Ohouochi Clotilde appelle le gouvernement Ouattara à adopter un vrai modèle de politique en faveur des victimes de conflit comme le fit Gbagbo

Ohouochi Clotilde appelle le gouvernement Ouattara à adopter un vrai modèle de politique en faveur des victimes de conflit comme le fit Gbagbo

Le gouvernement du président Gbagbo avait mis sur pied une politique cohérente de prise en charge globale des personnes affectées par le conflit de 2002. Qu’il s’agisse des déplacés internes venus des zones de guerre (un million au début du conflit selon le Ministère de la Solidarité, 500 000 selon les humanitaires), ou des populations confinées dans les zones sous contrôle de la rébellion armée ou encore des réfugiés.

Concernant les déplacés internes, notre Ministère a initié une politique d’insertion dans des familles d’accueil plutôt que dans des camps. L’hébergement des déplacés internes dans des camps offre toujours un spectacle de désolation, donne une impression de stigmatisation et de mise en quarantaine et aboutit souvent à la désocialisation des individus. On ne doit y recourir seulement qu’en cas d’ultime nécessité et dans un délai très limité.

Pour les zones sous contrôle de la rébellion, bien que la présence de l’État soit quasi nulle, des convois de vivres et de non-vivres ont été, régulièrement, acheminés vers les populations sinistrées, avec le concours de certaines structures caritatives et humanitaires (Croix Rouge, Caritas) ou par l’intermédiaire des responsables des collectivités décentralisées délocalisées à Abidjan. Même si, une fois sur le terrain, certains de ces élus locaux s’attribuaient, à des fins électoralistes, je pense, la paternité de ces actes de solidarité nationale initiés par le gouvernement.

Toutes ces activités de soutien social, sanitaire et psychologique ont été menées par l’État pour prévenir la catastrophe humanitaire qui guettait le pays. Et, pour une fois, en Afrique, un pays en proie à une guerre civile n’a pas offert au reste du monde les images horribles de squelettes ambulants aux yeux exorbités, se bousculant pour ramasser des miettes tombées du ciel. Aucun sac de vivres n’a été parachuté par hélicoptère sur le territoire ivoirien. Concernant les exilés la plupart étaient en Guinée. Ils étaient environ cinq mille, hébergés essentiellement dans le camp de Nona, près de la ville frontalière de Nzérékoré. J’ai vu la misère et la détresse de ces compatriotes, entassés sous des tentes communautaires, dans une promiscuité et une précarité sans nom. Mais la Guinée a mis un point d’honneur à accueillir et protéger ces ivoiriens en détresse, au nom de la solidarité entre les peuples! Comme le fait le Ghana, aujourd’hui!

Les réfugiés ivoiriens bénéficiaient de l’aide humanitaire et de la sollicitude constante du président Lansana Conté (de regrettée mémoire) et des membres de son gouvernement. L’ex-première dame, Madame Henriette Lansana Conté, veillait spécialement au bien-être des bébés qui naissaient dans le camp et de leurs mères. Lors des fêtes religieuses, les autorités administratives de Nona faisaient des dons de vivres.

Lorsque les armes se sont tues sur les lignes de front et que la situation sécuritaire s’est quelque peu améliorée, l’État ivoirien s’est engagé, en accord avec les autorités guinéennes, à organiser le retour de ceux qui le désiraient. Plusieurs rotations d’avion et de bateau ont été mises en œuvre pour accomplir cette opération. Une fois en Côte d’Ivoire, après une période de réadaptation dans des centres d’accueil crées à cet effet, où des équipes pluridisciplinaires leur ont dispensé une prise en charge sanitaire et psychosociale spécifique, les retournés de Guinée sont repartis chez eux avec des mesures d’accompagnement substantielles et appropriées pour leur réinstallation.

Chers émergents, voilà un modèle de politique en faveur des victimes de conflit. Au lieu de nous servir vos slogans creux de réconciliation…

Ohouochi Clotilde Yapi

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE