Pierre Sané, l’ancien patron d’Amnesty international s’explique:« Pourquoi je me suis opposé à l’installation d’Alassane Ouattara par la force» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Pierre Sané, l’ancien patron d’Amnesty international s'explique:« Pourquoi je me suis opposé à l’installation d’Alassane Ouattara par la force»
Pierre Sané, l’ancien patron d’Amnesty international s’explique:« Pourquoi je me suis opposé à l’installation d’Alassane Ouattara par la force»

Pierre Sané, l’ancien patron d’Amnesty international s’explique:« Pourquoi je me suis opposé à l’installation d’Alassane Ouattara par la force»

Ancien sous-directeur général des sciences sociales et humaines de l’UNESCO, Pierre Sané, 65 ans, a d’abord été de 1992 à 2001 secrétaire général d’Amnesty international et a conduit, à ce titre, de nombreuses missions à l’extérieur du pays, dont celle de 1995 à la conférence mondiale des femmes à Pékin et, en septembre 1997, au conseil de sécurité de l’Onu, à New-York.

Lorsque survient la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, Pierre Sané prend fait et cause pour la légalité constitutionnelle. Il est contre l’intervention étrangère qui se prépare contre la Côte d’Ivoire et dénonce, dans plusieurs contributions,la légitimité des sanctions imposées au pays, dont celles sur les médicaments…

Alors que le dénouement de la crise postélectorale est connu depuis avril 2011, un journaliste sénégalo-guinéen, Moriba Magassouba, l’a pris à partie le 8 juillet dernier. Ce dernier, note,dans un quotidien sénégalais que « l’ancien patron d’Amnesty International,le Sénégalais Pierre Sané, aurait reçu de l’argent pour prendre la défense de Laurent Gbagbo. Ce que beaucoup n’ont pas compris ».

Comme à l’accoutumée, le but de la manoeuvre est de laisser croire que la position du président Gbagbo est indéfendable, sauf pour ceux qui ont été expressément payés pour l’absoudre.

Au Sénégal en effet, l’activisme anti-Gbagbo se ressent aujourd’hui encore dans l’opinion majoritaire. C’est que pendant de nombreuses années, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade et ses différents relais ont fait croire que le pays est contre les étrangers et que les noirs, victimes de racisme en France, y sont mieux traités comparés à ce que subit un burkinabé en Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, l’ancien patron d’Amanesty international a décidé de porter plainte contre l’auteur des dites accusations. Mais également, de réaffirmer sa position sur la situation ivoirienne. Il l’a rappelé dans une publication internationale « Imagine Africa Intstitute ».

Dans ce journal, Pierre Sané rappelle notamment qu’il a défendu la nécessité du dialogue en Côte d’Ivoire, là où le camp Ouattara n’appelait qu’à la guerre. A cet égard, le recomptage des voix aurait pu éviter tous les morts qu’on impute aujourd’hui au président Laurent Gbagbo. Mais Pierre Sané s’est aussi élevé « contre toute tentative d’intervention armée étrangère dans un pays souverain, destinée à installer par la force un des protagonistes du contentieux électoral » et contesté « la légitimité des sanctions internationales destinées à punir collectivement le peuple ivoirien et des personnalités qui s’inscrivaient dans la légitimité constitutionnelle du pays en se mettant au service du président investi par le conseil constitutionnel ».

Trois ans après le violent dénouement de la crise postélectorale et la traduction de Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, le sénégalais ne démord toujours pas de sa position. Pour lui, la France et l’ONU n’avaient pas à installer Ouattara par la force au mépris de la constitution ivoirienne. Le dire, c’est affirmer des principes constitutionnels fondateurs que Pierre Sané a par ailleurs étudiés dans de grandes universités européennes. Car avant de se spécialiser dans les droits de l’homme, le sénégalais a en effet étudié les sciences politiques à l’Université Carleton d’Ottawa puis a acquis un diplôme d’administration publique et de politique publique à la London School of Economics.

Après Amnesty international, il a aussi travaillé à l’UNESCO, en France, qu’il a quitté quelques mois avant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Ses avocats ont donc déposé une plainte contre le journaliste sénégalais et son journal. En fait, depuis son arrivée au pouvoir, Alassane Ouattara s’échine à présenter le président Gbagbo comme une gangrène qu’il aurait extirpée de la Côte d’Ivoire et, pour cette raison, il paie au prix cher tous ceux qui peuvent contribuer à faire entériner cette opinion. C’est d’ailleurs sous cet angle qu’il faut percevoir le film du journaliste camerounais Saïd Penda, auteur d’un film « Côte d’Ivoire, le verbe et le sang » dans lequel il dépeint le président Laurent Gbagbo comme un dictateur sanguinaire, mais aussi « Run », un autre film relatant les événements en Côte d’Ivoire mais sous le même prisme que le pouvoir.

Sauf que la différence cette fois est que le journaliste sénégalais est tombé sur un homme qui connait bien ses droits et qui n’attend se dégonfler en reniant les positions qu’il avait prises sur la crise postélectorale ivoirienne.

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui

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