Morokro-village, malade de sa jeunesse!

Morokro-village, malade de sa jeunesse!

Les jeunes de Morokro-village sont-ils devenus des croque-morts ?

Comme si les Dieux voulaient interpeller les jeunes de Morokro-village, chef-lieu de la sous-préfecture du même nom, dans le département de Tiassalé. Village situé à 15 km de l’autoroute du nord au Pk 120. Durant le mois de janvier 2017, on a enregistré pas moins de 05 décès qui, comme s’ils s’étaient passé le mot, se sont suivis à un rythme infernal d’une semaine.

Pendant ces jours d’enfer, les jeunes de Morokro-village se sont montrés formidables. Mobilisés comme un seul homme, ils étaient à la tâche, creusant tombes sur tombes. Les chefs des trois grandes familles, à savoir, par ordre alphabétique, Angbononkadjo, Attafi-N’dakou et Ehounoukan, satisfaits de la débauche d’énergie et du travail de leurs enfants, n’ont point hésité à faire droit à leur doléance de voir le « Fou-kouman », traduisez « creuser la tombe », passer de 5.100 FCfa à 7.100 FCfa. C’est dire que les jeunes de Morokro-village sont capables de se mobiliser et de s’unir quand il faut, pour les justes causes.

On se rappelle que dans les années 90, regroupés au sein de la Jeunesse volontaire de Morokro (Jvm), ils ont réalisé de grandes choses, en faisant, par exemple, du planting d’arbres dans tout le village, en nettoyant des endroits pour servir de poubelles publiques. Ils avaient même créé un magazine de liaison dénommé « Yètié » (Ecoutons). Tout près de nous, en 2014, ils se sont mobilisés encore une fois comme un seul homme pour dénoncer leur chef de village, Bitty Souho Georges, qui avait signé un contrat tendancieux de location de terre de 150 ha avec un opérateur économique du nom de Bessi M’bouké Benjamin.

Hélas, ces jeunes de Morokro-village, hier si soudés pour défendre les bonnes et justes causes, sont aujourd’hui sans président et ce, depuis le dimanche 04 octobre 2015. Ils sont divisés !!! La seule chose qu’ils arrivent à faire encore ensemble, c’est aider les Morokrofouôh (ressortissants de Morokro) à enterrer dignement leurs morts. Geste que nous saluons tant il est noble.

Alors, l’on se demande : si les jeunes de Morokro-village peuvent spontanément se mobiliser pour enterrer les morts, ne peuvent-ils pas se mobiliser pour d’autres causes aussi justes telles que se surpasser pour se choisir un président ?

Les mauvaises langues, pour noircir leur division et se moquer d’eux, les traitent de croque-morts.

Nous sommes nombreux, les Morokrofouôh, à être nostalgiques et amers. Car, les jeunes de Morokro-village sont dynamiques. Il faut venir voir le nombre de tonnes de banane, de cacao, de riz, de concombre, etc. qu’ils produisent chaque année. Ils ont compris que « la terre ne trahit jamais » et surtout qu’elle ne se vend jamais.

Le seul hic, leur division ! Pourvu qu’ils se trouvent un président et que les mauvaises langues cessent de taxer les jeunes de Morokro-village de « croque-morts » !

Morokro, malade de sa jeunesse !

Fait à Morokro, le dimanche 04 mars 2017

Correspondance particulière de Gnamantêh Nanankoua

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