Pont de Jacqueville: Ouattara cite enfin Gbagbo et capitule face au péage « prévu »

Pont de Jacqueville: Ouattara cite enfin Gbagbo et capitule face au péage « prévu »

Quatre ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que Alassane Ouattara reconnaisse que Laurent Gbagbo a posé un acte positif.

En effet, de son intervention, samedi dernier, au cours de la cérémonie officielle d’inauguration du pont de Jacqueville, il a reconnu, avec ses mots, que son prédécesseur avait commencé la construction de cette infrastructure. «En 2009, l’ancien président de la République, laurent gbagbo, avait également pris l’engagement et essayé de démarrer les travaux de construction de ce pont», a-t-il dit. Naturellement, pour tenter de noyer cette révélation, il a soutenu que les président HouphouëtBoigny et Henri Konan Bédié avait également en projet de construire ce pont. En réalité, c’est le président Gbagbo seul qui a effectivement démarré les travaux de construction de cet ouvrage. La preuve, au moment de son renversement, les piliers du pont étaient vraiment bien visibles sur le chantier.

Le président Alassane Ouattara a fièrement annoncé que le pont Philippe yacé n’est pas à péage. Il a été donné l’impression d’être à la limite surpris qu’on parle de péage concernant cet ouvrage. «Ce pont n’est pas un pont à péage. Oui, je le dis, ce n’est pas un pont à péage (…) J’ai vu sur le Net que la Sotra essayait de vous blaguer en disant que le pont est gratuit jusqu’à la mise en place du péage. Ce pont n’est pas à péage. Parce que nous vous le devons», a-t-il lancé.

En réalité, le chef de l’Etat n’a tenu, devant les populations des 3A que des propos de politiciens. car, à la vérité, l’Etat avait prévu depuis le début des travaux d’en faire un pont à péage. Plusieurs éléments le démontrent. D’abord, en 2013, lors d’une visite du chantier du pont de Jacqueville, le Premier ministre Kablan Duncan avait soutenu que cet ouvrage sera payant. « l’idée pour nous est de donner des ponts et des routes de qualité, mais toute qualité se paye. il faut donc avoir des péages, même si c’est pour des montants relativement acceptables, de manière à ce que les usagers participent à l’amortissement du financement de ces ouvrages », soutenait-il à l’époque.

Ensuite, le directeur général de l’Ageroute, Bouaké Fofana, l’a également dit, pas plus tard que la semaine dernière, lors d’une visite pour s’assurer que les travaux terminés, que le pont sera bel et bien à péage. Enfin, on peut constater que les postes à péage avaient commencé à être construits.

Pourquoi donc ce revirement de situation ? Sur le terrain, des jeunes interrogés ontété formels : « Nous n’aurions jamais accepté qu’on nous fasse payer pour traverser ce pont. Nous avons déjà fait trop de sacrifices. Nos parents ont accepté d’en faire. Maintenant qu’on doit sortir la tête de l’eau, on nous parle de péage ». Et un autre d’ajouter : «Si cette cérémonie avait pris fin sans qu’on nous annonce que ce pont est gratuit, le gouvernement aurait eu de nos nouvelles».

En somme, c’est face à cette grogne des populations certainement relayée au chef de l’Etat et son équipe par les grandes oreilles, que la décision a été prise d’annuler le péage. Ce n’est donc pas de gaieté de cœur que Ouattara a annoncé que le pont n’est pas à péage. Il a tout simplement reculé devant tant de détermination.

KM

Source: Notre Voie

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