Portugal: le bébé qui valait 5.000 euros by 20Minutes

Portugal: Pour lutter contre la dépopulation, la mairie d’un petit village offre 5.000 euros aux jeunes parents pour chaque naissance

5.000 euros. C’est le montant de la prime « de naissance » offerte par la mairie du petit village d’Alcoutim (sud du pays) aux jeunes parents. Objectif : Doper la natalité qui atteint 1,21 enfant par femme, soit le taux de fécondité le plus faible de l’Union européenne. Selon l’Institut portugais des statistiques qui s’inquiète de la situation, le pays pourrait perdre d’ici 2060 près de 20 % de sa population et passer de 10,5 à 8,6 millions d’habitants.

Dans une courbe du rio Guadiana qui trace paresseusement la frontière entre l’Algarve portugaise et l’Andalousie espagnole, la commune de 3.000 habitants est pratiquement déserte, terrassée par un soleil de plomb. A l’intérieur de l’unique pharmacie du village, Daniela et Nuno Silva font des achats pour Santiago, leur nourrisson de six mois.

« Il faut attirer les jeunes, car sans les jeunes, il n’y a pas d’enfants »

Une pommade ophtalmique, un mobile musical et un parc à jouets : un total de 228 euros, pris en charge par la mairie. « Ce sont des choses qui coûtent cher », explique la maman de 29 ans, au chômage. « Nous vivons chez mes beaux-parents avec 800 euros par mois. L’aide de la mairie est très importante pour nous », ajoute Nuno, 37 ans, salarié d’une maison de retraite en arrêt maladie.

Le maire socialiste, Osvaldo Gonçalves, estime qu’il faut « attirer les jeunes, car sans les jeunes, il n’y a pas d’enfants ». En 20 ans, le village d’Alcoutim a perdu un tiers de sa population le taux de fécondité de 0,9 enfant par femme y est l’un des plus faibles du Portugal.

Une mesure déjà mise en place dans une vingtaine de villages

Au total, six familles bénéficient de la mesure, mise en place en août dernier. A noter que le système est également mis en place dans près d’une vingtaine d’autres communes rurales un peu partout dans le pays. Mais à Alcoutim, l’aide est plus généreuse, selon le maire. Grâce à cette prime, le nombre de naissances pourrait ainsi grimper à huit ou neuf en 2015, contre six l’an dernier. Une bonne nouvelle, même si le chiffre est encore loin des 23 nouveaux-nés recensés en 1995.

Sur les hauteurs du village, Antonio Valerio, 34 ans, vient rendre visite à sa compagne Jessica, 22 ans, qui travaille à la crèche municipale. Le couple a été le premier à bénéficier du programme. « Le lait en poudre, les couches et même la crèche : je n’ai pratiquement rien payé de ma poche », énumère le jeune père, qui travaille à l’auberge de jeunesse d’Alcoutim. Mais selon lui, la prime de 5.000 euros, qui permet de se faire rembourser les frais pour l’enfant pendant les trois premières années de sa vie, « ne serait pas suffisante pour quelqu’un qui n’a vraiment rien ».

Des projets de loi pour encourager la natalité sont à l’étude

A Lisbonne, le gouvernement veut lui aussi encourager la natalité et a déposé en avril plusieurs projets de lois au Parlement pour aider les jeunes parents, prévoyant notamment des congés parentaux élargis, des avantages fiscaux ou encore des allocations familiales plus généreuses. « L’Etat a entendu les cris d’alerte des communes de l’intérieur », se réjouit le maire d’Alcoutim, Osvaldo Gonçalves, qui estime que les mesures nationales vont renforcer les initiatives prises localement par les municipalités.

Vanessa Cunha, chercheuse à l’Observatoire portugais des familles préfère rester prudente : « Tant que le marché du travail restera fermé et précaire », les incitations à la natalité « ne seront pas efficaces », estime-t-elle. Or le chômage au Portugal touche 13,7 % des actifs et particulièrement les jeunes : un sur trois est sans emploi.

Source: 20minutes

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