Ouest Ivoirien : Le foncier rural au cœur de tous les massacres perpétrés à ce jour (et autres conflits à venir)

Ouest Ivoirien : Le foncier rural au cœur de tous les massacres perpétrés à ce jour (et autres conflits à venir)

A la dernière commémoration relative aux massacres des populations autochtones du camp des réfugiés de Nahibly à Duékoué, toujours la nuit du 19 au 20 Juillet 2016, l’un des divers ateliers tenus a longuement planché sur le foncier, le foncier rural, la loi sur le foncier rural votée en 1998 sous le Président BEDIE, les expropriations diverses par la force des armes et du poids démographique des rebelles envahisseurs, le comportement malhonnête ou véreux d’administrateurs de l’Etat (?), des administrateurs plus soucieux de s’enrichir par tous les moyens que de préserver la paix, les intérêts de l’Etat ou la sécurité durable de populations autochtones Wê qui continuent de souffrir les affres d’une guerre sauvage de recolonisation doublée d’une invasion parrainée par la France et l’O.N.U.

Les dernières informations recoupées sur le terrain, confirmées par des paysans burkinabè et baoulé qui se sont démarqués de cet autre ilot ou monstre d’injustice, sont révoltantes ! De quoi s’agit-il ? A Guéhiébly et à Bahé-sébon, dans le département de Duékoué, les lotissements battent leur plein, sur la base du faux, du surnombre effarant des envahisseurs étrangers et de la force illégalement armée, toujours prête à massacrer autrui pour l’exproprier.

A Guéhiébly et Bahé-sebon, une coterie d’autochtones Wê, pour le gain facile, prête le flanc à cette sorte de hold-up, à l’insu d’une part et en l’absence massive d’autre part des nombreux fils de la sous-préfecture de Guéhiébly, absence du fait de la guerre et de l’exil mais encore et surtout du fait même de l’insécurité galopante qui empêche le retour chez eux d’un grand nombre de ces absents et exilés involontaires. Devant une telle situation qui ouvre la porte à tous les doutes quant aux nombreux conflits qui naîtront demain d’une telle opération de lotissement, l’idéal ne serait-il pas d’y surseoir, purement et simplement ? Contre l’entêtement d’ordre pécuniaire de certains cadres de l’administration ivoirienne (ici le Préfet de Duékoué et le Sous- Préfet de Guéhiébly), le collectif des victimes se lèvent en bloc et dénoncent :

– voici qu’à Guéhiébly, il y a blocage après le début de l’opération de lotissement, pour des raisons d’ordre technique, juridique, social, financier et … coutumier, bref, des litiges à n’en plus finir, mais des litiges le plus souvent générés par l’administration elle-même ; pour de l’argent, rien que de l’argent, ça suffit !

-que gagnent donc ces administrateurs à embraser le village de Bahé-sebon pour les temps à venir, en ordonnant de force le lotissement de ‘’michelkro’’, sur les terres d’autochtones Wê, des terres sur lesquelles subsistent encore des bouts de plantations de ces Wê ? Pour des terres appartenant à des familles entières et dont certains fils sont en exil ou loin du pays, que leur donnera-t-on demain comme explication après avoir vendu leurs terres ?

– quand un grave conflit d’ordre foncier se profile à l’horizon, ne faut-il pas arrêter tout projet à même de le créer, quelle que soit la hargne ou l’esprit d’arrogance d’acquéreurs qui se moquent de la loi, quand bien même ils sont armés jusqu‘aux dents ? Il y a juste deux ou trois ans, un projet des plus funestes auquel collaborait même la Banque mondiale, a tenté d’exproprier les Ivoiriens de leurs terres mais ce projet de sorciers a échoué ! Au quartier Carrefour de Duékoué par exemple, des ‘’nouveaux ‘’propriétaires terriens, d’origines burkinabé, guinéenne et malienne, sur la base de témoignages comme ceux que l’on suit ces temps-ci à La Haye ou au Palais de justice d’Abidjan, ont lamentablement échoué quand il s’est agi de prouver leurs droits de propriétaires !

–des Burkinabè et des Baoulé qui en ont marre de ‘’marcher avec le diable’’, tout en se désolidarisant de ce projet de lotissement de ‘’michelkro’’ à Bahé-sebon, nous laissent entendre qu’il s’agit d’au moins trois cents cinquante millions (350 000 000) francs, c’est-à-dire environ un demi- million d’euros qui est en jeu, un montant en lequel préfet et sous-préfet gagneraient gros, d’après nos informateurs.
Vrai ou faux, c’est à l’Etat de vérifier cela et de punir tout escroc éventuel.

La préoccupation des victimes de Duékoué, c’est la préservation des terres que les populations de chez nous ont reçues en héritage de leurs ancêtres. Encore que de simples fonctionnaires de l’Etat ne peuvent au nom d’on sait quelle urgence, se montrer plus préoccupés par le bien-être des populations autochtones que ces populations elles-mêmes, sachant très bien, en tant qu’autorités administratives, que les conflits fonciers se comptent par milliers à l’ouest, bien souvent sur la base du faux ou de l’inacceptable. Services du domaine des bureaux de sous-préfectures quand ça va et que la discussion a lieu, hôpitaux ou cliniques privées quand ça dégénère, ne désemplissent jamais à Duékoué, à cause du foncier rural. Or, c’est malgré cette ambiance ou situation qui invite plutôt à la prudence que les responsables locaux de l’Etat à Duékoué et à Guéhiébly, devraient refuser à quiconque de créer une autre bombe à Bahé-sebon, même si c’est vrai que ce village est situé versant ouest au pied du mont Péko, une zone, c’est connu, où l’Etat a du mal à affirmer son autorité malgré l’arrestation il y a trois ans déjà d’Amadè OUEREMI.

Alors à quand le retour du règne de la loi en Côte d’Ivoire ? A quand l’application sur le terrain de la loi sur le foncier rural, loi votée sous BEDIE, suite à ce conflit sauvage subi une fois de plus par les Wê à Fengolo en Août, Septembre et Octobre 1997, en toute injustice et mauvaise foi manifeste ? Vite, allons à l’application de cette loi ! Les envahisseurs de tous ordres, allochtones et étrangers, peuvent affluer à l’ouest ivoirien comme ils veulent, forts de leurs armes de guerre, de leur arrogance ou violence verbale, ils passeront, avec pour seule fortune amertume et regrets. Pour la simple raison que l’on ne saurait remercier son bienfaiteur d’hier, celui qui vous a octroyé un morceau de terre, en le couvrant d’injures et de mépris. En 2002 puis en 2011, des étrangers mêlés à la rébellion, ont cru pouvoir devenir propriétaires terriens en assassinant certains de leurs hôtes Wê : malgré les fusils des rebelles et des dozo, des familles courageuses ont dit non !

Enfin, à tous ces loups qui hurleront à la xénophobie demain, nous les invitons dès à présent, médias, organisations non gouvernementales, institutions internationales et griots toujours mal inspirés de la françafrique, nous les invitons, encore une fois, à venir constater en nos villages, forêts, parcs et réserves, tout l’abject et la jungle qu’ils ont créé en notre pays par une guerre des plus sauvages ! En attendant, nous espérons que messieurs le Préfet de Duékoué et le Sous-Préfet de Guéhiébly se feront forts de ne point semer les germes d’une guerre future à Bahé-sebon, en faisant lotir de force ‘’michelkro’’ car il vaut mieux prévenir que guérir. En attendant, les braves informateurs burkinabè et baoulé veillent pour dénoncer ceux des leurs qui menaceraient la vie des autochtones Wê qui refusent cette opération arbitraire de lotissement à Bahé-sebon.

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, le 22 Juillet 2016.

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