Naky Sy Savané : La future madame Bohiri

Naky Sy Savané : La future madame Bohiri

Dans Sans regret, le prochain film de Jacques Trabi, l’actrice Naky Sy Savané est l’épouse de Michel Bohiri, le mari d’Akissi Delta dans Ma Famille. La production l’a transformée en femme style occidental, différente de son look de femme africaine qu’elle incarne habituellement.

Nous sommes à Abidjan, quelque part à la Riviera-Palmeraie à Cocody. C’est là que nous surprenons l’équipe du tournage du prochain film de Jacques Trabi, intitulé Sans regret. Les rôles principaux sont tenus par Michel Bohiri et Naky Sy Savané.

«Je veux un nœud plus présent», réclame Bohiri à la costumière quand Naky passe au maquillage. Ce qui saute aux yeux, c’est que Naky Sy Savané, d’ordinaire très africaine dans l’habillement, est transformée en femme moderne très à la mode, avec cheveux afro et complet maxi. Bohiri et Naky sont mari et femme dans le long métrage. L’époux s’appelle Gaston Botty et madame, Amoin. Lui, est docker et elle, commerçante.

Naky Sy Savané Naky Sy Savané : La future madame Bohiri

«On est dans la dernière semaine et à un moment donné, on sature. Parfois, on finit à cinq heures du matin», confie Jacques Trabi, le réalisateur. C’est l’histoire d’un père de famille qui, pour se sortir des difficultés ambiantes, se livre à d’autres activités pas toujours clean. Il y a par exemple son fils qui veut devenir policier mais il y a des bakchichs à payer.

«Le film se déroule autour d’un projet social dans lequel on a essayé de mettre de l’action. Sans regret est donc un film policier à socle social», explique le réalisateur. Après un mois de tournage à Abidjan et à l’intérieur du pays, le film est actuellement dans la phase de post-production en France. Il est produit par Bouzié Films basé à Paris et Babi Pictures installé à Abidjan. Entre deux séquences, Naky Sy Savané qui fait l’objet de curiosité pendant ce tournage, s’est confiée à nous.

• Quelle est la trame du film ?

– C’est la vie d’une famille lambda, qui se trouve à Youpougon. Le mari est docker et la femme est vendeuse de poissons au marché. Ils ont des enfants qui se débattent au quotidien pour s’en sortir. Le couple habite dans une cour commune. Et leur quotidien n’est pas facile.

• Pourquoi, c’est vous qui campez le rôle de la dame ?

– Il faudra poser la question au réalisateur.

• Michel Bohiri est votre mari dans le film. Y a-t-il complicité ?

– Ça se passe bien entre Bohiri et moi. Nous avons déjà joué au théâtre ensemble. Et c’est la première fois que nous jouons ensemble au cinéma. Avec lui, il y a une complicité naturelle, qui est revenue tout de suite.

Naky Sy Savané 2 Naky Sy Savané : La future madame Bohiri

• Dans le film, on vous a transformée en femme moderne, très différente de la femme très africaine que vous incarnez dans la vie de tous les jours…

– Bèh, moi-même, je ne me reconnais pas (rires). J’ai du mal à me reconnaître ! Habituellement, je ne suis pas comme ça. tout d’un coup, je suis métamorphosée en femme moderne qui porte le complet maxi. C’est tout cela qui fait le rêve du cinéma. Nous autres acteurs, c’est cela aussi notre métier, faire rêver les gens. Il faut donner du rêve aux spectateurs.

• C’est un film d’action (et policier) qui parle de société. Avez-vous déjà joué dans un film d’action ?

– C’est une colle, ta question. Là, j’essaie de voir tout mon parcours. Je dirai oui.

  • Il y a dedans le policier et le social. Quelle est la partie qui vous plaît le plus ?

– Ce qui me plaît, c’est le quotidien de ce couple. C’est le bas peuple qui essaie tant bien que mal de s’en sortir. Très souvent, on ne se met pas à la place des gens d’en bas. Mais, ça peut être très difficile des fois. Leur vie, leur quotidien ne sont pas aisés. On peut même dire que ce sont des gens qui tirent le diable par la queue. En ce qui me concerne principalement, mon mari et moi formons un couple qui s’aime beaucoup et qui a aussi ses enfants. On essaie de donner des valeurs à nos enfants même si ces derniers essaient de s’en sortir tout seuls.

  • On va de plus en plus vers des films qui parlent du quotidien, qui ne racontent plus le passé africain, ses coutumes. Est-ce cela le nouveau cinéma ivoirien ?

– Oui et non. Ce n’est pas parce qu’Abidjan est tout moderne que les gens ne vont plus au village. Mais il est vrai que le cinéma ivoirien est en train de changer. On commence à avoir beaucoup plus de modernité dans nos productions cinématographiques.

  • Quel est le niveau du cinéma ivoirien, voire africain aujourd’hui ?

– On est en train de faire en sorte que le cinéma ivoirien renaisse. Il était en sommeil mais ces temps-ci, il y a des projets qui arrivent. Il y a des réalisateurs qui viennent avec de nouveaux films. Il y a aussi de jeunes réalisateurs qui s’y sont mis. Des structures de productions se mettent en place. Il y a des projets comme le festival international du film des lagunes (FESTILAG) qui sont là pour la relance de l’industrie du cinéma dans notre pays.

  • Cette année, le cinéma ivoirien a 50 ans. Est-ce qu’il fait cet âge dans les faits ?

– Bon, dans la réalité, je trouve qu’on a pris un peu de retard. Du temps de nos aînés, il y a eu beaucoup de films. Après, l’industrie du cinéma ivoirien a connu une traversée du désert. Il y a eu un vide qu’il va falloir maintenant combler. Pour les 50 ans, il faudrait qu’on fasse l’état des lieux et voir où nous en sommes. Et pourquoi nous en sommes là.

  • Vous avez dit avoir initié le Festilag pour la relance du cinéma ivoirien. Est-ce que vous-même êtes soutenue dans votre combat ?

– Etre soutenue est mon souhait. Vous savez, le festival de Cannes dont tout le monde parle est soutenu par l’Etat français à hauteur de 60%. Pour l’instant, ce n’est pas le cas en ce qui nous concerne. On aimerait quand même que notre pays s’investisse pour soutenir ce projet-là.

Par Omar Abdel Kader

Source: Topvisages

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