On l’adore ou on le déteste (Par Bertin Koffi)

On l’adore ou on le déteste (Par Bertin Koffi)

Réside-t-il encore dans ses valeurs originelles ? Œuvre-t-il à se renforcer pour se mettre en état de reconquérir le pouvoir d’Etat en 2020 ? S’effrite-t-il pour se noyer dans l’informe RHDP ou pour se diluer dans le RDR ? Où va actuellement le PDCI-RDA mon cher parti politique ?

Sorti en sursaut d’un cauchemar, la nuit de la veille, ces interrogations ont inondé mon esprit et je n’en reviens pas parce que j’ai mal. A vrai dire, la large base qui constitue le socle du PDCI-RDA manque de boussole et se fait siennes les questions qui ont agité mon sommeil. Nous sommes en fin d’année 2017 et rien ne présage des élections présidentielles en 2020. Or, tout est à remettre à plat. Le découpage électoro-administratif, la composition de la CEI, celle du Conseil constitutionnel, les processus qui ont conduit aux élections présidentielles de 2015 et législatives de décembre 2016 ont créé plus de raisons de diviser les acteurs politiques et les populations qu’ils ne les ont rapprochés sur l’essentiel. C’est l’immobilisme, c’est le sur-place et les mêmes causes produiront les mêmes effets, puis, comme des bleus, on aura que nos yeux embués de larmes pour nous interroger : à quand la fin de notre tribulation ?

On ne me taxera pas de commission de péché si je mettais les insurrections armées, l’insécurité grandissante et les autres déconfitures sociales au nombre des conséquences de cette gouvernance « SUJETTE A CAUTION ». Malgré ces faits paralysants pour une vie démocratique rassurante, aucune initiative n’est prise pour changer la donne. Au niveau du RDR, les coudées sont franches et les objectifs sont clairement définis. Chacun est affecté à ses missions et sa feuille de route est élaborée à pile et à poil. Dès l’alerte, tous seront au Rendez-vous. Au FPI, il y a deux préoccupations : libérer Laurent Gbagbo, les prisonniers politiques et la rentrée d’exil de ses militants ;  et, dégager Ouattara du pouvoir d’Etat. Ces deux préoccupations se fondent en un défi majeur, celui de la reconquête du pouvoir d’Etat.  Dans ce starting-block où chaque formation  politique qui nourrit de nobles ambitions fourbit ses armes et affûte ses stratégies, par quelle ligne se définit mon parti le PDCI-RDA ? Je devine que nos priorités actuelles sont : les louanges aux mérites de Ouattara, implorer sa mansuétude pour qu’il crée rapidement le parti unifié, quémander ses visites à Bédié pour donner des assurances que le PDCI-RDA est toujours sous sa protection et mieux, que les militants RDR égarés ou non ne vont plus injurier Bédié, que les militants PDCI quelque soit leur mérite, mais dociles, auront toujours des postes garantis au gouvernement, dans les Institutions, dans la Haute administration et que lui Ouattara pourrait envisager qu’en 2020, Duncan soit le candidat-faire-valoir pour le mieux placé des militants du RDR aux présidentielles. C’est à cela que se résument les activités du PDCI-RDA post-Houphouët-Boigny. Il commence à se faire tard. Pourtant, il semble que mon parti et ses cadres valent mieux qu’une telle caricature inexpressive. Qu’est-ce qui le prouvera ?

Eh bien, on l’adore ou on le déteste, Bédié est le père de la paix et de la non violence en Côte d’Ivoire après le père fondateur. On l’adore ou on le déteste, Bédié a su taire son égo pour faire droit à la démocratie participative : canal d’une alternance politique vraie. On l’adore ou on le déteste, Bédié a atténué les ardeurs bellicistes de Ouattara pour que sa rébellion contre les populations innocentes de Côte d’Ivoire ne fasse pas plus de victimes que ce que nous déplorons. De fait, plus que le loup au plumage de colombe pour chanter la démocratie et la paix du bout des lèvres, Bédié est la vraie colombe de paix de l’intérieur comme de l’extérieur. Mais, Bédié pense-t-il que ses œuvres de paix lui survivront sans un successeur, mieux à même de les magnifier et de  les entretenir en actes et en paroles ? Autant Bédié a fait l’appel de Daoukro pour maintenir Ouattara au pouvoir jusqu’à ce jour. Autant Bédié a rassemblé tous les baoulés et les autres dignitaires traditionnels de ce pays qui se reconnaissent dans les œuvres de paix sur les cendres d’Houphouët-Boigny, en terre Baoulé-Akwê, pour faire Ouattara président de la République. Autant Bédié, peut rassembler la Côte d’Ivoire dans les mêmes lieux, dans les mêmes circonstances et pour les mêmes causes pour désigner le futur candidat du PDCI-RDA aux présidentielles de 2020. Ahoussou Kouadio Jeannot, Gaston Ouassénan Koné, Aka Aouellé, Albert Francois Amichia, Patrick Achi, Duncan Kablan Daniel, Guikahué Kakou Maurice sont des cadres de hautes compétences aux expériences d’homme d’Etat éprouvées. Pourquoi ne pas puiser dans ce vivier de potentialités pour guérir la Côte d’Ivoire et remettre la fière image du Président Houphouët-Boigny au pinacle des béatifiés de ce monde ? Bédié, l’histoire t’attend !

Que dire de la force tranquille Charles Konan Banny qui a osé ? L’homme du «  NON » au bradage du patrimoine du PDCI-RDA. Charles Konan Banny, on l’aime ou on le hait, il est un homme d’Etat qui compte pour le bel avenir de ce pays. N’est-ce pas lui qui sait lire finement les signes du temps et des événements ? N’est-ce pas lui qui, oint du sceau de la Communauté internationale en tant que 1er Ministre avec plein pouvoir a donné sa démission au président Gbagbo et non à ladite communauté ? Le faisant, l’homme a vu venir la guerre électorale de 2010-2011 qui a alourdi, à jamais, la nature pécheresse des parties prenantes dans cette catastrophe humaine. Toute chose (LA BESTIALITE) que tout homme digne lutte pour s’en débarrasser. Ne faisant pas partie des politiciens guerroyeurs dont les mérites s’apprécient à l’aune des obus, Charles Konan Banny a joint l’intelligence à la sagesse. Banny, par la CDVR, est le vrai dépositaire et le sachant principal des causes et des effets de la guerre postélectorales de 2011. D’où, son rapport implacable que les faiseurs et diseurs de paix redoutent de publier. Ce travail d’une telle ampleur et d’un goût si acide, n’importe qui ne peut le faire. Il relève d’un homme de courage et d’amour pour son peuple. En 2015, Charles Konan Banny a prononcé son REFUS de s’aligner, A LA MOUTONNIERE, pour célébrer le requiem du PDCI-RDA. Il a résisté pour le maintien de mon parti PDCI-RDA à l’endroit contre sa vassalisation à laquelle on le conduisait. Et, à deux jours seulement des élections de 2015, Banny s’est rétracté à son corps défendant. A-t-il vu venir le spectre de la guerre électorale qui emporta Laurent Gbagbo en 2011 ? Ouattara étant le choix incontesté des grandes puissances, s’entêter pour lui barrer le chemin était-il synonyme d’une provocation de catastrophe sur le pays pour toujours ? Avec le recul du temps et les scènes de désolation qui nous affligent chaque jour davantage, à chacun de répondre.

Charles Konan Banny est toujours demeuré un fils inconditionnel du PDCI-RDA, à la différence des militants ESSUIE-GLACES dont la position varie selon le temps, les circonstances et le moment. Charles Konan Banny est respectueux de Bédié en tant que cadet. Le cadet bien éduqué, en Akan, n’est-ce pas celui-là qui dit à son aîné les dures vérités qui sauvent ? Du reste, Banny Charles ayant défini le cadre et portant un projet « pour un nouveau pacte de confiance dans une Côte d’Ivoire rassemblée », il fait partie des hommes d’Etat du PDCI-RDA à explorer pour le futur et glorieux destin de la malheureuse Côte d’Ivoire, à la CROISEE des chemins, aujourd’hui.  Qu’on l’adore ou qu’on le déteste, Bédié reste le père du vrai MIRACLE IVOIRIEN aux matériaux précieux. Au soir de sa vie politique, Bédié qui aime si bien le PDCI-RDA et la Côte d’Ivoire n’osera pas les enfoncer dans l’abîme. Il saura tirer le bon grain de l’ivraie pour redorer la Côte d’Ivoire à l’honneur d’un peuple qui ne l’aura loué pour rien.

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