Pleure, Côte d’Ivoire, pleure !

Pleure, Côte d’Ivoire, pleure !

Alan Paton, écrivain sud-africain de renom, a publié en 1948, à propos de son pays, l’Afrique du Sud, qui se mourait sous les effets ignobles de l’Apartheid, un excellent ouvrage sous le titre évocateur de « Pleure, ô pays bien aimé ».

Devant les ignominies du régime de tous les travers qui a cours aujourd’hui en Côte d’Ivoire, nos pensées vont à cet ouvrage, qui mettait le doigt sur les souffrances des Sud-africains. L’histoire, sans aucun doute, retracera les affres du régime imposé aujourd’hui aux Ivoiriens. Pour l’heure, ce peuple digne est dans la douleur ; et nous disons : pleure, Côte d’Ivoire, pleure !« Pleure ô pays bien aimé » ! disait le Sud-africain, devant toute la souffrance de sa chère patrie.

Des Blancs avaient installé dans son « pays bien aimé » le régime de l’Apartheid. Et ce régime imposait toutes les souffrances, jusqu’à la mort, à son peuple, ses frères et sœurs. Ce sont encore des Blancs qui ont installé en Côte d’Ivoire un régime innommable, qui malmène les Ivoiriens. Arrivé par les armes, le régime Ouattara n’entend que le langage des armes.

La preuve vient encore une fois d’être donnée, en ce mois de mai, dans la situation des mercenaires que Ouattara engraisse avec les fonds de la publique. Il récompense les mercenaires qu’il a utilisés pour massacrer les Ivoiriens, afin de s’installer au pouvoir, avec l’argent du labeur de ces mêmes Ivoiriens. Pendant ce temps, il est fermé à tout dialogue verbal. Ses collaborateurs et lui ne parlent que pour proférer des mensonges, des menaces ou des condamnations. Pleure, Côte d’Ivoire, pleure !

Pendant qu’on vide les caisses de l’Etat pour récompenser ceux qui t’ont porté le glaive, ton système de formation prend l’eau de partout, tes hôpitaux manquent de tout, tes infrastructures se dégradent. Tes fils et tes filles, les Ivoiriens, sont malmenés, dans une logique de cruauté diabolique : il est, en effet, difficile de comprendre autrement le refus des régnants de remettre leur dûaux travailleurs du pays, les contraignant à la grève pour les réprimer. Et sont encore plus à plaindre ces travailleurs renvoyés pour la réalisation du « rattrapage ethnique ».

Oui ! Comment raisonnablement expliquer que des citoyens ayant régulièrement travaillé, perdent, du jour au lendemain, leur emploi, sans raison, sinon qu’on veut les remplacer par des personnes de « la bonne ethnie », comment expliquer que ces hommes et femmes renvoyés ne puissent pas percevoir leurs droits ? Ils ont pourtant, pour la plupart, eu la faveur des lois de la république,à travers des jugements bel et bien rendus ! Même les patrons de la mafia paient leurs employés, lorsqu’ils s’en séparent ! Des employés déflatés des structures du café-cacao, à ceux chassés de l’Office National d’Identification (ONI), et d’autres encore, le régime refuse de payer les droits, malgré des décisions de justice.

Pour les agents de l’ONI, dont nous avons eu la grosse, extraite de la minutedu secrétariat de la Chambre Administrative, une haute juridiction du pays, il s’agirait d’un net refus de M. Bakayoko, le ministre de l’intérieur, de se plier à la justice. Une manière, semble-t-il, de montrer encore une fois qu’il est au-dessus des lois et de tout ! Et ces hommes et femmes, privés de tout, décèdent les uns après les autres au fil du temps : nous nous permettons de nommer les derniers, à notre humble connaissance, à périr de ce sadisme d’Etat : en février dernier est décédé Zahié Dieudonné, ex-chef du Service de Communication de l’ex FGCC, en mars a suivi DjagouriOuréga C, Sous-Directeur de l’Etat Civil à l’ONI.Et la liste qui ne commence pas à ces deux-là n’est pas close…

Pleure, Côte d’Ivoire, pleure !

Emmanuel Kouassi, Enseignant

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE