Ouverture du procès de l’ex-chef de la junte militaire : Voici ceux qui avaient intérêt à tuer Robert Guei

Ouverture du procès de l’ex-chef de la junte militaire : Voici ceux qui avaient intérêt à tuer Robert Guei

Depuis septembre 2002, la Côte d’Ivoire a perdu plusieurs de ses éminents cadres. Parmi lesquels Emile Boga Doudou, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de l’époque et plusieurs officiers supérieurs de l’armée ivoirienne. Mais, curieusement « les vainqueurs de la guerre postélectorale ne s’intéressent qu’au seul cas de l’ancien chef d’Etat, Robert Guéi. Cela sans se poser la question de savoir à qui profite le crime.

Qui pouvait avoir intérêt à tuer le premier putschiste de l’histoire de ce pays. Laquelle histoire étant un assemblage de faits et de témoignages, votre quotidien préféré a décidé de revenir sur les relations tumultueuses entre les héritiers d’Houphouët Boigny dont la guerre de succession semble-t-il a emporté l’ex-chef de la junte militaire qui a dirigé la Côte d’Ivoire du 24 décembre 1999 au 26 octobre 2000.Cette rétrospective a trait à l’annonce de l’ouverture du procès concernant cette affaire et surtout aussi à la demande générale de nos lecteurs.

Natif du village de Kabakouma, dans le département de Biankouma, Robert Guéi fut l’un des militaires les plus respectés de son époque. Dans les années 1988, il est le commandant de la 4e Légion de Korhogo. A partir de 1990, avec le grade de colonel, il est nommé chef d’Etat major des armées de Côte d’Ivoire par le président Houphouët Boigny, (une première dans l’histoire de la grande muette).Cette nomination au moment où le bélier de Yamoussoukro fait face à la montée fulgurante de l’opposition conduite par un certain Laurent Gbagbo, alors secrétaire général du FPI.

Avec Robert Guéi à la tête de l’armée, Alassane Ouattara à la primature, Henri Konan Bédié à l’Assemblée nationale et Laurent Dona Fologo comme secrétaire général du PDCI, Houphouët-Boigny a son quatuor pour casser de l’opposition. Mais au fildu temps et surtout après la mort du président Houphouët, ce quatuor se retrouve dans le tourbillon de plusieurs divergences.

La première brouille de Guéi avec ouattara

La mort d’Houphouët Boigny le 7 décembre 1993 met sur la place publique la guerre de succession jusque-là menée en sourdine par ses héritiers. Ainsi, dès l’annonce du décès du «vieux », chacun des héritiers déroule son plan de bataille avec la liste de ses alliés. Très rapidement, Robert Guéi qui doute comme les autres dignitaires du régime de la nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara opte pour le camp du président de l’Assemblée nationale, dauphin constitutionnel du premier président de la République de Côte d’Ivoire. Au moment où l’ancien Premier ministre tergiverse pour présenter la démission de son gouvernement, Robert Guéi en tant que chef d’Etat major des armées et toutes les composantes de cette institution font allégeance à Henri Konan Bédié qui, sous la protection d’un détachement de ‘’bérets rouges’’ ira à la télévision pour son premier message à la nation. Coupant ainsi l’herbe sous les pieds d’Alassane Ouattara. Dans la foulée, le groupe des vainqueurs cherche à arrêter l’ancien Premier ministre qu’il accuse de haute trahison. Mais très vite, ce groupe en a été dissuadé par les chancelleries occidentales. Alassane Ouattara quitte la Côte d’Ivoire pour le FMI avec pour souci un jour de se venger de ses deux «frères» ennemis.

Conflit Guéi bédié

Après la victoire sur Alassane Ouattara qu’ils croient avoir désormais éloigné de la scène politique ivoirienne, Bédié consolide son pouvoir avec le maintien de Robert Guéi comme chef d’Etat-major des armées. Jusqu’au début de l’année 1995, le tandem entre les deux hommes ne souffre d’aucun ombrage. Les deux tourtereaux, pour ainsi dire, filent le parfait amour et Bob est perçu à juste titre comme le pilier du régime de Bédié. Mais en 1995, cette ‘’tendre’’ idylle va prendre du plomb dans l’aile à cause du refus de Robert Guéi de céder aux visées dictatoriales d’un Henri Konan Bédié de plus en plus animé par le désir de museler l’opposition avec l’appui de l’armée. Cela est d’autant vrai qu’à deux jours des marches éclatées du 16 septembre 1995 décidées par le Front Républicain dans le cadre du boycott actif, le gouvernement enjoint le chef d’Etat-major de faire sortir l’armée. Ce à quoi le général Guéi oppose une fin de non recevoir arguant que le maintien de l’ordre n’est pas du ressort de l’armée. Le 2 octobre, c’est-àdire, quinze jours après, le chef d’Etat-major récidive.

En effet, ce jour-là, l’opposition, sous la houlette de Laurent Gbagbo, secrétaire général du FPI et de Djeni Kobenan, secrétaire général d’ordre pour des marches éclatées sur l’ensemble du territoire national. A cet effet, Henri Konan Bédié bat le rappel des troupes des différents commandements de l’armée et demande une fois de plus à Robert Guéi de faire sortir l’armée pour assurer le maintien de l’ordre et au besoin, de mater les manifestants. Le chef d’Etat-major qui a encore en mémoire les événements de la cité universitaire de Yopougon en 1991 et qui en garde un mauvais souvenir ne veut plus porter seul le chapeau d’une telle opération. Il demande alors à Henri Konan Bédié de prendre un décret portant réquisition de l’armée pour l’opération en vue.

Le sphinx de Daoukro voit en cette réponse une offense à sa personne et une défiance à son autorité. A deux jours des élections, Robert Guéi est démis de ses fonctions de chef d’Etatmajor et nommé ministre dans le gouvernement de Daniel Kablan Duncan d’où il sera chassé en août 1996. Mais il est tenu à l’oeil et surveillé comme du lait sur le feu par les services du chef de l’Etat. En 1997, le régime soupçonnant encore Robert Guéi de fomenter un coup d’Etat précipite sa mise à la retraite. Retiré désormais dans son fief à Kabakouma, à l’ouest du pays, Robert Guéi rumine colère et vengeance contre Henri Konan Bédié qu’il a soutenu dans son combat contre Alassane Ouattara en 1993. Comment rebondir pour faire payer à Bédié toute cette ingratitude? Le Saint-Cyrien imagine toutes sortes de stratégies.

C’est ce moment de disgrâce que choisissent les dirigeants du RDR qui pensent désormais utiliser Guéi contre Bédié pour engager de nouvelles tractations avec le natif de Kabakouma.

Comment le RDR renoue avec Guéi pour le coup

Après la sortie de Robert Guéi du gouvernement Duncan, le Rassemblement des républicains (Rdr) se donne les moyens pour composer à nouveau avec lui. L’objectif, combattre le régime de Bédié jusqu’à ce qu’il tombe comme un fruit pourri. Ainsi, dès 1998, des responsables du RDR commencent à rendre des visites de courtoisie à l’homme du 24 décembre 1999 dans son antre de Biankouma. Ces missions sporadiques font renaitre l’espoir chez Robert Guéi qui pense qu’avec l’intérêt que lui accordent désormais les responsables du RDR, son rêve de revenir au devant de la scène peut un jour devenir réalité. Cela n’est pas faux parce que dans le même temps, il reçoit la visite de certaines autorités politiques et militaires françaises. De quoi parle-t-il avec ses hôtes? Mystère et boule de gomme. Mais toujours est-il que le ballet des visiteurs se fait à une cadence assez régulière.

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Tractations dont découle la nouvelle alliance qui va déboucher sur le coup d’Etat contre le régime d’Henri Konan Bédié.

La visite la plus remarquée est celle du général Bentégeat, chef d’Etat major des armées françaises, au début de l’année 1999. Cela sous le prétexte de l’amitié qui le lie à l’ancien chef d’Etat major des armées ivoiriennes depuis l’école militaire de Saint Cyr, en France. Pour les observateurs avertis de la scène politique ivoirienne, ce ballet militaro-diplomatique mêlé aux visites sporadiques des responsables du RDR à Kabakouma, n’est pas fortuit. Dans certaines chancelleries occidentales basées à Abidjan, le débat sur la situation sociopolitique très tendue est au centre des conversations et d’aucuns n’hésitent plus à penser que la situation est en train d’échapper à Henri Konan Bédié qui multiplie les impairs aux plans politique, économique et diplomatique.

Le général Robert Guéi se rend à son tour en France pour y rencontrer ses anciens disciples saint-cyriens. Au cours de son séjour parisien, Robert Guéi en disgrâce avec les autorités de son pays, est reçu avec les honneurs à l’Elysée, à Matignon et au Quai d’Orsay. De retour de ce voyage, l’ex-chef d’Etat major passe quelques jours à Abidjan avant de regagner son village natal. Ceux qui savent lire entre les lignes et certains initiés n’hésitent pas à affirmer déjà qu’avec ce voyage, le sort du pouvoir de Bédié est désormais scellé.

Le coup d’Etat de 1999

Le jeudi 23 octobre 1999, pendant que les Ivoiriens préparent la fête de la nativité, le front politique et militaire est en ébullition. Des soldats de l’armée ivoirienne qui ne supportent plus les dérives totalitaires du sphinx de Daoukro, se soulèvent contre son pouvoir. Les meneurs de cette fronde sont tous du nord et curieusement membres de la garde rapprochée du président du RDR. Il s’agit de Zaga Zaga, Koné Zakaria, Chérif Ousmane, Issiaka Ouattara dit Wattao, Tuo Fozié, Diomandé Vagondo, la liste n’est pas exhaustive. Alors qu’ils ont la possibilité de choisir un officier supérieur de l’armée sur place à Abidjan pour conduire les opérations, ils préfèrent aller chercher le général Robert Guéi retranché dans son village situé à plus de 600 km d’Abidjan. Une fois dans la capitale économique, l’ancien chef d’Etat-major prend les opérations en main et le vendredi 24 décembre 1999, il annonce aux Ivoiriens, sur les ondes de la radio télévision ivoirienne, la chute d’Henri Konan Bédié.

Les brouilles avec le RDR et les tentatives de déstabilisation du régime de Gueï Robert

Après la prise du pouvoir, le nouvel homme fort d’Abidjan et ses « jeunes gens » doivent désormais faire face à la gestion des affaires de l’Etat, avec en prime, la formation d’un gouvernement crédible. Et c’est à ce niveau que Robert Guéï fait apparaitre la complicité entre l’actuel parti au pouvoir et les putschistes au grand jour. Dans le choix des ministres, il fait la part belle à Henriette Dagri Diabaté, alors secrétaire général dudit parti et ses camarades. Le déséquilibre géopolitique est criant et fait sortir le FPI de ses gonds. Le président de cette formation politique menace de retirer ses ministres du gouvernement si rien n’est fait pour rétablir l’équilibre.

Robert Guéi abdique et redresse la barre. Il n’en fallait pas plus pour que le RDR pique une colère noire et cherche même à arracher la gestion de la transition à Guéi Robert accusé de trahir le pacte. Les choses s’enveniment quand le chef de la junte militaire refuse le salon d’honneur de l’aéroport Félix Houphouët Boigny à Alassane Ouattara qui rentre de son exil parisien. Parce qu’il le soupçonne de vouloir renverser son régime avec l’aide des « jeunes gens » qui ont fait le coup d’Etat contre Bédié. Cette affaire est prise très au sérieux par le RDR.

Les jeunes putschistes dirigés par Ibrahima Coulibaly dit IB en font leur affaire et décident de mener la vie dure au CNSP. Robert Guéï pense qu’en éloignant IB d’Abidjan avec sa nomination au poste d’Attaché de Défense à l’ambassade de Côte d’Ivoire au Canada, la fronde va s’estomper d’elle-même. Mais mal lui en prit quand les 4 et 5 juillet 2000, les soldats frondeurs attaquent son régime. Sauvé de justesse par la gendarmerie nationale, l’ancien chef de l’Etat opte pour le durcissement de son règne. Il reprend à son compte les thèses ivoiritaires dont ses amis et lui se sont servis comme alibi pour renverser le régime de Bédié. Ce qui exaspère davantage « les jeunes gens » qui veulent en découdre avec le chef du CNSP. Ils maintiennent la pression sur leur maître qui multiplie également les bourdes à l’image de son prédécesseur. Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2000, Tuo Fozié et ses amis reviennent à la charge en attaquant cette fois-ci la résidence officielle du chef de l’Etat. Mis en déroute, les assaillants se sauvent et quittent la Côte d’Ivoire pour se refugier au Burkina Faso.

Lansana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly (n°2 et 3 du CNSP,ndlr) soupçonnés d’être de connivence avec le groupe des assaillants sont démis de leur fonction et jetés en prison. Le dernier couac qui en ajoute à la colère des anciens alliés de Robert Guéï, c’est l’invalidation par le conseil constitutionnel de la candidature d’Alassane Ouattara au présidentielle de 2000. L’animosité entre les deux camps est à son paroxysme quand le 22 octobre, Robert Guéi perd l’élection présidentielle devant Laurent Gbagbo. Retranché dans son village, le RDR tentera une fois de plus de l’utiliser pour combattre le régime de Laurent Gbagbo.

L’alliance de dupe et mortelle de Yamoussoukro

Après l’élection présidentielle d’octobre 2000 à laquelle Bédié et Ouattara, n’ont pas pris part, l’atmosphère sociopolitique reste toujours tendue. Le président Laurent Gbagbo décide alors de recoller les morceaux à travers l’organisation d’un forum de réconciliation nationale. Pour permettre à tous les fils et filles de ce pays de prendre part à cette catharsis, il fait revenir Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara de leur exil. Quant à Robert Guéï reclus dans son village natal, il est ramené à Abidjan. Pour réfléchir sur les questions liées à la crise politique, Laurent Gbagbo décide encore d’une autre rencontre entre les quatre grands leaders que sont Robert Guéï, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et le président de la République en exercice en janvier 2002 à Yamoussoukro.

Reportée une fois pour cause de calendrier chargé du chef de l’Etat, c’est au début du mois de février 2002 que se tiendra ce forum bis dans la capitale politique. Cette rencontre est mise à profit par « les héritiers » pour laver le linge sale en famille et repartir sur de nouvelles bases. Pendant que les leaders discutent avec Laurent Gbagbo, les dignitaires du PDCI, du RDR et les proches de Guéï Robert se rencontrent nuitamment pour jeter les bases de la nouvelle alliance. Les tractations durent deux jours parce qu’au départ, le président du PDCI exige des excuses publiques de la part des deux acolytes qui ont fait tomber son régime. Robert Guéï en fait de même vis-à-vis des dirigeants du RDR pour lui avoir mis les bâtons dans les roues pendant le règne du CNSP.

Après satisfaction des deux exigences, les choses évoluent très rapidement. Parce qu’après la rencontre avec Laurent Gbagbo, le RDR invite Bédié et Robert Guéï à une cérémonie organisée au quartier Dioulabougou par ses militants de Yamoussoukro. Si les deux anciens chefs d’Etat n’y prennent pas la parole, leur présence à cette cérémonie ne manque pas de susciter des commentaires. Surtout qu’avant de se rendre à ladite cérémonie, Henri Konan Bédié tient une conférence au domicile de Lambert Kouassi Konan où il incendie tous ceux qui de près ou de loin ont pris part à la chute de son régime.

Planification de la déstabilisation du régime de Gbagbo

Malgré ses efforts de rassurer les acteurs de la scène politique ivoirienne, Laurent Gbagbo reste pour ses adversaires politiques l’homme à abattre en 2002. Pour les héritiers d’Houphouët Boigny, cet objectif doit être atteint quel que soit le prix à payer. Et les retrouvailles de Yamoussoukro sont une belle occasion pour peaufiner les stratégies pouvant permettre de venir à bout du régime de Laurent Gbagbo. Ainsi, au cours des premières discussions, le RDR, le PDCI et les hommes de Robert Guéï décident de mettre sur pied une cellule de réflexion et d’actions visant la prise du pourvoir par les armes. Dès sa mise en place à Yamoussoukro, les déserteurs de l’armée régulière en exil au Burkina Faso sont immédiatement informés et invités à faire des propositions d’action à ladite cellule. Ce qu’ils font non sans exiger le retrait de Robert Guéi du mouvement en préparation. Mais très rapidement ils sont rassurés par certains de leurs amis quant à l’engagement de Guéï Robert et sa détermination à en découdre avec Laurent Gbagbo qu’il accuse de l’avoir humilié à l’élection présidentielle de 2000.

La mort de Balla Kéita

Pour la réussite des actions de grandes envergures, le RDR et ses alliés doivent nécessairement s’appuyer sur le contingent des militaires en désertion au Burkina Faso. Mais aussi pour y avoir des représentants pour les préparatifs et la gestion de la transition. Seul le PDCI n’y a pas de représentant. Le RDR y est représenté par Guillaume Soro et Robert Guéï par feu Balla Kéita. A Ouagadougou, l’aile politique de la rébellion en préparation et les militaires ont des rencontres sporadiques avec certaines autorités du pays hôte pour discuter des questions de l’offensive militaire et de la gestion de la transition.

Si au niveau de la logistique militaire aucune divergence n’oppose les partenaires machiavéliques, en ce qui concerne la gestion de la transition, les divergences sont énormes. Pour l’aile militaire, la transition doit être confiée au RDR et en exclure Robert Guéï. Cette proposition exaspère Balla Kéita qui décide d’en informer Robert Guéï à Abidjan. Ce débat qui a lieu le 31 juillet 2002 se termine en un drame sanglant. Le lendemain, c’est-à-dire le 1er août, Balla Kéita est assassiné. A Abidjan, les leaders de l’opposition étouffent la vérité et accusent le régime de Laurent Gbagbo d’être responsable de ce meurtre.

Le coup d’Etat du 19 septembre 2002 et l’assassinat de Robert Guéï

Le 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire est attaquée par une horde d’assaillants lourdement armés. Plusieurs officiers militaires tombent sous les balles assassines des envahisseurs. Parmi les officiers militaires, Robert Guéï, ancien chef de la junte militaire qui a dirigé le pays du 24 décembre 1999 au 26 octobre 2000. Ses amis de l’opposition, pour étouffer la vérité comme ils l’ont fait après l’assassinat de Balla Kéita, sans enquête préalable et comme s’ils avaient quelque chose à cacher, se précipitent pour accuser les forces loyalistes et Laurent Gbagbo.

Pourtant certains cerveaux du coup avaient, quelques jours avant l’attaque, clairement indiqué à certains de leurs amis qu’ils ruminaient colère et vengeance contre le général Guéï qui leur avait créé des problèmes au cours de la première transition et que la journée du 19 septembre allait être pour eux une belle occasion pour lui demander des comptes. Cela est d’autant plus vrai que Mabri Toikeusse, dans une interview accordée au quotidien « le Nouveau Réveil » le mardi 17 septembre 2002, déclare ceci : « la nuit est longue, tellement longue que dans quelques jours, les gens auront à assumer ». S’il ne désigne pas nommément ces’’ gens’’ qui auront à assumer », l’actuel ministre du Plan et du Développement, semble savoir de quoi il parle. Parce que deux jours après, la Côte d’Ivoire est attaquée et son mentor assassiné.

Et comble d’ironie, c’est lui qui fait de l’assassinat de Guéi un fonds de commerce politique. Dans un pays normal où la Justice jouit d’une indépendance totale, un tel monsieur doit être interpellé. Comme cela se voit, au terme de ce dossier, les Ivoiriens qui ne sont pas dupes peuvent désormais se faire une opinion claire sur la mort tragique de ce vaillant militaire.

En analysant au deuxième degré les alliances contre nature qu’il a tissées ça et là avec des personnes qui ne le portaient pas dans le coeur, les uns et les autres comprendront le traquenard dans lequel le général est tombé. Et l’assassin n’est pas forcement là où tout le monde voudrait le voir.

Source: Le Quotidien

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