Patrice Talon promet l’enfers à Yayi Boni: Il n’aura pas d’amnestie pour Yayi Boni, si l’audit de sa gestion révèle des malversations

Patrice Talon promet l’enfers à Yayi Boni: Il n’aura pas d’amnestie pour Yayi Boni, si l’audit de sa gestion révèle des malversations

Le feu couve encore entre les frères-ennemis Talon et Yai. En effet, malgré la rencontre qui fut organisée entre les deux hommes au cours du mois d’avril à Abidjan sous l’égide des présidents Faure Gnassingbé et Alassane Ouattara, les propos tenus par Patrice Talon lors de la dernière interview qu’il a accordée au journal « Le Monde » achèvent de convaincre que la plaie causée par la tumultueuse rélation entre les deux hommes est encore béante.

En tout cas, le nouveau président béninois n’entend pas accorder de faveurs spéciales à son prédécesseur. Il lui promet même le feu et l’enfer s’il advenait que celui-ci était impliqué dans des affaires sales. Monsieur Talon informe que Thomas Boni Yayi ne bénéficiera pas de facto d’une quelconque amnistie. «Si cela est avéré, il devra en rendre compte et la justice agira. Il n’y a pas d’amnistie», précise-t-il. Et de poursuivre « …Si la justice le décide, il devra comparaître ».

Ci-dessous quelque extraits de l’interview

Eburnienews.net

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Patrice Talon : « Je rêve que les Béninois me portent en triomphe dans cinq ans »

« Je sais que Le Monde s’intéresse beaucoup à ma personne. Mais Vous ne me connaissez pas ! », décoche Patrice Talon avant même que l’entretien ne commence. Il est 20 heures passés au palais présidentiel de la Marina, à Cotonou. Dehors, la ville est plongée dans le noir. Le Bénin connaît une grave crise énergétique depuis que le Nigeria peine à produire le courant que lui achetait son petit voisin. Seuls les lampadaires solaires offerts par le rappeur Akon éclairent les allées conduisant au palais. Dans la salle d’attente, le climatiseur est réglé sur 27 °C. Patrice Talon, costume gris, sort d’une réunion avec la Banque mondiale.

L’homme d’affaires, qui a emporté, le 20 mars, l’élection présidentielle avec 65 % des voix face au Franco-Béninois Lionel Zinsou, débute dans la carrière politique. Pour ses compatriotes, il a longtemps été le « roi du coton » et l’homme le plus riche du pays. Une réussite qui a sa part d’ombre, comme l’avait rappelé Le Monde durant la campagne. Un tremplin aussi pour le premier entrepreneur à parvenir au pouvoir en Afrique de l’Ouest.

Six semaines après son investiture, Patrice Talon s’est-il mué en homme d’Etat ? Comment compte-t-il passer des promesses électorales à leur mise en œuvre, alors que son prédécesseur, Boni Yayi, a littéralement vidé les caisses ? Entretien exclusif en deux temps.

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Thomas Boni Yayi a promis de Vous aider et de Vous apporter des conseils. Est-ce vraiment utile ?

Je pense qu’il va plutôt se reposer. Il a été président, ses conseils peuvent être utiles, qui sait, nul n’est omniscient. Mais il a laissé le pays dans un état catastrophique.

Est-ce que vous soutenez sa candidature aux Nations unies ? On dit qu’il vise le poste de secrétaire général adjoint de l’ONU chargé du changement climatique et des objectifs de développement durable.

Pour le moment, je ne suis pas au courant. Cela a été évoqué. Mais je n’ai pas été informé officiellement et il ne m’a pas demandé de le soutenir pour cette candidature.

S’il y a des soupçons de corruption à son encontre, allez-vous saisir la Justice ou bénéficie-t-il de facto d’une amnistie ?

Si cela est avéré, il devra en rendre compte et la justice agira. Il n’y a pas d’amnistie. Le mot amnistie n’a été utilisé qu’une fois au Bénin, au cours de la Conférence nationale [1990]. Et a déjà été oublié. A ma connaissance, il n’y a pas de dossiers ouverts à son encontre sur des détournements ou de la corruption. Mais si la justice le décide, il devra comparaître.

Allez-vous rouvrir des dossiers de corruption, comme l’affaire Kassa ?

A mon sens, il n’y a pas de dossier Barthélemy Kassa, il y a un dossier sur les détournements de l’aide des Pays-Bas dans le domaine de l’eau. Et ce dossier n’est pas fermé. Je regrette la décision du Parlement, qui met M. Kassa à l’abri de poursuites judiciaires. Cela montre bien le besoin urgent de réformes. L’eau est vitale pour le pays, toute la lumière doit être faite. J’ai dit aux Néerlandais que nous ferons tous les efforts possibles pour déterminer où est passé leur argent. Et les responsables devront comparaître.

Autre dossier entre les mains de la justice : la boucle ferroviaire de 3 000 km de Vincent Bolloré entre Cotonou et Abidjan. En novembre 2015, la cour d’appel de Cotonou a contraint le groupe français à cesser les travaux parce qu’ils violaient les droits du milliardaire Samuel Dossou. Votre avis ?

Je n’ai jamais rencontré Vincent Bolloré. Samuel Dossou est béninois et je ne vous cache pas qu’il est un ami. Mais ce qui compte, c’est qu’il a la loi de son côté. La justice béninoise lui a donné raison dans son différend avec le groupe Bolloré. J’ai pourtant à cœur de résoudre ce problème par une sorte de consortium entre Bolloré et Dossou pour que ce projet de boucle ferroviaire redémarre. Je compte en discuter avec le groupe Bolloré et avec Samuel Dossou, mais aussi avec le Niger, avec qui je souhaite trouver une position commune.

Samuel Dossou et vous-même avez le même avocat à Paris, William Bourdon. Cela a-t-il joué un rôle ?

Non, c’est une coïncidence. Pour le rail, nous sommes tenus de trouver une solution qui relance le projet et qui respecte le droit de chacun. M. Dossou est dans son droit, il est béninois et je protège d’abord les Béninois.

Lire l’intégralité de l’interview ici

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