Paul Biya déjoue une arnaque d’escrocs franco-israéliens

Paul Biya déjoue une arnaque d’escrocs franco-israéliens

Le président de la République a indubitablement eu du flair sur ce coup, ainsi que le révèle Jeune Afrique dans son édition n° 2850. Selon notre confrère panafricain, des « escrocs franco-israéliens qui, se faisant passer pour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont tenté d’arnaquer plusieurs chefs d’Etat africains en leur réclament entre 5 millions et 9 millions de dollars chacun ( soit 2,7 à 4,9 milliards Fcfa) afin de contribuer à la libération d’otages français dont la capture aurait été tenue secrète ».

L’on apprend par ailleurs du journal de Béchir Ben Yahmed, qu’outre Paul Biya, ces escrocs franco-israéliens ont approché les présidents sénégalais (Macky Sall), ivoirien (Alassane Ouattara), gabonais (Ali Bongo Ondimba), djiboutien (Ismaël Oumar Guelleh), centrafricain (Catherine Samba-Panza), namibien (Hage Geingod) et de la RD Congo ( Joseph Désiré Kabila).

Cette liste, renseigne JA, ne concerne que « ceux qui ont pris la précaution de vérifier (comme Ali Bongo) ou de faire vérifier (comme Paul Biya, via le directeur du Cabinet civil de la présidence de la République, Martin Belinga Eboutou), la véracité de cette affaire en appelant Le Drian ». Les rets se seraient donc refermés sur les chefs d’Etat africains qui se sont abstenus de cette « précaution ».

C’est d’ailleurs ce que redoute l’entourage du Mindef français lorsqu’il susurre que sa « crainte est que d’autres (présidents africains, Ndlr) soient tombés dans le panneau. Car, dans ce cas, ils n’oseront pas l’avouer ». L’enquête en cours, déclenchée par une plainte déposée en fin juillet dernier par Jean-Yves Le Drian, devant le parquet de Paris pour « tentative d’escroquerie », permettra t-elle de connaitre la liste des présidents africains victimes de ces Franco-Israéliens ? Rien n’est moins sûr.

Mode opératoire

Une chose est certaine cependant, c’est que le mode opératoire de ces criminels n’est pas un mystère, notamment pour l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (Ocrgdf). Une institution française rompue à la traque des faux ordres de virements.

En effet, d’après JA, le stratagème de ces escrocs franco-israéliens « est bien connu » de l’Ocrgdf.

Il consiste en « l’utilisation de téléphone sans numéro identifiable via une plate-forme Voxbone dite de dématérialisation (…) Ils (escrocs) expliquent aux chefs d’Etat africains sous le sceau du secret d’Etat, que plusieurs agents des services spéciaux français viennent d’être capturés par des groupes jihadistes. Et que pour des raisons de confidentialité, la rançon exigée pour leur libération ne pouvait être versée directement par la France, mais devait transiter par un pays tiers ».

Une fois le contact établi avec le chef d’Etat africain, les escrocs envoient ensuite « par E-mail un n° de compte (dont la validité n’exède pas 24 heures) d’une banque offshore localisée à Hong Kong. L’argent devait être remboursé au prêteur via l’Agence française de développement (Afd) ».

Cette affaire qui exaspère au plus au point les policiers français, qui se désolent de voir des criminels condamnés par la justice hexagonale poursuivre « en toute impunité » leurs activités criminelles, n’est pas sans susciter au moins une interrogation.

Est-il possible que des individus établis en Israël aient pu avoir (aussi facilement) les numéros de téléphone des chefs d’Etat africains sans bénéficier de complicités dans l’entourage de ces derniers ? On peut en douter.

Yanick Yemga

Source: Mutations

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