouôh résidant en ville, principalement en Abidjan, ensuite le dimanche 07 mai 2017, en compagnie de nos parents de Djêkadjokro, d’Angamankro et d’Assalékro venus du Moronou, demander pardon aux pétitionnaires du 08 juin 2016, c’est-à-dire, à la quasi-totalité des populations de Morokro-village, est un grand soulagement. En effet, la famille Bitty reconnaît, enfin, ce que les Morokrofouôh ont toujours soutenu. A savoir que Bitty Souho Georges est incapable de diriger Morokro-village. Il traîne trop de casseroles !

Morokro, le lundi 08 mai 2017

Le porte-parole des pétitionnaires

A Morokro-village

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