Origine négro-africaine de l’expression Alahu Akbar « Dieu est Grand»

Origine négro-africaine de l’expression Alahu Akbar « Dieu est Grand»

Ceci s’adresse aux personnes qui ont une connaissance, même sommaire, de la Passion de Wsir (Osiris)

1) La couleur verte est l’une des couleurs (avec le noir) consacré à Wsir (Osiris).

2) Le négro-égyptien wAdj est traduit par « vert » et « papyrus ».

3) Le mot « papyrus » est formé à partir de la racine grecque -pyr traduit par « feu ».

4) L’association du feu au support de l’écriture est fonction du négro-égyptien wAdj « vert » qui correspond (notamment) au bassa yàdà « vert ». La racine du bassa yàdà « vert » est -àda « allumer », « attiser un feu ». Ce qui explique pourquoi le grec forme le mot papyrus à partir de pyr « feu ».

5) Nous rappelons, pour information, que le thème du négro-égyptien wAdj « vert », « papyrus » consacre celui de l’alliance dans les langues négro-africaines, ce qui explique l’omniprésence du papyrus dans les figurations de la smA tawy (Union). Le négro-égyptien wAdj forme notamment le fufulde wa’du « alliance », « engagement mutuel », pour ne citer que cet exemple; un thème que l’on retrouve avec le bassa li-àda « mariage », formé à partir de la racine -adà décrite plus haut (voir Km.T : Le Sens du Nom). La racine -adà formera le mot adnà qui signifie précisément « alliance » en langue bassa. En pulaar aada signifie « tradition » ou « coutume »; mot qui dérive du négro-égyptien wAdj auquel s’associe la série suivante :

– bambara : làada « coutume », « règles »
– bidiya : aadine « rite », « coutume »
– bokobaru : ààdà « tradition », « obligation »
– bore : laada « coutume »
– bozo : laanda « coutume »
– bobo : làndá « coutume »
– busa : lààdà « tradition »
– dogon : landa « coutume », « tradition », « usage »
– fufulde : aada « coutume », « habitude »
– fufulde : adi « coutume », « habitude »
– hausa : ada « coutume », « habitude »
– kanuri : ada « coutume », « habitude »
– kanuri : adawá « culture »
– afar : qaada « coutume », « habitude », « moeurs »
– (arabe) : ada « habitude », « coutume »

Cette coutume, il faut le savoir, c’est le mariage, qui est une conquête méridionale à l’initiative des peuples sédentaires connaissant le matriarcat et pratiquant l’agriculture, ce qui permet d’exclure la possibilité d’une origine « arabe » de ces termes.

7) L’autre nom du papyrus est byblus en langue grecque, à l’origine du mot Bible. La Bible contient les Évangiles traduites par « Bonne Nouvelle ». La liste qui suit offre les traductions du mot nouvelle dans les langues négro-africaines :

– barguimien : habar « nouvelle »
– bamanan : kìbàro « nouvelle »
– bariba : daabaru « nouvelle »
– badiya : kàbare « nouvelle »
– bokobaru : lààbari « nouvelle »
– bore : ibaru « nouvelle »
– bozo : xibaru « nouvelle »
– bobo : kibàró « nouvelle »
– buduma : kaber « nouvelle »
– buduma : làbar « nouvelle »
– buli : labaari « nouvelle », « message »
– dagbani : lahabali « nouvelle »
– dangaleat : kàbirné « nouvelle »
– dangaleat : kàbìrrè « annoncer une nouvelle »
– dangaleat : kàbaré « nouvelle »
– dogon : kiberu « salutations »
– dogon : kibelu « nouvelle »
– dogon : tyubaru « nouvelle », « annonce »
– gade : làbárí « nouvelle », « récit de faits »
– gurma : labalo « nouvelles »
– fufulde : habaru « nouvelles »
– hausa : làbari « nouvelle »
– kanuri : awàr « nouvelle », « message »
– kanuri : lawâr « nouvelle », « message »
– logone : labar « nouvelle »
– mandinka : kibaari « nouvelle », « annoncer une nouvelle »
– migama : kábàrré « nouvelle »
– moba : labal « nouvelle »
– mokilko : ákùbáàr « nouvelles à la radio »
– mokilko : kàbar « nouvelle », « information »
– moore : kibàré « nouvelle », « rumeur »
– munjuk : labar « nouvelle »
– songhay : àlhàbáarù « nouvelle »
– soninke : xibaare « nouvelle »
– susu : kibaro « nouvelle »
– tiv : labari « nouvelles »
– wolof : xabaar « nouvelle », « information »
– yoruba : làbári « nouvelles »

Sergio Baldi fait provenir ces termes de l’arabe xaber « nouvelle », ce qui est une impossibilité au regard de ce qui va suivre.

Le boli labaari « nouvelle », « message » est la forme usuelle que prendra le négro-égyptien br « baris » dans les langues du domaine soudanais décrivant ainsi la Barque d’As.t (Isis). Labaari et toutes les formes décrites ci-haut correspond au fang byali ou abyalé qui signifient respectivement « pirogue », « naissance », « origine ». Le fang abyali devient awwali « commencement » (b>w) en haussa, homonyme du kanuri awàr « nouvelle », « message » (r>l). En outre, le dangaleat kàbìrrè « annoncer une nouvelle » explique l’origine du rituel cabirique connu dès l’époque pré-hésiodique, c’est-à-dire à une époque où les « Arabes » et l’Islam n’existaient pas dans l’Histoire. Ce qui rend caduque l’hypothèse d’une origine arabe de ces cognats. Le mot Cabires, du grec ancien kábéiroi, décrit des divinités issues des cultes pélasgiques. Les Pélasges, d’ascendance éthiopienne, sont les premiers habitants des îles devenues la Grèce. Le rituel cabirique est un rituel de circumambulation (ou thronisme), semblable à celui de la Mecque, mettant en scène la mort et la résurrection de Dyonisos-Cadmille, avatar grec du dieu Wsir (Osiris).

Plus important encore, c’est du soninké xibaare que provient le français gabari ou gabarit, modèle ou patron de construction fait avec des pièces de bois qui servent à donner aux pièces de bois la même forme, les mêmes contours et les mêmes proportions; il s’agit d’un outil indispensable au charpentier.

Le lien entre le soninké xibaare et le français « gabarit » est établi en fonction de la Passion de Wsir (Osiris) qui présente un coffre fait aux mesures du Dieu mort et ressuscité (Wsir). Ce coffre, c’est le xibaare ou labari, la Barque d’As.t (Isis), la « Bonne Nouvelle », le gabarit. Cette relation est à l’origine du métier consacré au personnage biblique de Jésus (charpentier).

La métathèse du wolof xabaar « nouvelle » est akbar traduit par « grand » en langue arabe; une relation qui fixe l’origine de l’alahu akbar « Dieu est Grand » de la langue arabe.

Le terme alahu est une variation dialectale du grec ololu ou elelu consacré au dieu Dionysos. On lit chez Herman Ewerbeck : « La fête hébraïque des Tabernacles, mieux dite des Banquets et des Bosquets, ressemble tellement à la fête du Dionyse hellénique que Plutarque écrit : « L’époque et la manière de célébrer sont à peu près les mêmes dans l’une et dans l’autre ». Les Héllènes y chantent ololu ou eleleü, ce qui vient de l’hébreu halléloujah, c’est-à-dire hallélou-Jehovah (louez Jéhovah). ». Le grec ololus signifie “pleureuses”. Le mot ololu ou elelu qu’Ewerbeck prend pour de l’hébreu n’est certainement pas de l’hébreu puisqu’il procède du commun -lela « pleurer » des langues de la cuvette congolaise :

– punu : u-lila « pleurer »
– kerewe : lila « pleurer »
– bobangi : -lelà « pleurer »
– lingala : -lelà « pleurer », « gémir »
– lingala : -lelisa « faire pleurer », « faire pousser un cri »
– lingala : -leli « pleureur », « plaintif »
– mbenga : -lelà « pleurer »
– eleku : -lelà « pleurer »
– langi : -rira « pleurer » (l>r)

Les mots ololu ou elelu devenu alleluia furent initialement ceux des pleureuses As.t (Isis) et Nb.t Hw.t (Nephtys) qui paraissent dans le récit de la mort et de la résurrection de Wsir (Osiris). De fait, le grec ololus signifie « pleureuses », mot qui dérive du lingala -lelà « pleurer ». Cette relation se trouve confirmée par le ciluba -lela qui associe ce cognat à la naissance. En cilùba, -lela prend le sens de :

1) accoucher
2) enfanter
3) engendrer
4) mettre au monde
5) causer
6) occasionner
7) fonder une famille
8) éduquer
9) élever
10) adopter
11) produire
12) assujettir
13) soumettre

Le cilùba -lela formera des mots tels que :

– ciledi : « cause », « origine »
– bulelà : « parenté »
– baledi : « parents »
– cileledi : « matrice »
– cilelelu : « placenta »
– lulelu : « enfantement », « génération », « fécondité »
– mulelà : « membre de la famille élargie », « parent »
– ndedi : « cause »
– ndela : « personne prolifique »

En ganda (Ouganda), alulwa signifie « éclore d’un oeuf », synonyme d’iddwa « éclore d’un oeuf » dans la même langue. Wsir (Osiris), comme on le sait, est associé à l’oeuf. Le ganda iddwa « éclore d’un oeuf » correspond au négro-égyptien dwA « adorer », « prier », le sens même d’alléluiah « louer (Yahvé) ». Au ganda iddwa « éclore d’un oeuf » s’ajoute les formes suivantes :

– akurumfe : adoa « bénédiction »
– bamanan : dugawu « bénédiction »
– boko : adùa-alua « prière »
– bokobaru : àdùá « prière »
– bore : duba « bénédiction », « bénir »
– busa : àduà « prière »
– dagbani : adua « prière »
– dogon : duá « bénédiction »
– fufulde : duwo « demander à Dieu une faveur »
– fufulde : do’a « prière »
– hausa : àddù’à « invocations »
– kpele : luwo « bénédiction », « chance »
– logone : ádua « prière »
– mandinka : duwa « invocations »
– mandinka : duga « invocations »
– maninka : dúá « prière »
– moore : dua « prière »
– moore : duaaga « prière »
– nupe : adùwa « prière »
– sisaala : adua « prière »
– songhay : àdùhá « prière »
– soninke : duwa « bénédiction »
– temne : ruba « bénir »
– yoruba : àdùra « prière »

Le yoruba àdùra « prière » est la forme à l’origine du latin adorare qui conduit au français « adorer ».

Amenhemhat Dibombari

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