Palestine: Ouattara supporte la force brutale (Par Ferro Bally)

Palestine: Ouattara supporte la force brutale (Par Ferro Bally)

La Côte d’Ivoire reste silencieuse sur la répression des forces israéliennes en Palestine. Supporter des États-Unis d’Amérique qui imposent leur «Pax americana», notre pays se montre complice des graves violations des droits de l’homme, ayant occasionné des dizaines de morts.

C’est le silence de cimetière en Afrique alors qu’un peuple se fait massacrer sur le territoire de la Palestine. Au moins 58 morts dont des enfants et plus de deux mille blessés palestiniens pour célébrer, le 14 mai 2018, les 70 ans de deux événements antinomiques: d’un côté, la célébration du 70è anniversaire de l’État d’Israël couplé avec l’inauguration de l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Jérusalem-est; de l’autre, la commémoration de la «Nakba» en arabe ou  «la catastrophe», «le désastre» pour les Palestiniens.

En Afrique, seule la République sud-africaine a rappelé son ambassadeur en signe de protestation.  Si un autre régime africain devait soutenir le peuple palestinien meurtri et accompagner l’Afrique du Sud, c’est bel et bien celui d’Alassane Ouattara. En Côte d’Ivoire, soutenu par ses tuteurs occidentaux, il a fustigé le concept d’Ivoirité qui catégoriserait les Ivoiriens entre «Ivoiriens de souche» et «Ivoiriens de circonstance».

Et c’est un simple contrôle d’identité, sur le pont Charles de Gaulle à Abidjan, de  Soro Kigbafori Guillaume, qui aurait officiellement mis le feu aux poudres. C’est la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase de la furie surtout que les éléments des forces de l’ordre en service n’auraient pas reconnu l’ancien leader de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI).

C’est ce crime de lèse-majesté, affirme Soro, qui l’aurait conduit à prendre les armes, fomenter une rébellion pour attaquer le pouvoir Gbagbo dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, afin d’établir en Côte d’Ivoire un État de droit prétendument bafoué.

Pas d’État de droit en Palestine.

Or, en Palestine, il n’existe pas d’État de droit. Et les partisans des droits de l’homme ivoiriens se révèlent bizarrement les adeptes de la force brutale qui fonde, à leurs yeux, le droit. Le 14 mai 1948,  dernier jour du mandat britannique sur la Palestine, établi vingt-cinq ans plus tôt sur les décombres de l’Empire Ottoman, et premier jour officiel de l’État d’Israël, sonne le glas pour les Palestiniens.

En effet, le rêve, depuis la fin du XIXème siècle, d’une refondation sur son lieu antique d’une patrie juive perdue aux débuts de l’Empire romain, s’opposait aux résistances arabes. En novembre 1917, la «Déclaration Balfour»  (du nom du ministre des Affaires étrangères britannique Arthur James Balfour) affirme le gouvernement de Sa Majesté favorable à la création d’un foyer juif en Palestine sous condition … de ne pas y causer préjudice aux non-juifs.

Chacune des deux communautés (arabe et juive) refusant de se fondre dans un État binational, l’ONU  propose alors un plan de partition: un État juif, un État arabe, Jérusalem sous contrôle international. Ce plan, refusé par la partie juive qui se disait spoliée, est voté par l’Assemblée générale de l’ONU le 29 novembre 1947.

L’affrontement éclate alors le 15 mai 1948 avec le départ des Britanniques à l’expiration de leur mandat et la naissance officielle de l’État d’Israël. Elle s’internationalise très vite et devient une guerre israélo-arabe.

Plusieurs centaines de milliers de Palestiniens sont amenés à quitter leurs maisons durant l’ensemble de l’année 1948. D’autres les suivront durant les années suivantes. La plupart prennent la direction de pays ou territoires voisins – Liban, Jordanie, Syrie, bande de Gaza – où ils sont parqués dans des camps théoriquement provisoires, dont beaucoup demeurent d’actualité.

La Résolution 194 du 11 décembre 1948.

Cet exode palestinien que l’historien israélien Ilan Pappé confine à une sorte de nettoyage ethnique planifié, est baptisé «Nakba». 70 ans après leur exode, les descendants des Arabes palestiniens réclament encore l’application de la Résolution 194 votée le 11 décembre 1948 fondant ce qu’ils nomment le «droit au retour»: «Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins ». Ceux qui ne désirent pas rentrer devaient être dédommagés.

Non seulement Israël ne se plie pas à cette Résolution, ayant colonisé toutes les terres occupées de force, mais le pays viole le statut international de Jérusalem. Car après la première guerre israélo-arabe de 1948 perdue par les Arabes, Jérusalem se trouve coupée en deux. La partie orientale revient à la Jordanie. Sa partie ouest est annexée en 1949 par Israël qui en fait sa capitale.

En 1967, la guerre des «six jours» permet à Israël de conquérir, avec la Cisjordanie, la partie orientale de Jérusalem annexée le 28 juin 1967. La ville «réunifiée» devient – malgré une première résolution contraire de l’ONU – la «capitale éternelle et indivisible du peuple juif», statut et expression gravés en 1980 dans la Loi fondamentale (Constitution) israélienne.

Par la Résolution 478 du 20 août 1980 votée à l’unanimité, moins l’abstention des États-Unis d’Amérique, l’ONU condamne cet acte unilatéral. Le texte de l’ONU déclare la loi votée par le Parlement israélien nulle et non avenue. Il invite les États ayant une représentation à Jérusalem à la retirer.

Ainsi fut fait. La plupart des pays, parmi lesquels la France, le Royaume-uni, les États-Unis…, maintiennent leur représentation à Tel Aviv, seconde ville et capitale économique d’Israël. La plupart de ceux – États d’Amérique du Sud, principalement – qui en avaient ouvert une à Jérusalem l’y déplacent.

Les menaces de Trump prises au sérieux.

Mais voilà. Contre ce consensus admis par la quasi-totalité de la communauté internationale, amis de l’État hébreux inclus et contre cet aggiornamento, le président américain, Donald Trump, fait unilatéralement ouvrir, le 14 mai 2018, une représentation diplomatique à Jérusalem avec l’appui de… la Côte d’Ivoire.

Alassane Ouattara a-t-il pris au sérieux la colère de Trump!? En décembre 2017, le Togo a été le seul pays africain à soutenir la motion des États-Unis sur l’installation d’une ambassade américaine à Jérusalem. Cette abstention de pays africains et autres alliés de Washington avait créé l’ire des autorités américaines qui avaient même menacé de couper les vivres à tout opposant à son initiative.

Un homme prévenu en vaut deux. Le lundi 14 mai, douze délégations africaines – l’Angola, le Cameroun, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, l‘Éthiopie, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, le Soudan du Sud, la République du Soudan, la Tanzanie, le Togo et la Zambie – ont assisté à la cérémonie d’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, reconnaissant ainsi implicitement cette ville comme la capitale d’Israël.

Un mois plus tôt, soit le 14 avril, la Côte d’Ivoire, membre du Conseil de sécurité de l’ONU depuis le 2 janvier 2018 au titre des membres non permanents, se montrait le bon élève des puissances occidentales. Contre le vote positif de la Russie, de la Bolivie et de la Chine qui dénonçaient  «l’agression» contre la Syrie, un État souverain, et la violation du «droit international et (de) la Charte des Nations unies», la Côte d’Ivoire a fait échouer le projet de Résolution russe qui avait besoin de neuf voix.

Le pays a fait partie des huit pays qui ont voté contre ce projet condamnant les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril 2018. Sans mandat de l’ONU.

La «Pax americana», produit de cette hégémonie américaine qui consacre la raison du plus fort, compte parmi ses adeptes le chef de l’État ivoirien.

C’est certainement une déformation politique. C’est au nom de cette loi de la jungle où la force impose un droit usurpé, que les solutions politiques pour régler le contentieux électoral ivoirien de 2010 ont été rejetées au profit de la force militaire des forces étrangères (opération française Licorne et Casques bleus de l’ONU). Nous avons dénombré au moins trois mille morts.

FERRO M. Bally

Source: journaldeferro

2 comments

  1. Apres tout qu’attendent les ivoiriens pour chasser Dramane Ouattara de la RCI,un hors la loi qui les guide selon la mafia internationale?Y a t-il une vraie opposition en COTE D’IVOIRE?

    • Apres tout qu’attendent les ivoiriens pour chasser Dramane Ouattara de la RCI,un hors la loi qui les guide selon la mafia internationale?Y a t-il une vraie opposition en COTE D’IVOIRE?

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*