Position du Comite d Actions sur la situation: Comité d’actions pour la Côte d’Ivoire – Etats-Unis (C.A.C.I-USA)

Position du Comite d Actions sur la situation: Comité d’actions pour la Côte d’Ivoire – Etats-Unis (C.A.C.I-USA)

De la tenue d’élections présidentielles en Côte d’Ivoire en 2015: Position de la Diaspora ivoirienne aux Etats-Unis

I. Le contexte

A quelques semaines du 25 Octobre 2015, date à laquelle le régime de M. Alassane Ouattara entend organiser une élection présidentielle, des discours contradictoires sur l’opportunité ou l’inopportunité de cette élection se font entendre au sein des partis d’opposition et des organisations de la société civile.

D’une part, il y a des leaders qui, tout en réclamant des conditions adéquates pour un scrutin équitable, ont fait acte de candidature auprès du Conseil Constitutionnel, une institution frappée de la même illégalité et illégitimité que le régime de M. Alassane Dramane Ouattara. D’autre part, il y a ceux qui exigent un dialogue politique national, des réformes institutionnelles telles que la restructuration de Commission électorale indépendante (CEI), et la réconciliation nationale comme préalables à l’établissement de tout calendrier électoral. Ces derniers demandent le report de l’élection, l’instauration d’une période de transition ou, le cas échéant, le boycott de l’élection que le régime d’Alassane Dramane Ouattara propose.

II. Les Questions

Quelle est la lecture et la position du Comité d’Actions pour la Côte d’Ivoire (C.A.C.I), qui est une plateforme des organisations ivoiriennes aux Etats-Unis face à ces divergences qui donnent l’image d’une opposition fragmentée et d’un pays au bord d’une seconde tragédie électorale ? Avant de répondre à cette question, il convient de s’interroger sur la valeur d’une élection présidentielle en Côte d’Ivoire en 2015: Est-ce pour légitimer le régime d’Alassane Dramane Ouattara, respecter coûte que coûte le cycle électoral ivoirien, ou bien s’agit-il d’organiser des élections démocratiques en vue de restaurer les institutions de la République, réparer la fracture sociologique et consolider la paix en Côte d’Ivoire ?

III. L’Analyse du C.A.C.I

Le C.A.CI rappelle à la conscience collective nationale et à l’opinion internationale que l’organisation d’élections est une constante de la politique ivoirienne. En effet, depuis son indépendance en 1960, la Côte d’Ivoire a organisé des élections remportées pour la plupart par le parti unique d’alors (le PDCI-RDA) avec des scores soviétiques allant jusqu’à 99.99% des voix. En réalité, ces élections n’avaient qu’une valeur symbolique et cérémoniale, celle de mettre un vernis démocratique sur le monopole du PDCI.

Or, depuis 1990, la mondialisation, le retour au multipartisme, l’aspiration de la population ivoirienne à la démocratisation des institutions du pays, les multiples crises politiques dont la crise sur l’identité ivoirienne, le coup d’Etat de 1999, la rébellion de 2002, la scission du pays en deux pendant dix ans et les crises post-électorales de 2000 et 2010 imposent une rupture totale avec l’ère des dictatures et une entrée résolue dans l’ère de la démocratie et de l’Etat de droit. L’attachement à l’idéal démocratique, comme seule voie d’accès et d’exercice du pouvoir politique, est dû au fait que la démocratie garantit la prospérité, la coexistence pacifique avec les pays voisins et la gestion pacifique des conflits identitaires dans les sociétés pluriculturelles comme la nôtre, et la souveraineté nationale.

IV. La position du C.A.C.I

Le C.A.C.I note que le débat sur l’élection présidentielle de 2015 reste un sujet d’intérêt parce qu’il s’agit toujours de l’avenir de la Côte d’Ivoire. Cependant, il juge inopportun et dangereux d’organiser et de participer à une quelconque élection présidentielle dans le désordre politique actuel, qui inclut l’insécurité, le rejet d’un dialogue national, la poursuite des arrestations et détentions des opposants politiques, l’emprisonnement de la jeunesse, les tortures, l’exil, et l’impunité, les abus contre les libertés d’expression et presse, et pire la modification illégale des lois relatives au foncier rural, au code de la nationalité, et au code électoral ; en un mot la subordination de la Constitution ivoirienne aux humeurs de M. Alassane Dramane Ouattara et de son régime.

Face à cet Etat de non droit, organiser des élections vise à légitimer le régime de M. Alassane Dramane Ouattara et à garder le pays dans une instabilité politique chronique. Le C.A.C.I refuse, à son tour, de cautionner une telle initiative et réaffirme avec force que la sortie de crise passe inévitablement par l’exigence du départ du régime de M. Alassane Ouattara et la mise sur pied d’une transition politique. Les contours de cette transition politique, sa structuration, durée et signification feront l’objet d’une prochaine publication.

V. L’Appel du C.A.C.I

Sur la base de sa position, le C.A.C.I.,

• félicite les partis politiques, les leaders, les organisations de la société civile qui n’ont pas transigé avec la Constitution ivoirienne et qui se gardent de prendre part à une élection présidentielle dont le seul bénéfice serait d’accorder une légitimité au régime de M. Alassane Ouattara.

• félicite et encourage le CNRD à continuer à servir de cadre de réflexion et de cellule de veille sur les institutions démocratiques et la souveraineté nationale.

• exhorte les acteurs politiques ivoiriens et les forces de l’opposition, notamment la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) à embrasser dès à présent et sans ambiguïté la solution d’une transition politique en Côte d’Ivoire

• demande aux membres de la CNC dont les candidatures ont été retenues par le Conseil Constitutionnel pour l’élection de 2015 de les retirer publiquement

• exhorte les autres candidats tels que M. Affi Nguessan Pascal à retirer leur candidature

• prend acte de l’appel du Front Populaire Ivoirien à boycotter l’élection présidentielle de 2015 ; cet appel réaffirme la volonté de la grande majorité des Ivoiriens de faire respecter strictement la Constitution ivoirienne.

• est satisfait de la déclaration de la CNC, signée conjointement avec l’URD, qui appelle encore une fois M. Alassane Ouattara à un dialogue avant qu’il ne soit trop tard ; cet appel démontre que l’opposition ivoirienne est disposée à travailler à la restauration de l’Etat de droit et la réconciliation nationale.

• se réjouit de l’appel au rassemblement des forces de l’opposition lancé par l’URD, le PIT, L’USD, et l’ancien ministre Essy Amara.

• Encourage les manifestations pacifiques, expression de la démocratie, qui ont cours dans le pays à l’initiative des jeunes de la CNC depuis la publication de la liste des candidats pour cette élection de 2015,

• Souhaite que les chefs religieux demandent clairement à M. Alassane Ouattara d’ouvrir le dialogue avec l’opposition dans le strict respect des dispositions de la Constitution ivoirienne.

Fait aux Etats-Unis, le 19 septembre 2015

Pour le C.A.C.I

Le Secrétariat Exécutif

Eric Edi, PhD.

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